{"id":25050,"date":"2023-07-13T10:18:27","date_gmt":"2023-07-13T08:18:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.justicepaix.be\/?p=25050"},"modified":"2023-07-13T10:18:29","modified_gmt":"2023-07-13T08:18:29","slug":"les-droits-humains-au-burundi-dans-un-contexte-de-treve-fragile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/les-droits-humains-au-burundi-dans-un-contexte-de-treve-fragile\/","title":{"rendered":"Human rights in Burundi in a context of fragile truce"},"content":{"rendered":"\n<p>Alors que les principaux enjeux de paix et d\u00e9mocratie dans la r\u00e9gion des Grands Lacs semblent se jouer en RD Congo, les risques de r\u00e9surgence des conflits pass\u00e9s progressent insidieusement au Burundi. Les \u00e9lections l\u00e9gislatives de 2025 pourraient \u00e9branler un semblant d\u2019apaisement.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-cover\"><span aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-cover__background has-background-dim\"><\/span><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"673\" class=\"wp-block-cover__image-background wp-image-25052\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Photo_Analyse_Burundi-1024x673.webp\" data-object-fit=\"cover\" srcset=\"https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Photo_Analyse_Burundi-1024x673.webp 1024w, https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Photo_Analyse_Burundi-300x197.webp 300w, https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Photo_Analyse_Burundi-768x505.webp 768w, https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Photo_Analyse_Burundi-jpg.webp 1200w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><div class=\"wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><em>Cr\u00e9dit : <a href=\"https:\/\/commons.wikimedia.org\/w\/index.php?title=User:Valebodnar&amp;action=edit&amp;redlink=1\">Valebodnar<\/a>_creative commons attribution: share alike 4.0 international<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son discours d\u2019investiture en 2020, le pr\u00e9sident du Burundi, \u00c9variste Ndayishimiye, a manifest\u00e9 une volont\u00e9 de mise en place de r\u00e9formes garantissant, entre autres, la bonne gouvernance, la libert\u00e9 d\u2019expression, la protection des droits humains et la lutte contre la corruption et l\u2019impunit\u00e9. Ces propos contrastaient avec sa campagne \u00e9lectorale, plac\u00e9e sous le signe de la continuit\u00e9 des politiques du pr\u00e9sident sortant, Pierre Nkurunziza, qu\u2019il comparait \u00e0 \u201cMo\u00efse\u201d et \u00e0 un \u201cguide permanent\u201d du pays. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis son \u00e9lection, E. Ndayishimiye a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 ses engagements afin de sortir le Burundi de l\u2019isolement, cette fois-ci au travers de son ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res Albert Shingiro. Le chef de la diplomatie burundaise s\u2019est ainsi attaqu\u00e9 \u00e0 la lourde t\u00e2che de remettre le Burundi sur une sc\u00e8ne r\u00e9gionale et internationale dont il avait \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 avec fracas apr\u00e8s la crise de 2015. Comment faire oublier ces centaines de Burundais\u00b7es qui ont <a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/afrique\/20220519-burundi-hrw-d%C3%A9nonce-des-exactions-commises-par-les-forces-de-d%C3%A9fense-et-de-s%C3%A9curit%C3%A9\">pay\u00e9 de leur libert\u00e9, voire de leur vie<\/a>, leur opposition au troisi\u00e8me mandat de feu P. Nkurunziza&nbsp;? Oublier, impossible. Mais sur l\u2019\u00e9chiquier politique international, o\u00f9 les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques jouent bien souvent le r\u00f4le principal, aucun souvenir ne peut r\u00e9sister \u00e0 une promesse de changement.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s plus d\u2019un an de consultations et de dialogue politique avec les membres de l\u2019UE, le Burundi parvient \u00e0 faire approuver sa feuille de route proposant des r\u00e9formes en faveur des droits humains et de la bonne gouvernance et de l\u2019\u00c9tat de droit. Le 08 f\u00e9vrier 2022, le Conseil europ\u00e9en l\u00e8ve les sanctions \u00e9conomiques prises en 2016 au titre de l\u2019article 96 de l\u2019accord de partenariat de Cotonou. La suspension de l\u2019aide financi\u00e8re directe \u00e0 l\u2019administration burundaise est alors abrog\u00e9e. \u00ab&nbsp;<em>La d\u00e9cision de lev\u00e9e des restrictions qui a \u00e9t\u00e9 prise aujourd\u2019hui est l\u2019aboutissement du processus politique entam\u00e9 lors des \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales de mai 2020, qui apporte une lueur d\u2019espoir \u00e0 la population du Burundi&nbsp;<\/em>\u00bb, peut-on lire dans <a href=\"https:\/\/www.consilium.europa.eu\/fr\/press\/press-releases\/2022\/02\/08\/burundi-eu-lifts-existing-restrictions-under-article-96-of-the-acp-eu-partnership-agreement\/#:~:text=17%3A20-,Burundi%3A%20l'UE%20l%C3%A8ve%20les%20restrictions%20au%20titre%20de%20l,administration%20ou%20aux%20institutions%20burundaises.\">un communiqu\u00e9 du Conseil<\/a>. Dans le m\u00eame communiqu\u00e9, l\u2019UE insiste sur \u00ab&nbsp;les d\u00e9fis qui subsistent encore&nbsp;\u00bb et sur&nbsp;\u00ab&nbsp;les nouveaux progr\u00e8s qui seraient b\u00e9n\u00e9fiques&nbsp;\u00bb \u00e0 accomplir par la mise en \u0153uvre de la feuille de route.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon le rapport de f\u00e9vrier 2023<a href=\"#_edn1\" id=\"_ednref1\">[i]<\/a> publi\u00e9 par l\u2019Initiative pour les droits humains au Burundi (IDHB), on a pu constater en 2022 une diminution des assassinats politiques, des disparitions forc\u00e9es et des cas de torture. Ces constats sont \u00e0 prendre avec des pincettes, compte tenu de la difficult\u00e9 existante pour la collecte de ces informations. IDHB a salu\u00e9 \u00e9galement les mesures administratives prises contre les autorit\u00e9s provinciales et locales accus\u00e9es de corruption et de d\u00e9tournement des fonds. Cependant, elle regrette, dans son rapport, l\u2019absence de condamnation des violations des droits civiques et politiques commises par les m\u00eames autorit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Le gouvernement burundais a montr\u00e9 des signes positifs, selon la communaut\u00e9 internationale, en lib\u00e9rant plusieurs journalistes, des d\u00e9fenseur\u00b7euses des droits humains et des prisonnier\u00b7\u00e8res politiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Des signes positifs, certes, qui ont tout de m\u00eame demand\u00e9 une pression sans rel\u00e2che des OSC (Organisations de la Soci\u00e9t\u00e9 Civile) europ\u00e9ennes, des chancelleries, de la diaspora burundaise et d\u2019autres institutions. Ce fut le cas, par exemple, pour la r\u00e9cente lib\u00e9ration de cinq d\u00e9fenseur\u00b7euses des droits humains qui avaient \u00e9t\u00e9 accus\u00e9\u00b7es de faits de \u00ab&nbsp;r\u00e9bellion, atteinte \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 int\u00e9rieure de l\u2019\u00c9tat et au bon fonctionnement des finances publiques&nbsp;\u00bb. H\u00e9las, le cas de la journaliste Floriane Irangabiye, condamn\u00e9e \u00e0 10 ans de prison apr\u00e8s un proc\u00e8s trouble, a de quoi entretenir une certaine m\u00e9fiance face aux discours d\u2019ouverture du gouvernement.<\/p>\n\n\n\n<p>En avril 2023, l\u2019arrestation de l\u2019ex-Premier ministre Alain-Guillaume Bunyoni pour atteinte \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a> a remis le Burundi sous le feu des projecteurs. Bien qu\u2019il s\u2019agisse en partie d\u2019une strat\u00e9gie de r\u00e9\u00e9quilibrage du pouvoir au sein du CNDD-FDD<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a>, l\u2019arrestation de l\u2019ancien patron de la police nationale est un geste fort vis-\u00e0-vis des&nbsp;\u00ab&nbsp;g\u00e9n\u00e9raux&nbsp;\u00bb. Toutefois, il n\u2019est pas poursuivi pour sa possible implication dans les violations des droits humains commises avant et apr\u00e8s 2015.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Vers le changement&nbsp;: entre promesses et r\u00e9alit\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<p>L\u00e0 o\u00f9 certain\u00b7es esp\u00e8rent un v\u00e9ritable changement de cap, d\u2019autres d\u00e9noncent un changement rh\u00e9torique.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Le <a href=\"https:\/\/www.amnesty.org\/fr\/documents\/afr16\/6092\/2022\/fr\/\">r\u00e9tr\u00e9cissement de l&rsquo;espace civique et d\u00e9mocratique<\/a> demeure une r\u00e9alit\u00e9. Les OSC progressent dans leurs missions avec prudence, par crainte d&rsquo;\u00eatre radi\u00e9es et les journalistes craignent, quant \u00e0 eux, de perdre leur accr\u00e9ditation. L&rsquo;approche des \u00e9lections l\u00e9gislatives en 2025 et pr\u00e9sidentielles en 2027 pourrait sonner le glas d\u2019un semblant de tr\u00eave sociale instaur\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Le risque de retour vers un nouveau cycle de violences n&rsquo;est pas \u00e0 exclure.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;impunit\u00e9 et la corruption sont syst\u00e9miques et nourrissent des conflits latents de longue date. L&rsquo;opposition politique et les initiatives de contestation citoyenne sont d\u00e9munies face \u00e0 unau CNDD-FDD, qui garde la main mise sur toutes les juridictions de l&rsquo;\u00c9tat. De la magistrature \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale, en passant par les mouvements de jeunesse et l&rsquo;administration des collines, l&rsquo;\u00c9tat est inf\u00e9od\u00e9 au parti au pouvoir.&nbsp;Dans la m\u00eame logique, le travail de la CVR (Commission V\u00e9rit\u00e9 et R\u00e9conciliation) est accus\u00e9 de manque d\u2019impartialit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, l\u00e0 o\u00f9 il n&rsquo;y a pas de v\u00e9ritable s\u00e9paration des pouvoirs, on ne peut parler ni de bonne gouvernance ni d&rsquo;\u00c9tat de droit. Au stade actuel les conditions ne sont pas encore r\u00e9unies pour la future organisation d&rsquo;\u00e9lections transparentes, cr\u00e9dibles et apais\u00e9es.&nbsp;De surcro\u00eet, en d\u00e9pit des am\u00e9liorations observ\u00e9es ces derni\u00e8res ann\u00e9es, des OSC nationales et internationales continuent \u00e0 faire \u00e9tat de cas de torture, d\u2019enl\u00e8vements, de viols, de disparitions forc\u00e9es, d\u2019ex\u00e9cutions extrajudiciaires et de d\u00e9tentions arbitraires. \u00c0 titre d\u2019exemple, <a href=\"https:\/\/www.acatburundi.org\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Rapport-de-monitoring-des-violations-et-atteintes-aux-droits-humains-recense-par-ACAT-Burundi-pour-mai-2023.pdf\">durant le mois de mai 2023<\/a>, ACAT-Burundi<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a> a d\u00e9compt\u00e9 19 cas d\u2019assassinats, 2 cas d\u2019enl\u00e8vements, 14 cas d\u2019arrestations arbitraires et 10 cas d\u2019atteintes \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 physique. Cela sans oublier les m\u00e9canismes d&rsquo;obstruction du gouvernement \u00e0 l&rsquo;encontre des enqu\u00eates internationales. L&rsquo;interdiction d&rsquo;acc\u00e8s au territoire \u00e9mise contre le Rapporteur de l&rsquo;ONU pour les droits humains au Burundi en est la parfaite illustration.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Retours\u2026volontaires&nbsp;?<\/h3>\n\n\n\n<p>Le gouvernement burundais invoque un autre argument fort pour redorer son image aupr\u00e8s des bailleurs de fonds internationaux&nbsp;: le nombre de <a href=\"https:\/\/www.caritasinternational.be\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/FR_Caritas_ALLG-2_web-1.pdf?x85572\">rapatriements des Burundais et Burundaises en exil<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s Martin Nitereka, ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, de la S\u00e9curit\u00e9 publique et du D\u00e9veloppement communautaire, le nombre de retours volontaires s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 200&nbsp;000 personnes depuis 2017. Les statistiques des retours volontaires ont \u00e9t\u00e9 favorables \u00e0 la lev\u00e9e des sanctions en f\u00e9vrier 2022 par l\u2019UE. Or, la g\u00e9n\u00e9ralisation de la notion de retour \u00ab&nbsp;volontaire&nbsp;\u00bb laisse \u00e0 d\u00e9sirer. Un grand nombre de Burundais\u00b7es r\u00e9fugi\u00e9\u00b7es en Tanzanie ont <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/fr\/news\/2019\/10\/29\/tanzanie-des-demandeurs-dasile-contraints-retourner-au-burundi\">\u00e9t\u00e9 rapatri\u00e9\u00b7es de force<\/a> apr\u00e8s avoir fait l\u2019objet de violations flagrantes de leurs droits humains. Certain\u00b7es n\u2019ont pas eu d\u2019autre choix du fait de l\u2019aggravation des conflits dans les pays voisins. D\u2019apr\u00e8s l\u2019ONU il y aurait encore 256 779 &nbsp;Burundais\u00b7es en exil dans la r\u00e9gion. Ces chiffres sont sensiblement plus importants, \u00e9tant donn\u00e9 le nombre de d\u00e9parts et de retours qui ne passent ni par les&nbsp;proc\u00e9dures officielles ni par l&rsquo;enregistrement aupr\u00e8s du HCR. Les campagnes de rapatriement men\u00e9es, par exemple au Rwanda, et les discours accueillants du gouvernement se heurtent \u00e0 la m\u00e9fiance des candidat\u00b7es au retour, qui mettent en doute les garanties s\u00e9curitaires, jug\u00e9es insuffisantes.<\/p>\n\n\n\n<p>De part et d&rsquo;autre des pays frontaliers du Burundi, des r\u00e9fugi\u00e9\u00b7es ont signal\u00e9 des incursions d&rsquo;intimidation des <em>Imbonerakure<\/em> dans les camps des r\u00e9fugi\u00e9\u00b7es. Ce mouvement de jeunesse affili\u00e9 au CNDD-FDD &nbsp;ferait pression sur les opposant\u00b7es politiques et les d\u00e9fenseur\u00b7euses des droits humains en exil, pour qu&rsquo;ils et elles adh\u00e8rent enti\u00e8rement au parti au pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9installation et r\u00e9int\u00e9gration des rapatri\u00e9\u00b7es dans leurs communaut\u00e9s repr\u00e9sentent un d\u00e9fi colossal. En effet, le Burundi reste meurtri par l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire, le ch\u00f4mage, l&rsquo;accaparement des terres, les faibles taux de scolarit\u00e9, les conflits fonciers et l&rsquo;extr\u00eame pauvret\u00e9. Cette situation g\u00e9n\u00e9rale, conjugu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;instrumentalisation politique des jeunes et des appartenances ethniques, est propice \u00e0 la r\u00e9surgence des conflits pass\u00e9s et en cours. De plus, les discours de haine se normalisent, v\u00e9hicul\u00e9s par certaines figures politiques, m\u00e9diatiques et par les r\u00e9seaux sociaux. La coh\u00e9sion nationale, indispensable \u00e0 la consolidation d&rsquo;une paix durable au Burundi, reste fragile dans un tissu social qui a \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 rude \u00e9preuve durant plusieurs d\u00e9cennies.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un monde o\u00f9 les crises internationales de tout genre se bousculent, les enjeux nationaux de certains pays semblent tomber aux oubliettes. C\u2019est, en tout cas, le sentiment d\u2019un grand nombre de Burundais et Burundaises, qui voient l\u2019actualit\u00e9 de leur pays \u00e9clips\u00e9e par celle des guerres lointaines ou par les conflits arm\u00e9s ou diplomatiques qui se d\u00e9roulent dans les pays voisins. Les conflits au Soudan, en Ukraine et dans la RD Congo y sont actuellement pour quelque chose. Or, les nombreux cycles de violence qui ont touch\u00e9 le Burundi ont d\u00e9montr\u00e9 \u00e0 quel point sa stabilit\u00e9 et celle de la sous-r\u00e9gion des Grands Lacs sont \u00e9troitement li\u00e9es. C\u2019est l\u2019une des raisons pour lesquelles le Burundi ne devrait, en aucune circonstance, \u00eatre ray\u00e9 de la liste des priorit\u00e9s de la communaut\u00e9 internationale. Notamment de celle de la Belgique qui, en tant que membre de l\u2019Union europ\u00e9enne, fait partie des \u00c9tats garants des Accords d\u2019Arusha pour la paix et la r\u00e9conciliation au Burundi sign\u00e9s le 28 ao\u00fbt 2000.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous devons faire preuve de vigilance en ce qui concerne les garanties s\u00e9curitaires promises par le gouvernement aux candidat\u00b7es au retour, afin que ces dernier\u00b7\u00e8res puissent retourner sans crainte pour leur int\u00e9grit\u00e9 physique. De plus, dans ce nouveau contexte d\u2019ouverture, la Belgique et l\u2019UE doivent s\u2019assurer que les fonds destin\u00e9s \u00e0 la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement b\u00e9n\u00e9ficient directement aux citoyens et citoyennes du pays. Il est tout aussi indispensable de soutenir les initiatives des organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile locales qui \u0153uvrent pour la paix et pour la d\u00e9fense des droits humains. Nous, citoyens et citoyennes, pouvons aussi encourager les m\u00e9dias et nos repr\u00e9sentant\u00b7es politique \u00e0 rester alertes sur ce qui se passe au Burundi.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de toute consid\u00e9ration g\u00e9opolitique, il y a une raison qui ne pourrait jamais rester dans l\u2019ombre\u00a0: le droit inali\u00e9nable \u00e0 la vie, \u00e0 la dignit\u00e9 et \u00e0 la paix de tous les Burundais et Burundaises. En ce compris les citoyens et citoyennes qui ont \u00e9t\u00e9 forc\u00e9\u00b7es \u00e0 l\u2019exil et qui attendent, parfois avec un espoir ind\u00e9fectible, que les conditions soient r\u00e9unies pour ouvrir de nouveau les portes de leurs maisons.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Alejandra Mejia Cardona.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement arr\u00eat\u00e9 pour atteinte au bon fonctionnement de l\u2019\u00e9conomie nationale et pour la prise ill\u00e9gale d\u2019int\u00e9r\u00eat. Cette arrestation a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e par celle de son bras droit, D\u00e9sir\u00e9 Uwamahoron.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Conseil national pour la d\u00e9fense de la d\u00e9mocratie &#8211; Forces de d\u00e9fense de la d\u00e9mocratie<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"_ftn3\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Action des Chr\u00e9tiens pour l\u2019abolition de la torture au Burundi.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>This analysis aims to put Burundi&#039;s political and democratic issues back on the agenda.<\/p>","protected":false},"author":57,"featured_media":25052,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_seopress_robots_primary_cat":"2696","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[2696,2722,2719],"tags":[2794,2698,2824,3059],"class_list":["post-25050","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-articles-nos-publications","category-nos-publications","tag-afrique-centrale","tag-burundi","tag-droits-humains","tag-paix"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25050","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/57"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=25050"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25050\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/25052"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=25050"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=25050"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=25050"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}