Processus électoral en République Démocratique du Congo

À l’occasion du 58ème anniversaire de l’Indépendance de la République Démocratique du Congo, la Commission Justice et Paix et la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) réitèrent leurs préoccupations quant au processus électoral en cours et appellent à la tenue d’élections libres et inclusives le 23 décembre prochain.

Réunis à Kinshasa à l’occasion de la 55ème Assemblée Plénière, les membres de la CENCO ont publié un message ce vendredi 29 juin 2018 dans lequel ils lancent un appel à la sauvegarde du processus électoral.

Les évêques se sont dit vivement préoccupés par les incertitudes qui planent sur le pays. Dans six mois, les congolais seront appelés aux urnes pour les élections présidentielle, législative et provinciale. Pour la CENCO, l’alternance doit permettre de replacer au centre de la vie politique les intérêts des citoyens congolais. Le respect des échéances du calendrier électoral jusqu’à présent est salué par les évêques, qui ne manquent pas toutefois de souligner certains écueils : le non-respect de l’Accord de la Saint Sylvestre, et plus particulièrement des mesures de décrispations politiques, les doutes qui planent sur l’utilisation ou non de la machine à voter controversée et les inquiétudes liées au fichier électoral récemment audité par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

Le climat d’insécurité qui prévaut dans plusieurs régions du pays est également inquiétant. Pour la CENCO, seule l’organisation d’élections dans les délais prévus pourra permettre une sortie pacifique de la crise qui traverse actuellement le pays. Il existe sinon un risque réel de basculement vers l’instabilité et la violence.

« A la veille du 58ème anniversaire de l’Indépendance de la République Démocratique du Congo du 30 juin 1960, il est plus que jamais important de soutenir le peuple congolais dans ses aspirations aux changements et au respect de ses droits fondamentaux » explique Clara Debeve, responsable Afrique Centrale chez Justice et Paix.

Depuis la fin du mandat constitutionnel du Président de la République le 20 décembre 2016, la RD Congo est plongée dans une crise politique. Les représentants de l’Église ont joué un rôle de médiation majeur dans la négociation des Accords de la Saint Sylvestre entre le gouvernement et les membres de l’opposition. Les espoirs soulevés par cet accord ont été gâchés en l’absence d’une volonté claire de la majorité présidentielle de le mettre en œuvre. Il en résulte une crise politique sans précédent, avec des conséquences en termes de violations des droits humains et de répression à l’encontre des acteurs de la société civile, des journalistes et des défenseurs des droits humains.

Contact :
Timur Uluç
Secrétaire général
Commission Justice et Paix
+32.472.21.60.90

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