A plea for justice and peace: 50 years of global citizenship

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50 years: it's an opportunity to take a step back and share the keys to successful sustainability, but also to question the challenges that every organization must face over time! tu_50_ans_de_plaidoyer.jpg

This year, the Justice and Peace Commission celebrated its fiftieth candle, with as much determination as ever. This jubilee is an opportunity to look back on the journey and perspectives of this civic and international organization. How can a mobilization of this kind be sustained over time? What are the keys to its sustainability? And, in the face of current political challenges, how can we remain creative while learning from the lessons of the past? The exercise, far from being navel-gazing or lesson-giving, offers a historical perspective and allows the sharing of experiences of a citizen organization anchored in the Belgian associative space. Un réseau historiquement internationalUn des aspects-clefs de la durabilité de l’organisation, c’est évidemment l’institutionnalisation dans laquelle elle a pu s’inscrire à travers le temps. Émanation de l’Église catholique, c’est en 1967 que le pape Paul VI a mis sur pied la Commission pontificale Justitia and Pax on the occasion of the Second Vatican Council, in order to promote the development of poor regions and social justice between nations. “ No Peace without Justice, no Justice without Peace » ; this was the slogan that launched the movement of Justice and Peace Commissions throughout the world, some local (diocesan), others national. Even today, we can find Justice and Peace Commissions in many countries around the world, as much in Europe as in Central Africa, in Asia... Although they maintain few institutional links between themselves and remain independent [1]Some are part of a logic of regional consultation, such as the 31 European Commissions which are organized via a joint alliance “Justicia and Pax Europa ". , elles partagent toutefois les mêmes valeurs et objectifs. Les Commissions se concertent et s’organisent ponctuellement sur des thématiques de travail communes afin de bénéficier d’un impact international. Au niveau national, la Belgique fut l’un des premiers pays à s’approprier la démarche et à créer sa propre Commission ; à la particularité près que celle-ci fut présidée par un laïc. Justice et Paix a ainsi pu formaliser sa structure progressivement sous forme d’ASBL (1978), avant d’être reconnue comme association d’éducation permanente par la Communauté française (1982) et par la coopération belge au développement, comme organisation non gouvernementale (ONG) d’éducation au développement (1997). Elle combine encore ces trois « casquettes », toujours dans l’esprit de l’enseignement social de l’Église.En 1974, le contexte politique belge amena la Commission Justice et Paix nationale belge à être scindée en deux entités distinctes : l’une néerlandophone, l’autre francophone. Une séparation qui amènera les deux organismes à poursuivre des routes différentes. L’entité flamande (le Netwerk Rechtvaardigheid en Vrede) will gradually transform into an NGO umbrella, bringing together different Christian-inspired associations such as Caritas Vlanderen, Broederlijk Delen, Pax Christi, Orbit… On the French-speaking side, the institutional orientation was different: the Justice and Peace Commission preferred to maintain its own actions and themes, without neglecting synergies with its French-speaking and Dutch-speaking peers (Caritas International, Mutual Aid and Fraternity…). Today, it is not uncommon to see the members of this network join forces to offer conferences, implement advocacy strategies... in short, to take advantage of their complementarity. Mises à jour thématiques : entre cohérence et flexibilitéLa pérennité d’une organisation ne peut être garantie sans des remises en question récurrentes, y compris sur les thématiques portées par l’organisation. A ce titre, la Commission Justice et Paix a su porter de nombreuses préoccupations, diverses et variées, à travers le temps. De la campagne contre l’apartheid en Afrique du Sud (et le boycott de banques belges) à celle sur les minerais des conflits, en passant par le conflit israélo-palestinien, l’évolution thématique de Justice et Paix a toujours reflété les enjeux contemporains internationaux. Cette polyvalence est précieuse, car elle permet de s’attaquer à des contextes socio-politiques d’actualité, sans se figer sur des combats obsolètes.Toutefois, une telle adaptation thématique ne peut se faire au détriment de la cohérence d’une organisation citoyenne. Les enjeux sociétaux évoluent de plus en plus rapidement, il serait vain de chercher à se flexibiliser toujours plus. Cela pourrait brouiller la lisibilité de l’organisation et pourrait disperser les forces vives qui la constituent. C’est un équilibre délicat qu’il convient donc de trouver pour profiter au mieux des expériences et expertises, tout en demeurant à la fois réactifs et polyvalents. Mais ce qui sous-tend tous les combats de Justice et Paix est la recherche d’un monde plus juste et en paix. L’ONG a pu affermir son message, avec ce souci permanent pour les populations les plus vulnérables, ici ou ailleurs, consciente que la question sociale est – depuis bien longtemps – devenue mondiale [2]JM False, What do you think of…? The social teaching of the Church, fidelity, 2018. P.27.. Une mission ultime, structurée autour d’une logique solideAprès avoir développé des créneaux thématiques, il convient de développer des stratégies et méthodes pour parvenir à nos résultats, tout en tenant compte du contexte dans lequel on évolue. A ce titre, la « Theory of Change » can be a useful tool. Developed in the 1990s, this methodology aims to promote long-term social change. It seeks to identify the missions of social organizations, as well as the causal links that exist between direct actions carried out on the ground and results (direct or indirect), in the form of “ path of change » . Un véritable exercice intellectuel pour identifier nos impacts à long terme et nos leviers d’action sur le changement social que nous souhaitons voir aboutir.Poursuivant cette méthodologie, Justice et Paix a axé sa mission en Belgique autour de différentes actions (analyses, sensibilisation, formation, plaidoyer politique) orientées vers des publics complémentaires (citoyens, professeurs, journalistes, responsables politiques). L’ONG parie sur un changement des mentalités et de comportements, et cherche ainsi à aboutir à l’émergence d’initiatives citoyennes positives, tant collectives qu’individuelles. Nous demeurons convaincus de l’existence d’une interconnexion forte entre le « Nord » et le « Sud », par notre consommation, notre politique internationale, notre passif historique, notre présence au sein de l’Union européenne… Nous pensons que les actions mises en place chez nous peuvent avoir un impact concret sur les problématiques des pays du Sud, dont nous portons une part de responsabilité. Notre travail vers le changement social s’organise aujourd’hui autour des trois axes que sont la démocratie, la paix et les ressources naturelles.Au centre de cette stratégie réside donc le « Sud ». Le « Sud », pour Justice et Paix, c’est essentiellement l’Afrique centrale et l’Amérique latine. Deux régions sur lesquelles l’ONG a pu développer une expertise certaine et où elle bénéficie d’un solide réseau de partenaires. Ainsi, au Burundi, en République démocratique du Congo, ou encore au Pérou, Justice et Paix peut compter sur des organisations de la société civile expertes sur les thématiques précitées. Ce sont les populations du Sud qui subissent le plus les inégalités et les injustices, les violences économiques, sociales, environnementales et politiques de notre modèle de société/développement, il semble donc normal que la parole leur revienne, et que nos partenaires puissent s’exprimer ici en Belgique. Des citoyens, au cœur d’une organisationUne organisation qui se prétend/dit citoyenne doit bien évidemment faire ses preuves et démontrer son ancrage dans la société belge. La Commission Justice et Paix a été fondée par des citoyens engagés, et elle existe encore et toujours aujourd’hui à travers et grâce à ses volontaires, de tous âge et tous horizons. Ceux-ci s’engagent sur les thématiques de justice sociale, de démocratie et d’enjeux internationaux, et les nourrissent également. Veronica et Jean sont deux membres très actifs au sein de l’organisation, ils nous racontent leur parcours et leurs motivations :Jean « I was born in 1938, where availability and commitment to serving others were the very meaning of existence. Militancy, volunteering, volunteering and the desire for professional work well done were synonyms for the regional YOC presidents that my parents had been. I was imbued with it, and J&P is one of the links in a chain of materializing this state of mind. (…) It was professionally that I discovered Justice and Peace in 1993, sent as a member of the AG by the World Confederation of Labor, a union of which I was confederal secretary. Co-opted after my retirement, I became president, and remained so for 8 years. I am still a member of the AG and of two commissions, available elsewhere, as much as possible, to respond to occasional calls from the authorities or the permanent team of this ecclesial institution! »Veronica « Arriving in Belgium in September 2015 to start a Master in International Relations, I quickly realized that I had a lot of time available between one course and another. I wanted to have a volunteer experience (…) and why not start in the world of NGOs? I had always had a strong interest in issues related to human rights, conflicts and developing countries... Justice and Peace allowed me to deepen all of this and even more to lead me towards a path of professional growth. as personal (…) When I started my volunteer work, I did not expect to get so much out of this commitment! I learned the value of group work, expressing my ideas among an audience of experts and not selling myself short when a new experience presents itself »S’appuyer sur des membres et des volontaires, c’est garantir une ouverture d’esprit réelle sur les enjeux qui touchent les citoyens. Leur rôle est donc primordial pour une association qui se veut reliée aux considérations citoyennes. À travers trois commissions régionales et une petite dizaine de groupes thématiques (Afrique centrale, Amérique latine…), les groupes de bénévoles enrichissent les échanges et sont au cœur de l’action. Petit guide pour créer une ONGNous l’avons vu, il est loin d’être aisé d’inscrire un mouvement citoyen dans le temps et dans l’Histoire. Loin d’être figés, les contextes socio-politiques évoluent rapidement et nécessitent une capacité sérieuse d’adaptation (sans même évoquer les contextes budgétaires not conducive to development cooperation). Toutefois, certaines organisations, telle que Justice et Paix, bénéficient d’une assise historique, qui l’a amenée à se formaliser au cours du temps et s’enraciner dans le paysage de la société civile belge.Pour autant, une veille stratégique assidue du contexte socio-politique belge et international permettra à toute organisation de ne pas se figer dans le temps. Entre renouvellement continuel et cohérence identitaire, il convient d’ajuster le curseur pour répondre, aux nouveaux défis de notre temps, aux nouveaux enjeux en termes de droits humains, dont les violations demeurent – quant à elles – toujours présentes… Si la route du changement est encore longue, nous sommes convaincus que nous allons dans la bonne direction. Timur Uluç.

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Notes

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↑1Some are part of a logic of regional consultation, such as the 31 European Commissions which are organized via a joint alliance “Justicia and Pax Europa ".
↑2JM False, What do you think of…? The social teaching of the Church, fidelity, 2018. P.27.
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