Les coûts irréversibles de l’exploitation minière industrielle. Le cas de Cerro de Pasco au Pérou

Imaginez-vous une ville de 80 000 habitants, l’une des plus hautes du monde (4 300 mètres), entourée de sommets enneigés millénaires de l’altiplano andins… et aspirée en son centre par un énorme cratère de plus de 400 mètres de profondeur. Un « trou » béant qui avance sur les habitations, qui « mange » littéralement la ville, quartier par quartier, et qui borde parfois de seulement quelques mètres les maisons habitées… Telle est la situation complètement folle de Cerro de Pasco, l’un des plus importants centres miniers du Pérou. Lors d’une mission de terrain réalisée fin 2010 avec le soutien local du Centro Labor1, la Commission Justice et Paix (CJP) a pu séjourner sur ce site hautement symbolique de la « malédiction des ressources naturelles », ou quand les richesses du sous-sol transforment notre milieu de vie en véritable enfer sur terre2. A un tel point qu’un scénario rocambolesque a été mis sur pied par le Congrès péruvien : réinstaller la ville ailleurs !

Durant 4 jours, le Centro Labor nous a ouvert les portes des leaders communautaires locaux et emmené sur les sites représentatifs de la multiplicité des impacts générés par l’exploitation minière sur le site. Le cas de Cerro de Pasco a une portée universelle : il symbolise les retombées négatives sur le long terme d’un modèle de développement qui mise sur l’investissement dans le secteur extractif et, à ce titre, nourrit la réflexion globale quant à l’orientation de notre modèle de développement.

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