Agroecology, the way of the future?

The results of 50 years of agricultural productivity raise serious questions in the current context: massive use of chemical inputs, soil degradation, disappearance of insects and birds, human diseases... In view of these constantly increasing negative externalities, the The search for a more environmentally friendly model is essential.

Agroecology, an aspect of which we present to you in this article, could embody this new agricultural revolution, capable of meeting the human challenges of the South. Let's take a look at this discipline with multiple adherents.État des lieux de la faimLes objectifs du millénaire édités en 1990 par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) entendaient réduire de moitié l’extrême pauvreté et la faim à l’horizon de 2015. Force est de constater aujourd’hui que ces objectifs ne seront pas atteints.Un rapport de la CNUCED[1]United Nations Conference on Trade and Development, a UN body created in 1964 and aimed at integrating developing countries into the global economy so as to... Continue reading published in 2010 tells us that the number of people suffering from chronic hunger has increased from 800 million people in 1996 to more than a billion today. [2]UNCTAD, Agriculture at the crossroads: food security and climate change, UNCTAD Briefs, n°18, 2010, Paradoxically, the main victims are farmers from the South, producers and suppliers of food themselves but faced with disproportionate price increases. [3]Agriculture remains the leading economic sector in a large number of developing countries, representing 20 to 60% of GDP depending on the country. Little-heard solutionsThe scourge of hunger does not seem to be going away. The UNCTAD report warns that agricultural production and trade are likely to suffer a very sharp decline, particularly under the effects of global warming. In addition, agricultural emissions, already responsible for 33% of global emissions [4]Includes direct and indirect emissions (agricultural inputs, food processing, equipment, land use change, transport). , ne cessent d’augmenter, fondées sur une utilisation toujours plus importante d’engrais et de pesticides pour des rendements en baisse.Toutefois, ce qui pose problème peut devenir source de solutions. Face aux menaces du réchauffement climatique, la CNUCED ainsi que le rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter, préconisent l’adoption d’une vision plus globale, durable, et le passage d’une agriculture fortement dépendante d’intrants extérieurs à une diversité de systèmes de production favorables notamment aux petits agriculteurs. Ces messages restent cependant minoritaires, se heurtant à quelques entreprises transnationales détentrices d’énormes parts des marchés agricoles mondiaux. Tour d’horizon de l’agriculture industrielleL’argument ressassé par les défenseurs de l’agriculture intensive est qu’il n’existe aucune alternative à ce modèle qui serait capable de nourrir 9 milliards de personnes d’ici à 2050. Le refrain se répète depuis des années mais a acquis une nouvelle légitimité depuis la crise alimentaire de 2007-2008.Néanmoins, son incapacité à se conformer à cette directive aujourd’hui ne rassure pas quant à sa maîtrise des défis de demain. Le problème de la faim étant moins un problème de disponibilité alimentaire que de répartition et d’inégal accès à la nourriture.L’agriculture industrielle, dominante en Europe, s’appuie sur la monoculture à grande échelle, dépendante d’intrants extérieurs (engrais et produits phytosanitaires) fabriqués à partir d’énergies fossiles (gaz et pétrole).Ce modèle, dénommé révolution verte, s’est généralisé dans les années 40 en Europe et aux États-Unis dans le but de maximiser les rendements grâce à une énergie peu coûteuse. Il a permis une baisse significative des prix et l’éradication durable de la famine en Occident. Jusqu’à présent, le coût énergétique de ces pratiques était avantageux mais faussé car excluant la prise en compte des externalités [5]Costs not paid by the consumer when purchasing food (social, environmental cost, etc.). négatives qu’il génère.Aujourd’hui, il est reconnu que les gains en termes de production ont été accompagnés d’impacts environnementaux négatifs, mettant en danger l’avenir de l’agriculture ; les méthodes agricoles intensives dégradant les ressources naturelles dont elles dépendent. [6]EURACTIV, “Intensive, ecologically sustainable agriculture?”, 2011/2012. De plus, si les coûts énergétiques réels de la production étaient intégrés au coût total, le rendement ne serait toutefois pas suffisamment efficient.Le postulat de la révolution verte consiste à déclarer que la production d’aliments est l’élément central. Mais peu à peu s’installe un changement de vision dans la société rappelant la multifonctionnalité de l’agriculture dans son rapport à l’environnement, à la société, à l’économie et souhaitant revaloriser la place du paysan. L’agroécologie comme alternative : principes et définitionsLes pratiques agroécologiques ne sont pas nouvelles mais sont revenues sur le devant de la scène suite aux prises de conscience actuelles. L’agroécologie est multidimensionnelle, à la fois discipline scientifique, ensemble de pratiques et mouvements sociaux de contestation.La discipline embrasse une série de pratiques dont la synergie fait la spécificité. Elle se fonde sur une meilleure connaissance et un plus grand respect de la nature et se présente comme une solution à la pauvreté, au changement climatique, à la malnutrition et à la biodiversité. Beaucoup moins coûteuse que l’agriculture conventionnelle, elle est à la portée de chacun.Parmi ces pratiques se trouvent notamment la fertilisation à l’aide d’engrais verts et de compost, les traitements phytosanitaires naturels, le respect de la structure et des micro-organismes du sol, l’absence de labour, l’association de plantes, l’agroforesterie, l’intégration de bétail… Globalement, il s’agit de composer avec la nature plutôt que de la dominer.L’agroécologie suppose le passage d’une agriculture productiviste à une agriculture durable et productive mais à l’échelon de la ferme et non plus à l’échelon global des cultures. Si ce projet correspond aux profils des exploitants agricoles du Sud, il pose la question de son adaptabilité aux vastes surfaces mécanisées du Nord.A revolution that causes povertyDans les années 50, la révolution verte a répandu dans les pays du Sud les techniques coûteuses employées dans les pays du Nord. Mais cette transposition n’était nullement adaptée aux climats et aux sols des régions du Sud. Elle entraîna une forte dépendance chez ces populations, basée sur l’achat de semences brevetées, l’irrigation massive, la consommation d’engrais…Cette modernité déplacée contribua à l’appauvrissement et à l’exode rural de nombreuses personnes. Dans le même sens, le désengagement des États dans le secteur agricole et l’emprise des grandes firmes de l’agrobusiness s’accentua encore avec la libéralisation du commerce et les programmes d’ajustement structurel [7]Budgetary austerity policies imposed by the World Bank and the IMF, conditioning bank loans to countries in the South. imposed on poor countries from the 1970s. [8]For more information, consult the number “Agribusiness influence and footprint”, Alternatives Sud, CETRI. , which dismantled the protective nets of food security in these countries. Une application au SudL’agroécologie apparaît comme une solution accessible et durable au fléau de la malnutrition. Elle permet de briser la dépendance aux intrants, aux prix sans cesse plus élevés, et le cercle vicieux de la dette en vue d’une récupération de son autonomie pour le paysan. En voici une illustration.Au Kenya, le docteur Zeyaur Khan, un entomologiste indien, a fondé un centre de recherche sur les insectes. Il est l’inventeur d’une technique agroécologique appelée le “push-pull”. Auparavant, les agriculteurs kenyans, victimes de sécheresses récurrentes les menaçant de la famine, rencontraient deux problèmes majeurs : l’herbe des sorcières (plante parasite qui se nourrit des maïs) et la pyrale du maïs (papillon nocturne qui pond ses œufs sur les feuilles, principal ravageur du maïs). Le chercheur, au cours d’un travail étroit avec les paysans, a tenté de cerner les interactions entre les plantes et les insectes.Il a ainsi mis en évidence l’utilité de deux plantes pour faire face à ces problèmes : le desmodium et l’herbe à éléphant. La première détruit les racines de l’herbe des sorcières, apporte de l’azote et recouvre le sol, le protégeant de l’érosion. Elle constitue également un répulsif à la pyrale du maïs qui s’en écarte pour se diriger vers l’herbe à éléphant plantée non loin de là. Sur cette plante, les œufs des pyrales ne survivent pas. Ces deux herbes permettent aussi de nourrir le bétail. 50 000 paysans kenyans utilisent cette technique et remarquent un rendement croissant de leurs cultures. [9]Illustration taken from the book by Marie-Dominique ROBIN, “The harvests of the future. How agroecology can feed the world”, Arte Editions, coll. La Découverte, France, 2012, p.110. This example reveals that agroecology, far from being a primitive discipline, is based on advanced scientific knowledge because it requires understanding the chemistry of plants and ecosystems. Illustrations like this are numerous in the South but are not always supported by governments prey to the interests of large agro-industrial firms. Cultiver l’utopieLa pression des sociétés agro-industrielles est intense en Europe et dans le monde plus généralement. De nombreux acteurs internationaux, agences d’aides et gouvernements convaincus par le discours salvateur de ces sociétés abondent dans le sens d’une nouvelle “révolution verte”.L’on observe tout de même que la nouvelle réforme de la PAC 2013 accorde une part importante de son budget aux préoccupations environnementales, jugée cependant insuffisante par les organisations environnementales. La prise de conscience du caractère éphémère des ressources (énergies fossiles…) au niveau international doit s’orienter vers un changement de paradigme global bousculant l’inertie de certains acteurs satisfaits de la situation actuelle.Prendre le parti d’un changement de cette ampleur peut sembler idéaliste. Au nom d’un réalisme pragmatique, les dissidents du modèle agricole conventionnel sont souvent taxés d’utopisme. Mais n’est-il pas bon de changer de perspective l’espace d’un instant, et de questionner les porteurs de discours de certitudes, masquant parfois les véritables défis au nom du profit ?Avec l’industrialisation et la privatisation massives, l’homme a perdu l’essence de son rapport à la nature. Sans des acteurs de changement, des questionneurs de la norme existante, l’enrayement de la crise écologique et l’accès à la sécurité alimentaire mondiale ne seront pas. Geraldine Duquenne

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Notes

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↑1 United Nations Conference on Trade and Development, a UN body created in 1964 and aimed at integrating developing countries into the global economy in order to promote their development.
↑2UNCTAD, Agriculture at the crossroads: food security and climate change, UNCTAD Briefs, n°18, 2010,
↑3Agriculture remains the leading economic sector in a large number of developing countries, representing 20 to 60% of GDP depending on the country.
↑4Includes direct and indirect emissions (agricultural inputs, food processing, equipment, land use change, transport).
↑5Costs not paid by the consumer when purchasing food (social, environmental cost, etc.).
↑6EURACTIV, “Intensive, ecologically sustainable agriculture?”, 2011/2012.
↑7Budgetary austerity policies imposed by the World Bank and the IMF, conditioning bank loans to countries in the South.
↑8For more information, consult the number “Agribusiness influence and footprint”, Alternatives Sud, CETRI.
↑9Illustration taken from the book by Marie-Dominique ROBIN, “The harvests of the future. How agroecology can feed the world”, Arte Editions, coll. La Découverte, France, 2012, p.110.
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