Beyond #MeToo, a radical break?

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The phenomenon of denouncing sexual violence is legitimate, of course. But how can we take a further step and take advantage of the enthusiasm to propose concrete avenues of action?

Why is sexual violence against women – homosexual, transgender and other people – so widespread? What are the root causes of this violence? How do we – women and men – perpetuate these behaviors and, more broadly, the system and culture that underlies this violence? And, finally, what can we do to profoundly change the situation? Beyond the "buzz" of the #MeToo campaign and its counterparts in several languages (#BalanceTonPorc in French or in Spanish #AMíTambién), having toured the world since the end of October 2017 [see box], here are some questions that such a phenomenon inspires us, in the quest for an open, inclusive and continuous dialogue, which can lay the foundations for radical change. D’abus sexuels et autres violences faites aux femmesLe flot de dénonciations d’harcèlement et d’abus sexuels contre des politiciens, comédiens, artistes, journalistes, et d’autres hommes en position de pouvoir ces derniers mois, ne reflète pas un phénomène nouveau ou inconnu des femmes au niveau mondial. Tout au contraire. Selon ONU Femmes, globalement, près de 35% des femmes ont subi des violences physiques et/ou sexuelles par un partenaire intime, un proche ou un inconnu au cours de leur vie. Selon les pays, ce chiffre peut monter jusqu’à 70%. Dans les pays de l’Union européenne, par exemple, 40 à 50% des femmes subissent des avances sexuelles non désirées, un contact physique ou une autre forme d’harcèlement sexuel sur le lieu de travail [1]UN Women “Facts and Figures: Ending Violence Against Women”..Malgré le fait que depuis des années, les femmes se battent contre ces violences, les discriminations et inégalités liées au genre dans différents espaces et milieux d’action, ces violences persistent, soutenues par une culture du sexisme et un système patriarcal. Ce qui est particulier dans le cas du #MeToo, c’est que, galvanisée par les célébrités hollywoodiennes, à l’aide de l’utilisation massive des réseaux sociaux, la campagne apparaît comme une sorte de mégaphone, rendant visibles des milliers de cas et, dans une certaine mesure, permettant aux femmes de « briser le silence ». Mais, que se passerait-il si ces dénonciations n’émanaient pas des « super-stars », mais bien de femmes « sans voix » et sans pouvoir ?The #MeTooIn the age of social networks, the #MeToo campaign brought together 1.7 million tweets in more than 80 countries at the end of October 2017, only a week after Hollywood actress Alyssa Milano launched the first denunciation of harassment and sexual abuse on the part of by Harvey Weinstein, the famous film producer. However, the hashtag was originally conceived by African-American activist Tarana Burke in 2006, when she was meeting with African-American women who were victims of sexual abuse and violence, reflecting on her own experiences. . Au-delà du #MeToo, un changement systémique radicalEn effet, une des limites de la campagne #MeToo, c’est qu’elle met en exergue, par le biais des médias, les voix dominantes – celles de femmes célèbres, inscrites dans une position sociale privilégiée, souvent au détriment d’autres voix. Pour l’académique féministe Nancy Fraser, il n’est pas suffisant de revendiquer l’égalité de genre des femmes professionnelles et de leur avancement dans des positions de pouvoir, au travail par exemple [2]Quoted in Myriam Omidi. “The Many Faces of the #MeToo Backlash”. Public Seminar. January 2018.. We must also focus on change and equality for the majority of women – peasant, indigenous, black women, across the world. According to her, this will not happen without a profound transformation of the institutions and structures that support neoliberal capitalism, without a real questioning of social hierarchies “which are designed to favor a minority over the majority, men over women, the rich over the poor.” Women cannot simply “climb the social hierarchies”, they must demand their surpassing [3]For more critical perspectives on the campaign and the questions it poses, see: “ Where Freedom Starts: Sex, Power, Violence #MeToo » a report from Verso Books..Au niveau culturel, pour dépasser le sexisme, il est essentiel d’interroger les formes de masculinité dominantes et les conditions – le pouvoir et les privilèges conférés aux hommes dans la société – qui permettent la reproduction de ces comportements et de ses différentes formes d’expression, des plus insidieuses aux plus violentes. Bien qu’il soit important d’identifier les responsables de violences sexistes, individualiser cette responsabilité et focaliser l’attention sur quelques cas – comme ce fut souvent le cas ces derniers mois – risque de banaliser l’ampleur du problème et la reconnaissance de sa nature systémique. De la réaction au dialogueAinsi, il s’agirait d’aller au-delà des réactions sur les réseaux sociaux et de profiter ainsi du « buzz » pour entamer un dialogue inclusif – hommes et femmes – et constant dans différents espaces qui puisse nous aider à déconstruire et dépasser les relations de domination, en amplifiant les voix et les perspectives, en interconnectant les luttes et en mettant en question nos propres préjugés et valeurs sexistes, souvent intériorisés, pour construire des institutions et structures plus justes et égales – tant au sein de la sphère privée qu’au niveau collectif.What if we wrote… in a slightly more inclusive way?Le dialogue inclusif débute par certains aspects très concret de notre vie quotidienne, qui influencent profondément nos façons d’agir, de penser et de construire notre réalité. Parmi ceux-ci, l’écriture joue un rôle fondamental dans la construction de l’imaginaire collectif. Aujourd’hui, elle fait débat !Avec une langue française qui privilégie la supériorité du masculin sur le féminin, la parité n’y aurait donc pas sa place ? L’écriture inclusive (ou « épicène ») est un courant qui vise à mettre fin à cette inégalité, en promouvant – par exemple – l’accord en fonction du genre ou de la proximité, ainsi qu’un pluriel adapté au contexte de la phrase. Certains réfractaires brandissent haut et fort la loi bien connue du « masculin qui l’emporte sur le féminin ». Pourtant, loin d’être immuable, celle-ci n’est historiquement apparue qu’au 17e siècle !L’enjeu est majeur, car ces diverses mesures proposées visent à assurer une représentation égale entre les femmes et les hommes au fil de nos lectures. Car mentionner uniquement dans une brève ou un récit des agriculteurs, des ouvriers ou des manifestants, c’est invisibiliser de facto leurs collègues féminines qui vivent tout au moins les mêmes réalités, les mêmes combats. Nous interpréterons mentalement deux récits différents : entre « les manifestants ont obtenu gain de cause auprès de la direction » et « les personnes manifestant ont obtenu gain de cause (…) », deux images mentales très différentes peuvent apparaître. Ces nuances peuvent sembler subtiles et pourtant au combien déterminantes.Ainsi, pourrions-nous parler des droits humains, au lieu des droits de l’homme ? Le choix des mots et de la syntaxe est important, les pistes proposées nombreuses. Certaines préfèrent utiliser le « point médian » afin de rester inclusif. Nous parlerions donc d’enseignant·e, de Président·e… Certaines institutions, telle que l’Catholic University of Louvain par exemple , recommande désormais de favoriser cette utilisation !Ce choix est loin d’être unanime, certains s’élèvent contre une complexification de la langue française, un manque de lisibilité inutile ou un effort superflu. Si tout le monde est au moins d’accord pour affirmer que la langue et l’usage des mots fait autorité, il faudra donc pouvoir assumer ce poids et réinterroger les conséquences de nos propres discours, de nos propres paroles quotidiennes… Angela Ocampo

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