{"id":30197,"date":"2025-10-16T16:44:20","date_gmt":"2025-10-16T14:44:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.justicepaix.be\/?p=30197"},"modified":"2025-10-16T16:44:22","modified_gmt":"2025-10-16T14:44:22","slug":"decentrons-nos-regards-mobilisation-des-citoyennes-en-amerique-latine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/decentrons-nos-regards-mobilisation-des-citoyennes-en-amerique-latine\/","title":{"rendered":"D\u00e9centrons nos regards : mobilisation des citoyennes en Am\u00e9rique latine"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>L\u2019immobilisme politique d\u00e9signe une situation dans laquelle le pouvoir en place, volontairement ou non, s\u2019abstient d\u2019agir face \u00e0 des enjeux soci\u00e9taux majeurs, que ce soit par choix et d\u00e9sint\u00e9r\u00eat assum\u00e9, par inertie ou par contraintes institutionnelles. Face \u00e0 cette absence de r\u00e9ponse, la force populaire se mobilise et fait entendre sa voix par le biais d\u2019actions collectives, v\u00e9ritables formes de contestations citoyennes et de r\u00e9sistance sociale.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-cover\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" class=\"wp-block-cover__image-background wp-image-30200\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/10404308_2-1024x683.jpg\" data-object-fit=\"cover\" srcset=\"https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/10404308_2-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/10404308_2-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/10404308_2-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/10404308_2-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/10404308_2-18x12.jpg 18w, https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/10404308_2.jpg 1920w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><span aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-cover__background has-background-dim\"><\/span><div class=\"wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><em>Cr\u00e9dit : Pikisuperstar.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Par mobilisations citoyennes, nous entendons un \u00e9ventail large d\u2019actions men\u00e9es parall\u00e8lement, comme les manifestations, les campagnes m\u00e9diatiques, les recours juridiques, l\u2019engagement associatif, le boycott ou d\u2019autres formes de d\u00e9sob\u00e9issance civile. Ainsi, <strong>les citoyen\u00b7nes sont le dernier rempart contre l\u2019oubli ou l\u2019indiff\u00e9rence \u00e9tatique et institutionnelle<\/strong>. Les mouvements de femmes et f\u00e9ministes en Am\u00e9rique latine, illustrent parfaitement la mani\u00e8re dont les luttes pour la transition d\u00e9mocratique et la pr\u00e9servation de ces acquis, et les droits humains, notamment les droits des femmes, la justice et la m\u00e9moire, ont \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur des dynamiques sociales et politiques.<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Mobilisations de femmes et mouvements f\u00e9ministes en Am\u00e9rique latine<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Les mouvements sociaux, dont les mouvements f\u00e9ministes, ont \u00e9volu\u00e9 en fonction du degr\u00e9 d\u2019ouverture du syst\u00e8me politique et du contexte dans lesquels ils prennent forme. <strong>Ainsi, les vagues f\u00e9ministes, telles que conceptualis\u00e9es en occident, ne se d\u00e9clinent pas ailleurs de la m\u00eame mani\u00e8re<\/strong>. En Am\u00e9rique latine, dans les ann\u00e9es 1960-1970, marqu\u00e9es par des r\u00e9gimes autoritaires et dictatoriaux, les femmes se sont organis\u00e9es pour les contester.<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Les lignes de r\u00e9sistance des femmes en Am\u00e9rique latine ont, dans un premier temps, d\u00e9coul\u00e9 des r\u00f4les et responsabilit\u00e9s culturelles et sociales qui leur \u00e9taient attribu\u00e9es dans la famille et la communaut\u00e9. Et c\u2019est en s\u2019appuyant d\u2019abord sur ces r\u00f4les, qu&rsquo;elles ont investi l\u2019espace public en tant que citoyennes actives.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>De plus, parce qu\u2019il a longtemps \u00e9t\u00e9 port\u00e9 par des femmes issues des classes privil\u00e9gi\u00e9es, le terme \u00ab&nbsp;f\u00e9minisme&nbsp;\u00bb a suscit\u00e9 une certaine r\u00e9ticence chez celles provenant des milieux populaires ou marginalis\u00e9s en Am\u00e9rique latine. <strong>La distinction entre mouvements sociaux de femmes et mouvements f\u00e9ministes refl\u00e8te toutefois une compl\u00e9mentarit\u00e9 et \u00e9voque le caract\u00e8re intersectionnel des luttes, les premiers jouant souvent un r\u00f4le d\u00e9terminant dans l\u2019ancrage et le d\u00e9veloppement des f\u00e9minismes.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les M\u00e8res (et Grand-M\u00e8res) de la Place de Mai (1977)<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>En Argentine, la dictature militaire des ann\u00e9es 1970-1980 a men\u00e9 de vastes campagnes de r\u00e9pression, dont la disparition forc\u00e9e de pr\u00e8s de 30.000 opposant\u00b7es politiques, et l\u2019enl\u00e8vement de leurs b\u00e9b\u00e9s. Avec un pouvoir ex\u00e9cutif arbitraire et dictatorial, et un pouvoir judiciaire neutralis\u00e9, aucun moyen de recours l\u00e9gal n\u2019\u00e9tait r\u00e9ellement possible pour les familles des disparu\u00b7es.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En 1977, bravant l\u2019interdiction de rassemblement impos\u00e9e par le r\u00e9gime, 14 m\u00e8res ont commenc\u00e9 \u00e0 marcher autour de la Place de Mai, devant le palais pr\u00e9sidentiel \u00e0 Buenos Aires, pour d\u00e9noncer ces disparitions, exiger le retour de leurs enfants et r\u00e9clamer justice. <\/strong>Chaque jeudi, elles marchaient en silence, coiff\u00e9es de leur caract\u00e9ristique foulard blanc, et portant les photos et noms de leurs fils et filles disparu\u00b7es. Rapidement, d&rsquo;autres m\u00e8res, familles et alli\u00e9\u00b7es les ont rejointes, donnant naissance \u00e0 un mouvement embl\u00e9matique de r\u00e9sistance civile non-violente. Elles ont entre autres men\u00e9 des actions de sensibilisation aupr\u00e8s de la population argentine, d\u00e9pos\u00e9 des plaintes et initi\u00e9 des d\u00e9marches judiciaires pour interpeller les institutions nationales. <strong>Confront\u00e9es au silence des autorit\u00e9s, elles se sont tourn\u00e9es vers les instances internationales, mobilisant ainsi l\u2019opinion publique au-del\u00e0 des fronti\u00e8res du pays<\/strong>.<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Par l\u2019influence du mouvement, <\/strong>ces citoyennes, m\u00e8res de familles, ont transform\u00e9 leur deuil en r\u00e9sistance pendant mais aussi apr\u00e8s la chute du r\u00e9gime dictatorial. Leur marche est d&rsquo;ailleurs encore perp\u00e9tu\u00e9e hebdomadairement sur la Place de Mai. <strong>Sur le plan judiciaire et politique<\/strong>, le travail de recherche et d\u2019investigation men\u00e9 par les M\u00e8res, et leurs d\u00e9marches m\u00e9dico-l\u00e9gales, ont contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019identification de nombreux\u00b7ses disparu<strong>\u00b7<\/strong>es et \u00e0 la r\u00e9ouverture des proc\u00e8s contre les responsables des crimes d\u00e9nonc\u00e9s, apr\u00e8s l\u2019annulation des lois d\u2019amnistie dans les ann\u00e9es 2000. <strong>Sur le plan social et symbolique<\/strong>, les M\u00e8res de la Place de Mai ont impos\u00e9 leur lutte et la m\u00e9moire des disparu\u00b7es comme un enjeu central de la d\u00e9mocratie argentine, devenus des r\u00e9f\u00e9rents nationaux, voire m\u00eame r\u00e9gionaux. De plus, en d\u00e9finissant la maternit\u00e9 comme espace politique, elles ont ouvert la voie \u00e0 une <strong>reconfiguration du r\u00f4le des femmes dans la sph\u00e8re publique.&nbsp; \u00c0 l\u2019\u00e9chelle internationale, <\/strong>leur combat continue d\u2019inspirer de nombreux mouvements dans le monde, notamment celles et ceux qui luttent contre les violences d&rsquo;\u00c9tat, l\u2019impunit\u00e9 ou les disparitions forc\u00e9es. Des luttes similaires ont eu lieu, comme celles des M\u00e8res de <em>Tian\u2019anmen<\/em> en Chine, des familles de disparu\u00b7es en Syrie, ou du <em>collectif v\u00e9rit\u00e9<\/em> <em>pour Adama<\/em> en France.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Avant \u201cMeToo\u201d: \u201cNi Una Menos\u201d (2015)<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le mouvement <em>MeToo<\/em> est largement reconnu pour sa port\u00e9e mondiale, acquise d\u00e8s 2017, mais une autre mobilisation significative avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9merg\u00e9 en Am\u00e9rique latine en 2015:<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Sous le slogan <em>Ni Una Menos<\/em> (\u00ab\u00a0Pas une [femme] de moins\u00a0\u00bb), impuls\u00e9 par les r\u00e9seaux sociaux, ce mouvement au d\u00e9part lanc\u00e9 en Argentine pour d\u00e9noncer les f\u00e9minicides s\u2019est rapidement \u00e9tendu dans de nombreux autres pays de la r\u00e9gion, devenant la premi\u00e8re mobilisation f\u00e9ministe massive <strong>interg\u00e9n\u00e9rationnelle et intersectionnelle<\/strong>.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Au-del\u00e0 des<\/strong> <strong>d\u00e9nonciations contre les violences faites aux femmes, le mouvement expose les dimensions sociales, \u00e9conomiques, politiques, culturelles et raciales qui nourrissent et perp\u00e9tuent ces violences.<\/strong><a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9volution pluridimensionnelle du mouvement et son influence transnationale ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par <strong>plusieurs moments politiques<\/strong> <strong>et l\u00e9gislatifs charni\u00e8res<\/strong>, tel qu\u2019une mise \u00e0 l\u2019agenda politique des f\u00e9minicides, des avanc\u00e9es sur les lois contre les violences de genre et le droit \u00e0 l\u2019avortement. Par exemple, en Colombie ce dernier a \u00e9t\u00e9 d\u00e9p\u00e9nalis\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la 24<sup>\u00e8me<\/sup> semaine de grossesse, une loi controvers\u00e9e mais qui consid\u00e8re, entre autres, les barri\u00e8res administratives et sociales ainsi que les in\u00e9galit\u00e9s d\u2019acc\u00e8s au syst\u00e8me de sant\u00e9, notamment dans les r\u00e9gions les plus marginalis\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 ces avanc\u00e9es et le mur de silence fissur\u00e9 par les mobilisations et la solidarit\u00e9, les cas de f\u00e9minicides et de violences, ainsi que d\u2019impunit\u00e9 judiciaire, persistent. Les droits des femmes en Am\u00e9rique latine continuent de repr\u00e9senter une dette structurelle d\u00e9mocratique encore en suspens.<strong> Sur le plan social et symbolique,<\/strong> la r\u00e9appropriation de l\u2019espace public et des corps en lieu de r\u00e9sistance et de survie en sont devenus majeurs. Aussi, \u00e0 l\u2019instar des foulards blancs des M\u00e8res de la Place de Mai, les foulards verts (lutte pour le droit \u00e0 l\u2019avortement) et mauves (contre les violences de genre et pour l\u2019\u00e9galit\u00e9) sont devenus des embl\u00e8mes forts de <em>Ni Una Menos<\/em>. Ils symbolisent \u00e0 la fois les rassemblements massifs sous ces banni\u00e8res, et leur appropriation comme accessoires du quotidien visibles, comme acte de revendication et de r\u00e9sistance.<strong> \u00c0 l\u2019\u00e9chelle internationale<\/strong>, <em>Ni Una Menos <\/em>a permis le renforcement des r\u00e9seaux f\u00e9ministes transnationaux, notamment par la r\u00e9appropriation m\u00eame mondiale de certaines de ses actions (cf. les chansons \u201cUn violador en tu camino\u201d, de Las Tesis du Chili et \u201cCanci\u00f3n sin miedo\u201d<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> de Vivir Quintana du Mexique, devenus les hymnes du mouvement). Le mouvement a aussi incit\u00e9 \u00e0 des dialogues sur les dimensions intersectionnelles et les in\u00e9galit\u00e9s structurelles.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00c9l\u00e9ments de r\u00e9flexions et pistes d\u2019action<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 l\u2019inertie des institutions, \u00e0 l\u2019impunit\u00e9 syst\u00e9mique, au silence complice ou \u00e0 la violence directe de l\u2019\u00c9tat, les citoyen\u00b7nes opposent des formes de r\u00e9sistance et de mobilisation collectives, qui au fil du temps, cr\u00e9ent &#8211; mais aussi transforment &#8211; et r\u00e9g\u00e9n\u00e8rent leur force populaire. Celles des femmes et des f\u00e9ministes en Am\u00e9rique latine en t\u00e9moignent avec force. Ayant rompu avec l\u2019isolement traditionnel d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 machiste et de r\u00e9gimes r\u00e9pressifs, elles ont acquis une citoyennet\u00e9 active, et m\u00eame d\u00e9velopp\u00e9 des comp\u00e9tences politiques.<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>En <strong>sortant du carcan ethnocentrique d\u2019un f\u00e9minisme pr\u00e9tendument universel<\/strong>, elles nous rappellent que <strong>les luttes sont situ\u00e9es, imbriqu\u00e9es dans des contextes sociaux, politiques et historiques sp\u00e9cifiques<\/strong>. Ce f\u00e9minisme pluriel, ancr\u00e9, port\u00e9 par des femmes racis\u00e9es, pr\u00e9caires, autochtones ou afrodescendantes, m\u00eale avec intelligence&nbsp;: \u00e9motion, m\u00e9moire, et strat\u00e9gie citoyenne.<\/p>\n\n\n\n<p>Leurs exp\u00e9riences offrent ainsi des cl\u00e9s pr\u00e9cieuses pour repenser nos propres formes de mobilisation. Elles nous incitent \u00e0\u202f:<\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u00e9centrer nos regards<\/strong>\u202f: reconna\u00eetre la richesse des f\u00e9minismes ailleurs qu\u2019en occident pour mieux interroger nos r\u00e9f\u00e9rences et pratiques militantes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Cultiver la m\u00e9moire des luttes<\/strong>\u202f: inscrire nos combats dans une continuit\u00e9 historique, r\u00e9habiliter et honorer les h\u00e9ritages des luttes pass\u00e9es.<a><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tisser des alliances transversales, intersectionnelles<\/strong>\u202f: entre mouvements, entre g\u00e9n\u00e9rations, entre luttes f\u00e9ministes, antiracistes, \u00e9cologistes, etc.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9inventer les formes d\u2019action<\/strong>\u202f: m\u00ealer art, \u00e9motions, r\u00e9cits personnels, outils num\u00e9riques et actions de terrain pour \u00e9largir les imaginaires de lutte.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Renforcer les espaces collectifs<\/strong>\u202f: construire des lieux s\u00fbrs, inclusifs, autonomes, o\u00f9 se penser, se soigner et s\u2019organiser ensemble.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui plus que jamais, il nous appartient \u00e0 tous et \u00e0 toutes de <strong>nourrir notre curiosit\u00e9 citoyenne diff\u00e9remment<\/strong>, en d\u00e9passant les sch\u00e9mas ethnocentristes, pour que nos actions collectives soient davantage solidaires, conscientes et inclusives.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Andrea Marin Cardona et Line Reguig.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> Camille Goirand (2010). Penser les mouvements sociaux d\u2019Am\u00e9rique latine, Les approches des mobilisations depuis 1970. Revue Fran\u00e7aise de Science Politique.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> Virginia Vargas (2015). Feminism and democratic struggles in Latin America. The Oxford Handbook of Transnational Feminist Movements.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> Tahir Nadia (2015). Chapitre II. Des Proches, des M\u00e8res et des Grands-M\u00e8res. Argentine, Presses universitaires de Rennes.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> Celeste del Bianco (2023). \u201cNi Una Menos\u201d, la manifestation latino-am\u00e9ricaine qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 MeToo. Le Temps.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\"><\/a><sup>[5]<\/sup> Traduction d\u2019un extrait: \u201cQue l&rsquo;\u00c9tat tremble, le ciel, les rues, que tremblent les juges et le pouvoir judiciaire (&#8230;)\u201d<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>&nbsp; B\u00e9reng\u00e8re Marques Pereira &amp; Florence Rae (2002). Trois d\u00e9cennies de mobilisations f\u00e9minines et f\u00e9ministes en Am\u00e9rique latine. Cahiers des Am\u00e9riques latines.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 travers des cas de mobilisations citoyennes en Am\u00e9rique latine, cet article met en lumi\u00e8re des initiatives entreprises par des femmes, qui ont d\u00e9fi\u00e9 l\u2019immobilisme politique et mat\u00e9rialis\u00e9 des lignes de changement. Leur ancrage populaire et leur r\u00e9appropriation dans la r\u00e9gion, mais pas que, d\u00e9fient les tendances ethnocentriques et r\u00e9v\u00e8lent l\u2019influence souvent sous-estim\u00e9e de ces mobilisations.<\/p>","protected":false},"author":57,"featured_media":30200,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_seopress_robots_primary_cat":"none","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[2696,2722,2719],"tags":[2809,2817,3247],"class_list":["post-30197","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-articles-nos-publications","category-nos-publications","tag-actions-citoyennes","tag-amerique-latine","tag-politique"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30197","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/57"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30197"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30197\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":30201,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30197\/revisions\/30201"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/30200"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30197"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30197"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30197"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}