{"id":30777,"date":"2026-02-23T15:15:58","date_gmt":"2026-02-23T14:15:58","guid":{"rendered":"https:\/\/www.justicepaix.be\/?p=30777"},"modified":"2026-04-07T12:20:42","modified_gmt":"2026-04-07T10:20:42","slug":"amerique-centrale-democraties-en-tension","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/amerique-centrale-democraties-en-tension\/","title":{"rendered":"Am\u00e9rique centrale : d\u00e9mocraties en tension"},"content":{"rendered":"<p>\u00c9lue d\u00e8s le premier tour le 1er f\u00e9vrier 2026, Laura Fern\u00e1ndez devient pr\u00e9sidente du Costa Rica. Son \u00e9lection ouvre une fen\u00eatre d\u2019analyse sur les recompositions politiques, institutionnelles et s\u00e9curitaires qui traversent aujourd\u2019hui l\u2019Am\u00e9rique centrale.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"512\" data-id=\"30780\" src=\"https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/pexels-saulozayas-335887-1024x512.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-30780\" srcset=\"https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/pexels-saulozayas-335887-1024x512.jpg 1024w, https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/pexels-saulozayas-335887-300x150.jpg 300w, https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/pexels-saulozayas-335887-768x384.jpg 768w, https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/pexels-saulozayas-335887-1536x768.jpg 1536w, https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/pexels-saulozayas-335887-18x9.jpg 18w, https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/pexels-saulozayas-335887.jpg 1920w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9lection de <strong>Laura Fern\u00e1ndez \u00e0 la pr\u00e9sidence du Costa Rica, d\u00e8s le premier tour<\/strong>, marque un moment politique important dans un pays souvent pr\u00e9sent\u00e9 comme un \u00eelot de stabilit\u00e9 d\u00e9mocratique en Am\u00e9rique centrale. Si la campagne s\u2019est largement structur\u00e9e autour des <strong>enjeux de s\u00e9curit\u00e9<\/strong>, elle r\u00e9v\u00e8le aussi des transformations \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans l\u2019ensemble de la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Am\u00e9rique centrale traverse aujourd\u2019hui une phase de <strong>recompositions politiques contrast\u00e9es<\/strong>. Dans certains pays, la lutte contre l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 red\u00e9finit les priorit\u00e9s publiques. Ailleurs, ce sont les <strong>tensions institutionnelles<\/strong>, la fragilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat de droit, les blocages politiques ou les pressions g\u00e9opolitiques qui dominent le d\u00e9bat. Du Salvador au Nicaragua, en passant par le Honduras, le Guatemala et le Panama, les trajectoires diff\u00e8rent.Mais elles posent toutes une m\u00eame question : <strong>celle de la capacit\u00e9 des institutions \u00e0 r\u00e9pondre aux attentes sociales sans s\u2019affaiblir<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir du cas costaricien, cet article propose un <strong>panorama politique de la r\u00e9gion<\/strong>. Il met en lumi\u00e8re les dynamiques propres \u00e0 chaque pays, qu\u2019il s\u2019agisse de priorit\u00e9s s\u00e9curitaires, de recompositions partisanes, de tensions institutionnelles ou d\u2019enjeux socio-\u00e9conomiques. Il cherche aussi \u00e0 comprendre <strong>comment les r\u00e9ponses \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 redessinent les d\u00e9mocraties et interrogent la protection des droits humains.<\/strong> Dans ce contexte, les relations avec les \u00c9tats-Unis, particuli\u00e8rement depuis le retour de Donald Trump, influencent certains \u00e9quilibres politiques.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><a><\/a>Costa Rica : la s\u00e9curit\u00e9 comme nouvel enjeu central<\/h2>\n\n\n\n<p>Au Costa Rica, la campagne pr\u00e9sidentielle a \u00e9t\u00e9 largement structur\u00e9e par <strong>la question de la s\u00e9curit\u00e9<\/strong>. Laura Fern\u00e1ndez, candidate du Parti du peuple souverain (PPSO), formation du pr\u00e9sident sortant Rodrigo Chaves, positionn\u00e9 \u00e0 droite, a remport\u00e9 la pr\u00e9sidence avec pr\u00e8s de 49 % des voix. Sa victoire repose en grande partie sur un <strong>positionnement s\u00e9curitaire affirm\u00e9<\/strong>, ax\u00e9 sur la fermet\u00e9 face \u00e0 la criminalit\u00e9, la r\u00e9duction de la bureaucratie et une gouvernance plus directe.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette focalisation s\u2019inscrit dans un contexte de <strong>hausse marqu\u00e9e de la violence<\/strong>. En 2023, le Costa Rica a enregistr\u00e9 environ 906 homicides, soit un taux d\u2019environ <a href=\"https:\/\/fr.countryeconomy.com\/demographie\/homicides\/costa-rica?utm_source\">17,8 pour 100 000 habitants<\/a>, l\u2019un des plus \u00e9lev\u00e9s de son histoire r\u00e9cente. Ces violences, souvent li\u00e9es au trafic de drogue et \u00e0 la criminalit\u00e9 organis\u00e9e, ont renforc\u00e9 le sentiment d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 dans plusieurs zones du pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, la campagne de Fern\u00e1ndez a mis en avant <strong>plusieurs mesures concr\u00e8tes<\/strong> : \u00e9tats d\u2019exception dans les zones les plus touch\u00e9es, pouvoirs renforc\u00e9s pour les forces de l\u2019ordre et construction d\u2019une prison de haute s\u00e9curit\u00e9 inspir\u00e9e du mod\u00e8le salvadorien.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces propositions s\u2019inscrivent dans une logique de \u00ab <strong>mano dura<\/strong> \u00bb, r\u00e9ponse dure au crime, qui rencontre un \u00e9cho aupr\u00e8s d\u2019une partie de l\u2019\u00e9lectorat. Mais elles posent des questions politiques majeures : comment concilier efficacit\u00e9 s\u00e9curitaire et <strong>pr\u00e9servation de l\u2019\u00c9tat de droit<\/strong> ? Jusqu\u2019o\u00f9 une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique peut-elle restreindre certaines libert\u00e9s pour se prot\u00e9ger ? La mise en \u0153uvre de ces politiques constituera un test pour <strong>la solidit\u00e9 d\u00e9mocratique du Costa Rica<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><a><\/a>Les trajectoires salvadorienne et hondurienne face au tournant s\u00e9curitaire<\/h2>\n\n\n\n<p>Le Salvador demeure aujourd\u2019hui <strong>le laboratoire le plus embl\u00e9matique du tournant s\u00e9curitaire r\u00e9gional<\/strong>. Sous la pr\u00e9sidence de Nayib Bukele, l\u2019\u00e9tat d\u2019exception instaur\u00e9 en 2022, puis prolong\u00e9 presque sans interruption, a entra\u00een\u00e9 une chute spectaculaire des homicides. Selon les chiffres officiels, le taux serait pass\u00e9 d\u2019environ 38 pour 100 000 habitants en 2019 \u00e0 moins de 2 en 2025. <a href=\"https:\/\/www.wola.org\/analysis\/political-imprisonment-in-el-salvador-and-the-dismantling-of-democracy\/?\">Plus de 85 000 personnes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenues<\/a> dans le cadre d\u2019op\u00e9rations massives contre les gangs, et le gouvernement met en avant <strong>un retour visible de la s\u00e9curit\u00e9<\/strong> dans l\u2019espace public.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette efficacit\u00e9 s\u2019accompagne d\u2019une <strong>transformation profonde du cadre d\u00e9mocratique. <\/strong>Les garanties proc\u00e9durales ont \u00e9t\u00e9 restreintes, l\u2019ind\u00e9pendance judiciaire affaiblie et les contre-pouvoirs marginalis\u00e9s. De nombreuses organisations ont d\u00e9nonc\u00e9 des d\u00e9tentions arbitraires et des atteintes aux libert\u00e9s fondamentales. Une question plus structurelle se pose alors : si la violence recule, <strong>les causes profondes de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 telles que les in\u00e9galit\u00e9s, la pauvret\u00e9, la corruption, et la faiblesse institutionnelle restent largement intactes<\/strong>. En fragilisant l\u2019\u00c9tat de droit, ces politiques risquent de limiter les outils n\u00e9cessaires pour traiter durablement ces probl\u00e8mes. L\u2019efficacit\u00e9 \u00e0 court terme peut-elle garantir une stabilit\u00e9 durable ?<\/p>\n\n\n\n<p>Au Honduras, la dynamique est moins spectaculaire, mais tout aussi r\u00e9v\u00e9latrice. \u00c9lue en 2021 sur une promesse de rupture avec des gouvernements marqu\u00e9s par la corruption, Xiomara Castro a progressivement durci sa politique s\u00e9curitaire face \u00e0 la persistance des gangs et \u00e0 une opinion publique lass\u00e9e de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9. <strong>\u00c9tats d\u2019urgence cibl\u00e9s, renforcement du r\u00f4le des arm\u00e9es, <\/strong>construction de nouvelles prisons: ces mesures rapprochent sa strat\u00e9gie de certaines tendances r\u00e9gionales, sans produire les m\u00eames effets qu\u2019au Salvador.<\/p>\n\n\n\n<p>Si les homicides ont diminu\u00e9, les r\u00e9sultats restent in\u00e9gaux et difficiles \u00e0 lire politiquement. Les blocages institutionnels, les tensions avec le Parlement et les divisions internes ont affaibli sa capacit\u00e9 \u00e0 porter un projet de transformation plus large. Dans ce contexte, l\u2019\u00e9lection de novembre 2025, remport\u00e9e par le conservateur <strong>Nasry \u00ab&nbsp;Tito&nbsp;\u00bb Asfura<\/strong> avec environ <a href=\"https:\/\/www.reuters.com\/world\/americas\/trump-backed-asfura-wins-honduras-presidency-after-weeks-delays-disputed-2025-12-24\/?\">40,5 % des voix<\/a>, traduit moins un rejet clair des politiques s\u00e9curitaires qu\u2019une<strong> fatigue politique et institutionnelle<\/strong>. Sa campagne, centr\u00e9e sur l\u2019ordre et la stabilit\u00e9 \u00e9conomique, s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e dans un climat de forte polarisation, marqu\u00e9 notamment par des prises de position de Donald Trump en sa faveur.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Honduras illustre ainsi une recomposition diff\u00e9rente de celle du Salvador. L\u00e0 o\u00f9 Bukele a concentr\u00e9 le pouvoir autour d\u2019une promesse d\u2019efficacit\u00e9 s\u00e9curitaire, le Honduras a connu une alternance dans un contexte d\u2019institutions fragilis\u00e9es. Dans les deux cas, <strong>la s\u00e9curit\u00e9 structure le d\u00e9bat public<\/strong>. Mais les trajectoires divergent, montrant que la stabilit\u00e9 d\u00e9pend aussi de la capacit\u00e9 des institutions \u00e0 rester cr\u00e9dibles et \u00e0 r\u00e9pondre aux causes profondes de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00c9rosion d\u00e9mocratique sans \u00ab\u00a0grand basculement\u00a0\u00bb : Guatemala et Panama<\/h2>\n\n\n\n<p>Au Guatemala, la tension politique ne se traduit pas par une logique de \u00ab&nbsp;mano dura&nbsp;\u00bb, mais par une <strong>\u00e9rosion institutionnelle progressive<\/strong>. \u00c9lu sur une promesse de rupture anticorruption, le pr\u00e9sident Bernardo Ar\u00e9valo entame une p\u00e9riode d\u00e9cisive. Les nominations judiciaires et le bras de fer avec des institutions fragilis\u00e9es conditionnent sa capacit\u00e9 \u00e0 gouverner. L\u2019ex\u00e9cutif oscille ainsi entre volont\u00e9 de r\u00e9forme et gestion de crises.<\/p>\n\n\n\n<p>En janvier 2026, le pr\u00e9sident Ar\u00e9valo a d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 un <a href=\"https:\/\/www.courrierinternational.com\/article\/criminalite-apres-la-mort-de-neuf-policiers-le-guatemala-decrete-l-etat-de-siege_239545?\">\u00e9tat d\u2019urgence<\/a> apr\u00e8s une s\u00e9rie d\u2019attaques et une crise carc\u00e9rale li\u00e9e aux gangs. Cette d\u00e9cision illustre \u00e0 la fois la pression s\u00e9curitaire et <strong>la fragilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat<\/strong> face \u00e0 des r\u00e9seaux criminels capables de d\u00e9fier l\u2019autorit\u00e9 publique. Mais l\u2019enjeu d\u00e9mocratique est ailleurs : il tient \u00e0 la capacit\u00e9 des institutions \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 l\u2019impunit\u00e9 et \u00e0 restaurer la confiance. Or, la popularit\u00e9 d\u2019Ar\u00e9valo s\u2019est progressivement \u00e9rod\u00e9e, r\u00e9duisant sa marge de man\u0153uvre pour mener des r\u00e9formes structurelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Au Panama, la situation est diff\u00e9rente. Le pays ne conna\u00eet pas la m\u00eame crise s\u00e9curitaire que le \u00ab&nbsp;triangle nord&nbsp;\u00bb, mais il se trouve au c\u0153ur de <strong>tensions politiques et g\u00e9opolitiques<\/strong> croissantes. Depuis le retour de Donald Trump, la pression am\u00e9ricaine autour du canal de Panama et de la pr\u00e9sence chinoise s\u2019est intensifi\u00e9e. Une rh\u00e9torique ouvertement interventionniste, \u00e9voquant la possibilit\u00e9 de \u00ab&nbsp;reprendre&nbsp;\u00bb le canal, alimente les tensions internes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9sident Jos\u00e9 Ra\u00fal Mulino tente de maintenir une strat\u00e9gie d\u2019\u00e9quilibre et d\u2019autonomie. Mais cette position renforce la centralit\u00e9 de l\u2019ex\u00e9cutif et fragilise la confiance citoyenne, dans un contexte d\u00e9j\u00e0 marqu\u00e9 par <a href=\"https:\/\/www.laliberte.ch\/articles\/manifestations-au-panama-contre-des-arrestations-de-syndicalistes-1049064?srsltid=AfmBOopS4Ghxcc0wlFmGrBzROtIbKx80064Sz05dNUoREnAqLr3wgiMB&amp;\">des contestations sociales et des critiques sur la gouvernance.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Ces deux cas mettent en \u00e9vidence une dynamique commune. La fragilisation d\u00e9mocratique ne passe pas toujours par des ruptures visibles ou des politiques s\u00e9curitaires spectaculaires. Elle peut aussi prendre la forme d\u2019une <strong>\u00e9rosion progressive<\/strong>, lorsque les institutions peinent \u00e0 r\u00e9pondre aux attentes sociales, \u00e0 contenir l\u2019impunit\u00e9 ou \u00e0 faire face aux pressions externes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><a><\/a>Le Nicaragua dans l\u2019impasse autoritaire<\/h2>\n\n\n\n<p>Au Nicaragua, la d\u00e9mocratie a \u00e9t\u00e9 <strong>largement d\u00e9mantel\u00e9e<\/strong> sous le r\u00e9gime de Daniel Ortega et de sa vice-pr\u00e9sidente et \u00e9pouse, Rosario Murillo, au pouvoir depuis 2007. Progressivement, l\u2019opposition a \u00e9t\u00e9 neutralis\u00e9e, des m\u00e9dias ind\u00e9pendants et ONG ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9duits au silence, et l\u2019appareil r\u00e9pressif s\u2019est \u00e9tendu pour faire taire toute dissidence. Le pouvoir s\u2019est consolid\u00e9 autour d\u2019un <strong>contr\u00f4le total des institutions<\/strong>, renforc\u00e9 par d\u2019importantes <a href=\"https:\/\/www.revuepolitique.fr\/la-mecanique-totalitaire-dans-la-nouvelle-constitution-du-nicaragua\/?\">r\u00e9formes constitutionnelles<\/a> qui ont \u00e9largi les pouvoirs de l\u2019ex\u00e9cutif et int\u00e9gr\u00e9 des structures paramilitaires sous la supervision pr\u00e9sidentielle. Ces \u00e9volutions ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites par des expert\u00b7es internationaux comme l\u2019un des exemples les plus s\u00e9v\u00e8res de r\u00e9pression en Am\u00e9rique latine.<\/p>\n\n\n\n<p>According to <a href=\"https:\/\/www.ohchr.org\/en\/press-releases\/2025\/02\/nicaraguas-deepening-repression-un-experts-call-urgent-global-action\">un nouveau rapport<\/a> du Groupe d\u2019expert\u00b7es des droits humains de l\u2019ONU, la r\u00e9forme constitutionnelle de 2025 a pratiquement supprim\u00e9 les contre-pouvoirs institutionnels, r\u00e9duisant les pouvoirs l\u00e9gislatif, judiciaire et \u00e9lectoral \u00e0 de simples organes coordonn\u00e9s par la pr\u00e9sidence. Le r\u00e9gime y est d\u00e9crit comme un \u00c9tat autoritaire o\u00f9 presque <strong>aucune institution ind\u00e9pendante<\/strong> ne subsiste et o\u00f9 l\u2019opposition est syst\u00e9matiquement r\u00e9prim\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette situation, longtemps soutenue par une alliance avec des r\u00e9gimes comme ceux du Venezuela ou de Cuba, se trouve aujourd\u2019hui confront\u00e9e \u00e0 de nouveaux d\u00e9fis. Apr\u00e8s la <strong>capture du pr\u00e9sident v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien Nicol\u00e1s Maduro<\/strong> par l\u2019administration am\u00e9ricaine, le gouvernement nicaraguayen a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des gestes symboliques, comme la lib\u00e9ration de certains prisonniers politiques et des <a href=\"https:\/\/www.reuters.com\/world\/americas\/nicaragua-scraps-visa-free-entry-cubans-2026-02-08\/?\">ajustements politiques mineurs<\/a>, interpr\u00e9t\u00e9s comme des tentatives de r\u00e9ponse \u00e0 la pression internationale.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela soul\u00e8ve une interrogation majeure pour l\u2019avenir politique du pays : si certains r\u00e9gimes autoritaires r\u00e9gionaux \u00e9voluent ou vacillent, <strong>quelles perspectives pourraient s\u2019ouvrir pour la d\u00e9mocratie au Nicaragua<\/strong> ? Et surtout, une \u00e9ventuelle transition politique se traduirait-elle r\u00e9ellement par un retour \u00e0 un syst\u00e8me d\u00e9mocratique ouvert ou laisserait-elle place \u00e0 une autre forme d\u2019autoritarisme ? Au-del\u00e0 de la possible chute d\u2019un r\u00e9gime, l\u2019enjeu central serait la possibilit\u00e9 d\u2019une <strong>v\u00e9ritable transition d\u00e9mocratique<\/strong>, impliquant le r\u00e9tablissement de la s\u00e9paration des pouvoirs et la restauration de la confiance institutionnelle.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><a><\/a>Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>De San Jos\u00e9 \u00e0 Managua, l\u2019Am\u00e9rique centrale r\u00e9v\u00e8le une <strong>pluralit\u00e9 de trajectoires politiques<\/strong>. Le Salvador, le Honduras et d\u00e9sormais le Costa Rica placent la s\u00e9curit\u00e9 au c\u0153ur du d\u00e9bat public. Le Guatemala fait face \u00e0 une fragilisation persistante de ses institutions. Le Panama \u00e9volue entre tensions g\u00e9opolitiques et contestations sociales. Le Nicaragua, enfin, reste enferm\u00e9 dans un autoritarisme consolid\u00e9. Dans plusieurs de ces dynamiques, les \u00c9tats-Unis jouent un r\u00f4le structurant, \u00e0 travers leurs politiques s\u00e9curitaires, migratoires et diplomatiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces \u00e9volutions ne concernent pas seulement une r\u00e9gion lointaine. Elles interrogent aussi <strong>la mani\u00e8re dont nos d\u00e9mocraties r\u00e9pondent aux crises<\/strong> : comment concilier s\u00e9curit\u00e9, justice sociale et respect des libert\u00e9s fondamentales ? Jusqu\u2019o\u00f9 peut-on transformer les institutions au nom de l\u2019efficacit\u00e9 sans en fragiliser les principes ?<\/p>\n\n\n\n<p>Elles invitent \u00e9galement \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir au r\u00f4le des acteur\u00b7ices internationaux. <strong>L\u2019Union europ\u00e9enne<\/strong>, \u00e0 travers ses politiques commerciales, migratoires et de coop\u00e9ration, contribue aussi \u00e0 fa\u00e7onner ces contextes. Les choix op\u00e9r\u00e9s en mati\u00e8re de soutien aux r\u00e9formes institutionnelles, de coop\u00e9ration s\u00e9curitaire ou d\u2019appui aux d\u00e9fenseur\u00b7ses des droits humains participent aux \u00e9quilibres en cours.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019avenir d\u00e9mocratique de l\u2019Am\u00e9rique centrale d\u00e9pendra de la capacit\u00e9 de ses institutions \u00e0 <strong>r\u00e9pondre aux in\u00e9galit\u00e9s, \u00e0 restaurer la confiance et \u00e0 r\u00e9sister aux logiques de concentration du pouvoir<\/strong>. Il d\u00e9pendra aussi de la coh\u00e9rence des partenariats internationaux et de l\u2019attention port\u00e9e, ici comme ailleurs, \u00e0 <strong>la d\u00e9fense de l\u2019\u00c9tat de droit<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Thomas Aubineau.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En partant de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle du 1er f\u00e9vrier 2026 au Costa Rica, cette analyse propose un panorama politique de l\u2019Am\u00e9rique centrale.<\/p>","protected":false},"author":57,"featured_media":30780,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_seopress_robots_primary_cat":"none","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[2696,2722,2719],"tags":[3293,3294,2835,2824,3295,3061],"class_list":["post-30777","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-articles-nos-publications","category-nos-publications","tag-amerique-centrale","tag-autoritarisme","tag-democratie","tag-droits-humains","tag-etats-unis","tag-securite"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30777","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/57"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30777"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30777\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":30781,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30777\/revisions\/30781"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/30780"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30777"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30777"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30777"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}