Avec les volontaires de Magma, le dialogue bouillonne !

Magma est une association pour les jeunes, animée par des jeunes volontaires. Ceux-ci créent un dialogue entre individus issus de différents groupes linguistiques, culturels, confessionnels, philosophiques et sociaux de la société belge. Quelles sont leurs rêves pour la société et leurs motivations personnelles ?

Construire une société plurielle et inclusive

Andy, volontaire chez Magma, souhaite que l’humain soit au centre des préoccupations de nos sociétés. L’objectif de Magma est en effet de contribuer à la construction d’une société unie et solidaire, plurielle et inclusive, au sein de laquelle la diversité humaine a sa place et est un plus pour la collectivité. Cette diversité peut être ethnique, culturelle, confessionnelle, philosophique, linguistique, de genre, ou sociale.

La société belge doit, d’une part, valoriser l’altérité, c’est-à-dire les particularités des individus et groupes, comme des apports bénéfiques. Quand les personnes et groupes sont reconnus pour ce qu’ils sont, et que leurs identités diverses sont d’abord considérées comme des richesses, ils peuvent davantage s’épanouir, s’émanciper et apporter leur contribution à un projet de société commun.

D’autre part, la collectivité, si elle reconnaît le droit à la différence, doit aussi encourager le brassage des individus et des groupes, la cohabitation, la collaboration et au bout du compte, les influences réciproques. C’est de cette manière que l’on peut construire des ponts entre personnes et groupes différents, afin de consolider la cohésion sociale. Pour faire progresser la société et ainsi le bien être de toutes et tous.

Selon Magma et ses volontaires, c’est le dialogue qui peut amener individus et groupes à mieux se connaître, à créer du lien social et à se renforcer mutuellement.

Cette conviction de Magma a été travaillée et théorisée bien auparavant par le Rapport de la Commission Bouchard-Taylor [1] et rappelée par Jean-Marie Faux dans son analyse Appartenances particulières et bien commun de la société.

Chercher à comprendre l’Autre et à lui faire découvrir qui je suis

“Je trouve très intéressant de pouvoir rencontrer des personnes d’origines, de cultures, de religions différentes de la mienne et de discuter avec elles de faits quotidiens”, explique Bérénice, 27 ans, volontaire dans l’association Magma.

Selon les pratiques de l’association Magma, la démarche de dialogue demande écoute et respect réciproques. Aussi, cela requiert une curiosité bienveillante et une parole honnête, adressée à l’autre.

Le dialogue entre personnes d’horizons culturels ou sociaux différents, demande tout particulièrement de reconnaître que chacun a ses propres valeurs, ses propres représentations du monde et stéréotypes, c’est-à-dire une propre rationalité à considérer d’égal à égal. Il s’agit donc d’un engagement mutuel. Il peut aboutir à ce que les perceptions de chacun soient modifiées.

Aujourd’hui, au cours des activités, les volontaires de Magma constatent clairement que les jeunes citoyens veulent dialoguer. Premièrement, de nombreux jeunes externes à l’association Magma sont d’accord de dialoguer avec les volontaires sur toutes sortent de sujets. Ensuite, ils acceptent que des traces de ces dialogues, des portraits écrits, photos et vidéos, soient réalisées et diffusées sur le site de Magma. Enfin, les internautes portent beaucoup d’intérêt aux multiples publications.

Stimuler la liberté d’expression

Héléna, 26 ans, volontaire dans l’association, considère Magma comme « un moyen de proposer un regard plus humain et plus juste sur les populations immigrées en Europe, et notamment les jeunes ».

Face à la concentration des médias plus institutionnels que certains considèrent comme une menace pour la liberté d’expression et la diversité des opinions, Ignacio Ramonet appelait en septembre 2003 dans le Monde diplomatique [2], à la constitution d’un Cinquième Pouvoir, portant les revendications de la société civile et utilisant les canaux de diffusion du journalisme citoyen. En parallèle de la communication de masse, les volontaires de Magma relayent ainsi un autre point de vue sur le monde, celui qui émerge de leur dialogue.

Afin de diffuser le contenu de leur dialogue, en accord avec leur interlocuteur, les volontaires de Magma réalisent chaque fois une trace de leur rencontre : un portrait écrit, photo ou vidéo. Faire preuve de solidarité et d’empathie n’implique pas spécifiquement qu’il faille accepter l’ensemble du discours du témoin ; certains éléments sont toujours à prendre avec du recul. Quand les volontaires réalisent un portrait, ils font preuve d’esprit critique.

Activité citoyenne sans rétribution !

Le bénévolat est une démarche qui marque avant tout un profond sentiment de solidarité entre êtres humains. Aussi, les volontaires qui s’engagent chez Magma sont sensibles à cet aspect de leur action. Vanessa l’exprime de cette manière « J’ai toujours eu un grand intérêt pour les questions liées au développement et à la solidarité internationale. Mais je m’intéresse aussi aux thèmes de société (pauvreté, éducation, immigration...) qui concernent la Belgique, en particulier Bruxelles. »

Pour Amandine, membre de Magma, « s’engager comme volontaire dans une association, c’est mettre son temps à disposition d’une activité citoyenne sans en attendre une rétribution financière. Le bénévolat est un devoir citoyen et un “hobby social ». Les activités bénévoles doivent se dérouler dans la convivialité, apporter autant au volontaire qu’au “bénéficiaire”.

Pour le volontaire, c’est une manière de renforcer ses capacités dans certains domaines, dans un cadre qui n’est ni scolaire, ni professionnel. Cependant, c’est un cadre qui demande au volontaire d’être sérieux et responsable ». Magma propose des outils à ses volontaires afin de mener à bien leur mission de dialogue : comités de rédaction mensuels ainsi que des formations aux techniques multimédias, à l’interculturalité, aux relations Nord-Sud et à la déontologie journalistique.

En 2014, un des projets : « A la rencontre des jeunes en politique »

Les volontaires de Magma ont été récemment à la rencontre de jeunes engagés politiquement. Que ce soit pour rencontrer un membre de parti dont ils se sentent proches ou pour comprendre pourquoi des jeunes se lancent en politique, les bénévoles ont mené leurs dialogues avec beaucoup d’intérêt.

Amandine explique ainsi :

« Le monde politique belge peut sembler inaccessible, incompréhensible, en perte de crédibilité auprès de la population. Et pourtant des jeunes s’y investissent, y croient et veulent y apporter leur pierre »

. C’est intéressant pour les volontaires de Magma de rencontrer cette diversité là aussi.

Héléna considère ainsi que

« l’engagement politique est bon en général, chez les jeunes comme chez les moins jeunes, du moment qu’il ne se tourne pas vers des partis extrêmes qui prônent le rejet de certaines catégories de la population derrière des discours lissés. L’engagement citoyen est en général un signe d’insertion dans la société, un signe que l’on a compris que l’on peut changer les choses à plusieurs.
Cela s’applique à n’importe quelle structure dans laquelle on cherche à améliorer la société en fonction de ses valeurs ».

Et Bérénice de noter :

« Bien que je ne sois pas engagée politiquement, je trouve très courageux que des jeunes le fassent. On a encore trop souvent une image de dinosaure de la politique. Avoir des jeunes engagés c’est nous assurer une représentation mais aussi espérer une meilleure adéquation avec la vie actuelle et future ».

Perspectives de l’association

Les volontaires de Magma, Andrés, Prince, Bérénice, Anaïs, Héléna, Fabrice, Vanessa, Andy et Amandine sont prêts à passer à d’autres projets, à d’autres activités de dialogues : accroître le nombre de volontaires, mettre en place un atelier de formation sur la précarité, collaborer avec d’autres associations de jeunes, créer des groupes de volontaires Magma en dehors de Bruxelles, organiser des ciné-débats, publier leurs portraits écrits dans la presse classique, passer à la radio,..

Et bien sûr : intéresser toujours plus d’internautes ! Les activités fourmillent et la motivation est là ! Leur énergie est bouillonnante !

Amandine Kech


Pourquoi « Magma » ?
Le nom de l’association, Magma, a été choisi car il a plusieurs niveaux de signification. Ce qu’il évoque tout de suite, c’est évidemment la roche en fusion, le bouillonnement : quelque chose de vivant et de fascinant ! Un magma, c’est un ensemble de personnes, d’idées et d’éléments composites duquel peuvent émerger des nouveautés surprenantes. C’est donc tout un symbole de la diversité et de la vitalité de la jeunesse membre de notre association.

Magma, c’est aussi l’acronyme de MAGazine Mixité Altérité. Magazine, c’est l’outil de diffusion des activités de l’association : www.mag-ma.org. Mixité et Altérité sont deux concepts qui résument ce que les volontaires veulent créer et valoriser.

Mixité fait référence au métissage des groupes et individus de différentes origines, religions, langues, etc. Comme par exemple dans l’expression « couple mixte ». Mixité renvoie également à la mixité sociale, c’est-à-dire à la cohabitation et à la rencontre de personnes et groupes de différentes catégories sociales, économiques, professionnelles. Le concept évoque aussi la mixité des genres, le mélange de filles et de garçons, de femmes et d’hommes pour des activités, c’est un aspect important de notre action.

Altérité, cela veut dire différence. Ce concept fait référence à la reconnaissance des particularités ethniques, culturelles ou encore religieuses de chacun et de chaque groupe dans le respect et une perspective de valorisation de celles-ci. Ce mot évoque le droit à la différence et la curiosité bienveillante qu’elle suscite.


Notes

[1Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles (dir. G.BOUCHARD et C.TAYLOR), Fonder l’avenir. Le temps de la conciliation, Québec, 2008 Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles (dir. G.BOUCHARD et C.TAYLOR), Fonder l’avenir. Le temps de la conciliation, Québec, 2008

[2RAMONET I., Le cinquième pouvoir, in Le Monde diplomatique, septembre 2003.

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