Déclassement de Parcs en RD Congo : La société civile belge rejoint ses homologues congolais et en appelle à une position diplomatique forte

Le 3 mai dernier, une lettre préconisant le déclassement de plusieurs zones protégées des Parcs de la Salonga et des Virunga signée par le Ministre des hydrocarbures de la République Démocratique du Congo (RD Congo) est révélée au grand public. La Commission Justice et Paix s’inquiète de cette décision et des répercutions que pourrait avoir cette intention d’exploitation déraisonnée des ressources naturelles du pays.

Les autorités congolaises ont proposé de déclasser une zone de 1.720,75 km2 du Parc des Virunga (représentant 21,5% de sa surface totale) et une zone de 2.767,5 km2 du parc de la Salonga. Ce redécoupage, qui conduirait à la radiation de ces parcs du patrimoine mondial de l’UNESCO, permettrait de vendre des permis d’exploration et d’exploitation des réserves souterraines de pétroles et de gaz à des entreprises privées. Ceci aurait comme lourde conséquence de faire sauter l’un des derniers verrous qui les protège encore des intérêts économiques internationaux.

Pour ce faire, le gouvernement invoque la législation congolaise qui autorise la révision unilatérale des accords instituants les aires nationales protégées si l’intérêt national l’exige. Or, on peut se demander dans quelle mesure ces nouvelles explorations permettent d’invoquer « l’intérêt public » ? L’exploitation des ressources souterraines au sein de ces zones protégées n’est pas une solution durable. Elle reflète une vision utilitariste de la part des autorités nationales. Cette exploitation se fait généralement au détriment du bien-être des populations et de la protection de l’environnement (danger de pollution des sols, des eaux ; disparition de la faune, flore, biodiversité ; conséquences sur des activités rémunératrices pour les populations - notamment le tourisme ; effets sur le climat ; etc.).

Le 24 mai, une centaine d’ONG à Kinshasa ont signé une déclaration commune pour dénoncer le caractère illégal et dangereux de cette démarche. Justice et Paix soutient pleinement cette initiative. L’exploitation des ressources, le développement économique et la préservation de l’environnement ne sont pas des réalités contradictoires mais peuvent converger pour bénéficier au plus grand nombre.

Ainsi, la Commission Justice et Paix demande aux responsables politiques belges de soutenir les initiatives de la société civile congolaise. Elle leur demande également de dénoncer publiquement cette décision et d’interpeler leurs homologues congolais pour qu’ils œuvrent, par le biais de politiques actives, en faveur de la préservation de ce patrimoine mondial unique et du bien-être des populations.

Depuis respectivement 1979 et 1984, les Parc des Virunga et de la Salonga sont classés « patrimoine mondial » par l’UNESCO. En vertu de ce statut, des normes de l’OCDE et de la Convention du patrimoine mondial de l’UNESCO - dont la RD Congo est signataire - l’exploration des réserves pétrolières présentes dans les sous-sols des sites protégés est prohibée

Contact :
Clara Debeve

Clara.debeve justicepaix.be

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