Equateur

Situé entre la Colombie et le Pérou et bordé par l’océan Pacifique, l’Equateur se divise en quatre régions naturelles : la côte, les Andes, l’Amazonie et les îles Galápagos.

Contexte historique

Avant d’être annexé à l’Empire Inca vers la fin du XVème siècle, l’Equateur était peuplé de différentes ethnies organisées en royaumes indépendants. En 1534, les Espagnols vont s’emparer de Quito (capitale actuelle de l’Equateur). En 1830, après plusieurs siècles de colonialisme, l’Equateur déclare son indépendance. Le XIXème siècle est marqué par la rivalité entre les propriétaires fonciers de la côte, libéraux, et ceux des Andes, conservateurs. Le XXème siècle débute par une période d’instabilité politique renforcée par la crise économique mondiale de 1929. Cette période est également marquée par un conflit armé avec le Pérou (1941-1942), les juntes militaires, et la montée des revendications sociales.

La découverte des hydrocarbures en 1973 conduit à un changement significatif du pays. La rente pétrolière permet un développement économique ainsi que l’émergence de nouvelles élites et l’essor d’une classe urbaine moyenne, bien qu’elle laisse de côté presque la moitié de la population, en particulier les paysans, généralement indigènes. L’Etat devient alors le promoteur d’une modernisation sociale, économique et politique, mais dès 1980, le gouvernement doit faire face à des difficultés économiques. En effet, la baisse des cours mondiaux des hydrocarbures et de certains produits agricoles entraîne la chute des ressources nationales et un accroissement de la dette extérieure et oblige le gouvernement à négocier avec le Fond monétaire international. Débutent alors vingt années de politiques néolibérales qui entraîne le mécontentement de divers secteurs, notamment du mouvement indigène lancé en 1990.

En 1998, l’Equateur et le Pérou signent un accord de paix, mettant ainsi fin à plus de cinquante années d’hostilité frontalières entre les deux pays.

A la fin des années 1990, l’Equateur doit faire face à la chute du cours du pétrole, à la dévaluation de la monnaie et à une inflation galopante. Les syndicats et différents mouvement politiques, notamment indigènes, protestent contre la corruption et et la politique néolibérale du gouvernement. En janvier 2000, une tentative de coup d’Etat menée par un mouvement indigène et soutenu par une faction de l’armée entraîne la radicalisation des deux camps. En septembre 2000, le sucre est remplacé par le dollar dans un ultime espoir de redresser l’économie. Entre la fin des années 1990 et 2003, on estime à 1,5 million le nombre d’Equatorien qui quittent le pays et, en 2004, le taux de pauvreté atteint les 44%.

Lorsque Rafael Correa, économiste de gauche, remporte les élections présidentielles en 2006, il lance la "revolution citoyenne" qui comporte, entre autre, un large volet social, le renforcement de la souveraineté nationale et la réforme institutionnelle. En 2008, une nouvelle Constitution, approuvée par référendum, entre en vigueur. Cette nouvelle Constitution promeut un système économique "social et solidaire", définit l’Equateur comme un Etat interculturel et plurinational et prévoit la protection de la nature dans plusieurs articles. Le gouvernement investit massivement dans les écoles, la santé, les retraites et les infrastructures de transport. Correa est réelu en avril 2010 pour un second mandat puis en février 2013 pour un troisième mandat. Ces réélections s’expliquent en partie par le redressement économique du pays et la réduction notable de la pauvreté. Néanmoins, le gouvernement peine à diversifier son économie qui reste essentiellement basées sur l’exploitation des matières premières. Le méga projets miniers et pétroliers entrainent le mécontentement des communautés indigènes et des organisation politiques, tandis que les relations entre Correa et l’opposition ainsi que certains médias se détériorent au fil des années.

Depuis 2017, c’est Lenin Moreno qui est à la tête du pays. Ce dernier s’inscrit dans la continuité de Correa mais doit faire face à une société de plus en plus polarisée et à une économie qui s’essouffle.

Si l’Equateur a connu une croissance et une modernisation notable, son économie reste néanmoins basée sur les matières premières et son exploitation ce qui rend le pays fortement tributaire des marchés internationaux. Par ailleurs, bien que la pauvreté a bel et bien diminué, elle reste fort présente, particulièrement dans les campagnes et les communautés autochtones.