The ballet of backfiring motorcycles and placid tshukudus, these homemade wooden bicycles crumbling under their load, liven up the streets of Goma. The capital of North Kivu would be almost joyful if two gigantic camps for displaced people set up at its gates were not a reminder that war is never far away. “Let the militias take all the minerals they want and leave us alone,” complains Bernard, a 30-year-old trader. I would prefer to live in peace with a poor basement. I can barely pay for housing and feed my family. »
Le Kivu, à l’Est du Congo, est un chaudron, grand comme quatre fois la Belgique, où se sont durablement installées les scories du génocide rwandais. Depuis quinze ans, des groupes armés antagonistes – survivants rwandais des milices génocidaires, milices rwandaises lancées à leurs trousses par Kigali, milices congolaises d’autodéfenses – se livrent une guerre impitoyable, sur fond de violence indicible.Certes l’une de ces redoutables milices, le M23 composé de rwandophones vraisemblablement soutenus par Kigali, vient d’être écrasé par l’armée congolaise qui remporte ainsi sa première victoire depuis l’indépendance du Congo.Mais cette victoire ne soulage pas réellement la population.“With the M23 gone, there are many other militias left to continue the abuses,” summarizes Monseigneur Ruboneka, Bishop of Goma. Between volcanic eruptions, plane crashes and the insecurity of the militias, we are accumulating calamities.Le Kivu est pourtant loin d’être une région maudite. Que du contraire. Son climat tempéré d’altitude en fait le grenier de l’Afrique centrale, tandis que son sous-sol, gorgé d’or, de cuivre et de coltan, représente un véritable coffre-fort. Mais loin de Kinshasa, la capitale congolaise, les richesses du Kivu se retournent contre la population. Les milices s’emparent de mines et se livrent à un juteux trafic qui renforce leurs rangs.Le coffre-fort alimente une guerre sans fin qui dure depuis 15 ans et a fait des centaines de milliers de morts. Ces minerais dont l’Occident est dépendant entrent dans la composition des ordinateurs, GSM et autres articles électroniques. Ils ont été surnommés « minerais du sang ». [1]The main “blood minerals” identified are tin, tungsten, coltan and gold. L’idée partagée par certaines ONG et parlementaires est de mettre ces minerais sous embargo pour couper les vivres aux milices et en finir avec la guerre. Les États-Unis ont déjà légiféré dans ce sens avec l’adoption par le congrès du Dodd-Frank Act.Entrée en vigueur en janvier 2012, cette loi interdit aux multinationales d’acheter des minerais commercialisés par les milices et les oblige à n’acheter que des minerais authentifiés comme « propres ». Elle a le mérite d’avoir déclenché une prise de conscience internationale et renforcé le sentiment de responsabilité du secteur privé. C’est une réelle avancée, mais qui montre cependant ses limites.
“In the absence of certification, the Dodd-Frank Act creates a de facto embargo on all minerals coming from Kivu, including those that are legally exploited”, dénonce Aimable Muneza, président d’une coopérative de creuseurs artisanaux de la mine de Rubaya, dans la zone du Masisi, au Nord-Est de Goma. Ainssi, des milliers de creuseurs artisanaux et toute la filière d’exportation des minerais qui travaillent en toute légalité se retrouvent maintenant sans travail faute de client. C’est intenable pour beaucoup de familles. Certaines n’ont plus de revenus fixes depuis des mois», renchérit-il.Plus loin, dans les entrailles de la terre, Jonathan attaque frénétiquement la roche au moyen d’une pelle rouillée. Il est un des nombreux creuseurs ruiné par la loi Dodd-Frank.
“I stopped growing cassava, which earned me almost nothing, to become a miner. I made almost $500 a month. Now, my income has dropped by 80 % because I have to sell to Chinese counters which charge ridiculous prices due to lack of competition. I now receive three dollars per kilo of cassiterite compared to 8 before”, déclare-t-il.L’effondrement des filières officielles a donné un coup de fouet au commerce illégal. D’autant que la proximité de trois frontières et la topographie de la région offrent de nombreux itinéraires de contrebande, au travers du lac Kivu ou par les chemins tortueux de montagne.Sous embargo au Congo, les minerais sont écoulés au Rwanda, au Burundi ou encore en Ouganda, où ils sont « blanchis » et recyclés dans l’économie légale de ces pays. « Il y a quelques jours, nous avons arrêté une voiture à la frontière avec le Rwanda, témoigne un haut fonctionnaire du Ministère des mines.Elle cachait près de 400 kilos de cassitérite dans son bas de caisse. Ces prises sont malheureusement exceptionnelles. Depuis le début de l’année, nous n’avons intercepté que 10 tonnes de minerais, une fraction minuscule du volume total présumé de la fraude. » En cherchant à étrangler les milices, la législation américaine a relancé la contrebande et asphyxié au passage toute la région.
“The labeling really lasts all the way to the trader who buys the bag, five hundred meters away”, souligne cependant Judith Sargentini, parlementaire européenne néerlandaise.Puis celui-ci ouvre le sac pour en extraire la roche et la piler. Le sac entame ensuite un parcours qui comprend de nombreuses ouvertures ce qui rend le processus caduc. Des minerais provenant de site illégaux ont en effet tout le loisir d’y être insérés lors des différentes étapes.La certification des sites miniers, qui permet d’authentifier qu’ils ne sont pas sous l’influence de groupes armés, tarde également à se mettre en place :
“as long as there is not maximum security ensured on the ground, administrative services will move little, even in areas supposed to be quiet”, tells us Juvénal Mubi, national deputy and rapporteur of the Defense and Security Commission.
“But we want to avoid the errors of American law,” continues the parliamentarian. We need to find a system that does not affect the income of artisanal diggers. »For Frédéric Triest, of the European Network on Central Africa (EurAC), the main challenge is to allow artisanal minerals that come from their own sites to once again access the international market.
“The priority is to bring back Western buyers. Competition between buyers must take place so that fair prices are charged. For the moment, it is more interesting to traffic than to formalize your activity”.Mais les minerais pourraient ne pas être la seule source de revenus des Congolais. Pour Henri Muhiya, de la Conférence Episcopale Ressources Naturelles,
“Kivu is far too focused on extractives. We are fortunate to have a fertile territory that allows for prosperous agriculture. And natural settings that encourage the development of eco-tourism. It's time to think about it. »If this vision is not widespread at the moment, it nevertheless seems to constitute a sustainable alternative to intensive extractivism which could ultimately be damaging to populations and the environment. According to Henri Muhiya,
“The future of the country depends on this. We must choose a development model that is not dictated to us from the outside. It’s up to us to take advantage of our real natural resources! »
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Notes
| ↑1 | The main “blood minerals” identified are tin, tungsten, coltan and gold. |
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