{"id":23879,"date":"2022-10-28T15:30:02","date_gmt":"2022-10-28T13:30:02","guid":{"rendered":"https:\/\/www.justicepaix.be\/?p=23879"},"modified":"2022-11-07T09:55:13","modified_gmt":"2022-11-07T08:55:13","slug":"the-decolonization-of-belgian-public-space","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/la-decolonisation-de-lespace-public-belge\/","title":{"rendered":"The decolonization of Belgian public space"},"content":{"rendered":"\n<p>La d\u00e9colonisation de l\u2019espace public belge est un enjeu de nature territoriale, soci\u00e9tale et \u00e9thique, qui prend une place importante dans le d\u00e9bat public belge. Mais quel est ce concept ? Pourquoi cette question fait-elle d\u00e9bat ? Est-ce que des changements sont \u00e0 l\u2019\u0153uvre ? Quelles solutions pourraient faire consensus ? Tentons de r\u00e9pondre \u00e0 ces questions !<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-cover\"><span aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-cover__background has-background-dim\"><\/span><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"649\" height=\"1024\" class=\"wp-block-cover__image-background wp-image-23880\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/Belgique_-_Bruxelles_-_Monument_au_general_Storms_-_04-649x1024.jpg\" style=\"object-position:50% 11%\" data-object-fit=\"cover\" data-object-position=\"50% 11%\"\/><div class=\"wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">INTRODUCTION<\/h3>\n\n\n\n<p>Depuis 2020, le th\u00e8me de la d\u00e9colonisation de l\u2019espace public est tr\u00e8s pr\u00e9sent dans les d\u00e9bats publics et politiques en Belgique. En effet, les revendications citoyennes demandant de d\u00e9coloniser l\u2019espace public des villes belges ont pris une ampleur spectaculaire avec la r\u00e9surgence du mouvement <em>Black Lives Matter<\/em>, survenue \u00e0 la mort de George Floyd, le 25&nbsp;mai 2020. Cet homme, Afro-Am\u00e9ricain, a succomb\u00e9 \u00e9touffer sous le genou d\u2019un policier qui tentait de l\u2019interpeler&#8230; Cet \u00e9v\u00e8nement a \u00e9t\u00e9 le d\u00e9clencheur d\u2019une s\u00e9rie de manifestations d\u00e9nomm\u00e9es&nbsp;: \u00ab&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.lesoir.be\/310010\/article\/2020-06-28\/generation-decolonisation-ces-militants-qui-font-trembler-leopold-ii\"><em>Black Lives Matter<\/em><\/a><em>&nbsp;\u00bb <\/em>(BLM) lors desquelles les <a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a> demandaient la fin du racisme structurel et des violences polici\u00e8res envers les Noirs, mais \u00e9galement une reconstruction de l\u2019espace public fortement empreint de r\u00e9f\u00e9rences qui glorifient la p\u00e9riode coloniale au Congo, au Rwanda et au Burundi<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a>dans le sens des manifestations pour entamer une r\u00e9flexion autour de la question et proposer des recommandations. Celui-ci a sorti son <a href=\"https:\/\/cloud.urban.brussels\/s\/b624cNZqZy6XXNr\">rapport<\/a>. Mais ce rapport annonce-t-il le lancement d\u2019une r\u00e9elle reconstruction d\u00e9coloniale<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a> public bruxellois et, plus largement, belge ? Toutefois, pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question et \u00e9claircir quelque peu le d\u00e9bat, d\u2019autres points m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre abord\u00e9s dans un premier temps.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><a><\/a>QUE PEUT-ON ENTENDRE PAR LA \u00ab\u2009D\u00c9COLONISATION DE L\u2019ESPACE PUBLIC\u2009\u00bb\u2009?<\/h3>\n\n\n\n<p>Dans un premier temps, pour parler de la d\u00e9colonisation de l\u2019espace public, il est int\u00e9ressant de revenir sur la d\u00e9finition de la \u00ab\u2009d\u00e9colonisation\u2009\u00bb. Le rapport \u00ab\u2009<em>Vers la D\u00e9colonisation de l\u2019espace public en R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale<\/em>\u2009\u00bb explique l\u2019action de d\u00e9coloniser comme le \u00ab\u2009processus historique de lib\u00e9ration des peuples colonis\u00e9s de la domination de leurs colonisateurs\u2009\u00bb<a id=\"_ftnref4\" href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>. Malgr\u00e9 la justesse que peut laisser transparaitre cette d\u00e9finition, elle se pr\u00eate, plus particuli\u00e8rement, aux actions de d\u00e9colonisation \u00e0 l\u2019\u0153uvre durant la p\u00e9riode des ind\u00e9pendances et post-ind\u00e9pendances des ann\u00e9es&nbsp;1960. Dans ce cadre-ci, il est donc pr\u00e9f\u00e9rable de s\u2019attacher \u00e0 une d\u00e9finition plus globale \u00e0 l\u2019instar de celle propos\u00e9e par le Collectif M\u00e9moire Coloniale et Lutte contre les Discriminations (CMCLCD) dans une lettre adress\u00e9e aux parlementaires bruxellois le 14&nbsp;juin 2021&nbsp;: <em>la d\u00e9colonisation est \u00ab\u2009la rupture totale ou en cours avec toute persistance ou r\u00e9miniscence du fait colonial dans tous ses aspects humains, philosophiques, culturels, politiques, \u00e9conomiques, sociaux ou scientifiques\u2009<\/em>\u00bb.&nbsp; Ensuite, il est important de pr\u00e9ciser ce que l\u2019on entend par \u00ab\u2009espace public\u2009\u00bb<a id=\"_ftnref5\" href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>. C\u2019est un \u00ab\u2009espace partag\u00e9 entre les citoyen.nes, en ce sens qu\u2019il peut \u00eatre accessible, directement ou indirectement, par toutes et tous ou qu\u2019il peut \u00eatre un lieu de relations ou d\u2019interactions sociales entre toutes et tous\u2009\u00bb<a id=\"_ftnref6\" href=\"#_ftn6\">[6]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Pour reprendre les termes du Collectif M\u00e9moire coloniale (CMCLCD), cette d\u00e9colonisation doit se voir comme \u00ab\u2009une rupture ou une d\u00e9construction (par contextualisation par exemple) dudit espace et de ce qui y est \u00e0 d\u00e9coloniser, \u00e0 savoir les publications \u00e0 caract\u00e8re politique, culturel, anthropologique ayant eu ou ayant toujours pour but d\u2019ali\u00e9ner une partie de la population et de la faire adh\u00e9rer activement ou passivement au fait colonial\u2009\u00bb.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 pr\u00e9sent, cet \u00e9clairage nous permet d\u2019appr\u00e9hender plus facilement la notion de la d\u00e9colonisation de l\u2019espace public. L\u2019id\u00e9e est de reconstruire l\u2019espace public, en ayant \u00e0 l\u2019esprit que la construction actuelle des choses est exclusive et in\u00e9gale \u00e0 l\u2019\u00e9gard de certain.e.s citoyen.ne.s. \u00c0 l\u2019heure actuelle, l\u2019espace public est parsem\u00e9 de nombreuses r\u00e9f\u00e9rences coloniales, illustrant des relations in\u00e9gales et racialis\u00e9es entre les individus anciennement colonisateurs et colonis\u00e9s. L\u2019objectif n\u2019est pas de supprimer toutes les traces de l\u2019histoire coloniale qui constituent l\u2019espace public, mais plut\u00f4t de les adapter pour mettre en avant l\u2019histoire de la colonisation sous tous ses angles, rappelant et comm\u00e9morant l\u2019histoire des personnes colonis\u00e9es comme celle des personnes colonisatrices. L\u2019objectif final \u00e9tant la pacification des esprits et la r\u00e9conciliation de ces personnes.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><a><\/a>REVENDICATIONS ET D\u00c9CISIONS PRISES POUR D\u00c9COLONISER L\u2019ESPACE PUBLIC BELGE<\/h3>\n\n\n\n<p>Bien que les mouvements de d\u00e9colonisation ne datent pas d\u2019hier, la volont\u00e9 de d\u00e9coloniser notre espace public prend une grande place dans le d\u00e9bat public actuel. Nous pouvons noter, d\u2019une part, que plusieurs actions de contestation citoyenne avaient d\u00e9j\u00e0 remis en question les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l\u2019histoire coloniale belge. D\u2019autre part, certaines d\u00e9cisions communales et r\u00e9gionales avaient \u00e9galement propos\u00e9 de nouveaux am\u00e9nagements pour rendre plus objective et moins pol\u00e9mique, la repr\u00e9sentation de la colonisation dans l\u2019espace public. \u00c0 cet \u00e9gard, une multitude d\u2019exemples peuvent \u00eatre donn\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9j\u00e0 en 1919, alors que l\u2019Union congolaise<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a> \u0153uvrait pour une plus large reconnaissance des combattants congolais ayant servi durant la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Paul Panda Farnana, fondateur de l\u2019Union, parvient \u00e0 faire \u00e9riger un monument m\u00e9moriel en l\u2019honneur du soldat congolais inconnu. En 1986, l\u2019auteure congolaise Ekanga Shungu \u00e9crit <em>L\u2019Afrique noire \u00e0 Bruxelles<\/em> et y d\u00e9crit le quartier de Matonge comme le carrefour de toutes les ethnies africaines. Quant aux balades d\u00e9coloniales, les premi\u00e8res datent de 1994, quand le Centre communautaire Elzenhof d\u2019Ixelles organisait des promenades pour mettre en lumi\u00e8re les r\u00e9f\u00e9rences coloniales \u00e0 Matonge. L\u2019ONG, <em>Coop\u00e9ration \u00c9ducation Culture<\/em> (<a href=\"https:\/\/www.cec-ong.org\/\">CEC<\/a>), en partenariat avec des repr\u00e9sentants de la soci\u00e9t\u00e9 civile de Matonge initie la premi\u00e8re fresque d\u2019art contemporain africain dans l\u2019espace public bruxellois. Pour cette occasion, c\u2019est le peintre congolais Cheri Samba, qui r\u00e9alise un tableau gigantesque intitul\u00e9 \u00ab\u2009<a href=\"https:\/\/www.cec-ong.org\/cec-depuis-1977\/la-porte-de-namur-la-porte-de-l-amour\/\">Matonge-Ixelles. Porte de Namur&nbsp;! Porte de l\u2019Amour\u2009?<\/a>\u2009\u00bb. En 2002, l\u2019artiste plasticien, Toma Muteba Luntumbue, avait couvert la statue du g\u00e9n\u00e9ral Storms au square de Mee\u00fbs et le Monument aux Pionniers belges au Congo dans le parc du Cinquantenaire de draps rouge sang, pour s\u2019opposer \u00e0 la glorification du pass\u00e9 colonial belge dans son espace public. En dehors de Bruxelles, cet \u00e9lan d\u00e9colonial prend \u00e9galement ses marques. Par exemple, en 2006, le Comit\u00e9 pour l\u2019Abolition des Dettes ill\u00e9gitimes (CADTM) avait fait campagne pour que la ville de Li\u00e8ge retire la plaque comm\u00e9morative de l\u2019h\u00f4tel de ville, en l\u2019honneur des Li\u00e9geois \u00ab\u2009morts pour la civilisation\u2009\u00bb. D\u2019ailleurs, ce sont justement certain.e.s membres du CADTM qui ont cr\u00e9\u00e9s le Collectif M\u00e9moires Coloniales, en 2008. Leur objectif \u00e9tait de reconstruire l\u2019espace public autour d\u2019une repr\u00e9sentation prenant en compte les aspects n\u00e9gatifs de la colonisation et int\u00e9grant les figures oubli\u00e9es de cette \u00e9poque<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\">[8]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour le 50<sup>e<\/sup>&nbsp;anniversaire de l\u2019ind\u00e9pendance du Congo, Lucas Catherine publie son ouvrage <em>Promenades au Congo. Petit guide anticolonial de Belgique <\/em>qui, comme l\u2019indique le titre, propose des balades visitant le pass\u00e9 colonial belge au travers de son patrimoine, sous un angle novateur et critique. En 2015, une manifestation \u00e0 Tr\u00f4ne autour de la statue \u00e9questre de L\u00e9opold&nbsp;II s\u2019oppose \u00e0 l\u2019hommage que la ville de Bruxelles veut rendre au deuxi\u00e8me roi des Belges, et fait suspendre l\u2019\u00e9v\u00e8nement. En 2017, un groupe de travail est form\u00e9 par le conseil communal d\u2019Anderlecht pour contextualiser certains \u00e9difices coloniaux constituant l\u2019espace public anderlechtois. Dans le courant de l\u2019ann\u00e9e&nbsp;2018, plusieurs statues \u00e0 la gloire de L\u00e9opold&nbsp;II sont saccag\u00e9es \u00e0 Bruxelles et dans le m\u00eame temps, l\u2019association Belgian Afro-Descendants Muntu Committee (BAMKO) veut mettre Patrice Lumumba \u00e0 l\u2019honneur et \u00e9rige une statue itin\u00e9rante du premier Premier ministre congolais dans Bruxelles. Mais, l\u2019ann\u00e9e&nbsp;2018 est \u00e9galement l\u2019ann\u00e9e de l\u2019inauguration du square Lumumba \u00e0 Bruxelles et de quelques changements de noms de rues en Wallonie pour honorer certaines figures historiques congolaises<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\">[9]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Au vu de tous ces exemples, il est clair que cette volont\u00e9 de d\u00e9coloniser l\u2019espace public n\u2019est pas aussi r\u00e9cente qu\u2019on peut le croire. Malgr\u00e9 tout, l\u2019ann\u00e9e&nbsp;2020 a marqu\u00e9 les esprits car ce mouvement de d\u00e9colonisation n\u2019avait jamais pris une telle ampleur. Tout d\u2019abord, une p\u00e9tition, lanc\u00e9e \u00e0 la fin du mois de mai 2020 et s\u2019attaquant aux statues de L\u00e9opold&nbsp;II, a rassembl\u00e9 plus de 20000&nbsp;signatures en moins d\u2019une semaine. Ensuite, malgr\u00e9 les restrictions sanitaires mises en place \u00e0 cause de la propagation du Covid-19, plusieurs rassemblements dans les villes de Bruxelles, Gand et Li\u00e8ge ont lieu sans autorisation entre le 1<sup>er<\/sup> et le 6&nbsp;juin 2020. Le 7&nbsp;juin, une manifestation, cette fois-ci autoris\u00e9e par les autorit\u00e9s de Bruxelles et regroupant plus de 10 000&nbsp;personnes, a pu d\u00e9noncer une fois de plus le racisme structurel et la construction coloniale de l\u2019espace public. Durant ces manifestations, plusieurs statues comm\u00e9morant le pass\u00e9 colonial ont \u00e9t\u00e9 vandalis\u00e9es, souvent peintes en rouge sang ou enlev\u00e9es de leur socle. Plusieurs autorit\u00e9s communales ou universitaires ont \u00e9galement d\u00e9cid\u00e9 de retirer certaines <a href=\"http:\/\/asbl-csce.be\/journal\/Ensemble103decoloniedossier\">statues ou r\u00e9f\u00e9rences coloniales<\/a>, comme la commune de Hal ou d\u2019Auderghem ou l\u2019Universit\u00e9 de Louvain ou de Mons<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\">[10]<\/a>. Pour terminer, en juin 2022, la commune d\u2019Ixelles a retir\u00e9 la <a href=\"https:\/\/www.memoirecoloniale.be\/actualites\/retrait-de-la-statue-du-general-emile-storms-de-lespace-public\">statue d\u2019Emile Storms<\/a>, du Square de Mee\u00fbs, et l\u2019a plac\u00e9 dans le mus\u00e9e d\u2019Ixelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour conclure cette partie, il est int\u00e9ressant de se demander pourquoi il est si important de d\u00e9coloniser l\u2019espace public. L\u2019espace public belge et encore plus bruxellois, est empreint de nombreuses r\u00e9f\u00e9rences glorifiantes et faisant la promotion l\u2019entreprise coloniale. Ces statues, places et noms de rues ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7us pour justifier l\u2019importance des projets coloniaux aux yeux de la population belge. Malheureusement, cette mise en avant du projet colonial permet, toujours \u00e0 l\u2019heure actuelle, de perp\u00e9tuer ses id\u00e9es racistes et discriminatoires h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation dans l\u2019opinion publique belge. De ce fait, beaucoup d\u2019Afrodescendant.e.s sont mal \u00e0 l\u2019aise et r\u00e9volt\u00e9.e.s de cet imaginaire raciste, st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9 et colonial que la Belgique continue d\u2019exposer. Certains \u00e9l\u00e9ments du patrimoine belge sont donc synonymes de profonds malaises identitaires et soci\u00e9taux pour une partie de la population, et par cons\u00e9quent, il est primordial de reconstruire l\u2019espace public de fa\u00e7on plus inclusive et moderne.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><a><\/a>DU CHANGEMENT EN R\u00c9GION BRUXELLOISE\u2009?<\/h3>\n\n\n\n<p><a><\/a>Le 17&nbsp;juillet 2020, le parlement bruxellois a adopt\u00e9 la proposition de r\u00e9solution \u00ab\u2009relative \u00e0 la d\u00e9colonisation structurelle et inclusive de l\u2019espace public bruxellois\u2009\u00bb<a href=\"#_ftn11\" id=\"_ftnref11\">[11]<\/a>, en reconnaissant la d\u00e9colonisation de l\u2019espace public comme l\u2019objectif d\u2019une politique publique. M\u00eame s\u2019il s\u2019agit principalement d\u2019une d\u00e9claration d\u2019intention, cette r\u00e9solution est, pour l\u2019instant, le premier engagement politique qui va dans ce sens. Gr\u00e2ce \u00e0 cette r\u00e9solution, les d\u00e9put\u00e9.e.s bruxellois.es ont donc demand\u00e9 au gouvernement bruxellois de prendre des d\u00e9cisions et de mettre en \u0153uvre cet objectif. Le Secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat de l\u2019Urbanisme et du Patrimoine, Pascal Smet, a, en fin d\u2019ann\u00e9e&nbsp;2020, constitu\u00e9 un groupe de travail et les a charg\u00e9s de proposer des recommandations. Ce groupe de travail a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 de quatre membres des administrations bruxelloises et de seize membres du secteur associatif. Leur rapport est sorti en f\u00e9vrier 2022 et affirme la th\u00e8se suivante&nbsp;: \u00ab\u2009<em>Depuis la fin du XIXe&nbsp;si\u00e8cle, l\u2019espace public de Bruxelles a \u00e9t\u00e9 jalonn\u00e9 d\u2019\u00e9l\u00e9ments cr\u00e9\u00e9s dans une perspective unilat\u00e9rale et propagandiste qui reposait sur un certain nombre de mythes et de faits historiquement contestables et qui ne tient \u00e9videmment pas compte de l\u2019interpr\u00e9tation ni de la pr\u00e9sence des sujets coloniaux et de leurs descendants. Cet espace public n\u2019est actuellement plus adapt\u00e9 \u00e0 la vision des habitants actuels de Bruxelles comme en t\u00e9moignent les mobilisations d\u2019activistes depuis de longues ann\u00e9es. Ce qui \u00e9tait normal hier ne l\u2019est plus aujourd\u2019hui<\/em>\u2009\u00bb<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\">[12]<\/a>. Celui-ci retrace l\u2019histoire coloniale et donne \u00e9galement des strat\u00e9gies d\u2019intervention, des rep\u00e8res juridiques et recommandations pour parvenir \u00e0 reconstruire l\u2019espace public de mani\u00e8re d\u00e9coloniale. Ces recommandations proposent plusieurs projets et actions pour arriver \u00e0 une repr\u00e9sentation plus \u00e9quilibr\u00e9e faisant \u00e9galement r\u00e9f\u00e9rence aux personnes congolaises, rwandaises et burundaises ayant subi et lutt\u00e9 contre la colonisation.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Selon le rapport, ce travail devrait commencer par la mise en place d\u2019un dialogue entre les citoyen.ne.s, le monde associatif et les autorit\u00e9s locales concern\u00e9es. Un dialogue, pour d\u00e9cortiquer, de mani\u00e8re critique, le r\u00e9cit colonial actuel, en proposant des \u00ab\u2009contre-r\u00e9cits\u2009\u00bb et des solutions qui assurent la visibilit\u00e9 des afrodescendant\u00b7e\u00b7s, sans pour autant effacer l\u2019autre pan de l\u2019histoire coloniale. Par la suite, ce processus participatif devra amener \u00e0 instituer un travail de m\u00e9moire plus global sur le pass\u00e9 colonial. Le changement des noms de rues, de places, de tunnels et d\u2019arr\u00eats ainsi qu\u2019une journ\u00e9e comm\u00e9morative, un centre de documentations, un monument et un espace m\u00e9moriel en l\u2019honneur des victimes de l\u2019entreprise coloniale font partie des recommandations plus concr\u00e8tes donn\u00e9es par le groupe de travail. De plus, le rapport pr\u00e9conise de continuer et de multiplier les initiatives de sensibilisation du secteur associatif, animant le d\u00e9bat autour de ce th\u00e8me<a href=\"#_ftn13\" id=\"_ftnref13\">[13]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><a><\/a>COMMENT FAIRE CONSENSUS\u2009?<\/h3>\n\n\n\n<p>Au regard des recommandations propos\u00e9es par le rapport bruxellois et des revendications lanc\u00e9es par les acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile comme le CMCLCD, BAMKO ou Intal, nombreuses initiatives existent pour vider l\u2019espace public belge des signes \u00e9vidents de la colonisation. N\u00e9anmoins, il n\u2019est pas simple de s\u2019accorder sur des solutions p\u00e9rennes et proportionn\u00e9es satisfaisant tout le monde. Dans cette derni\u00e8re partie, nous allons donc passer en revue toutes ces id\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, certains mouvements militants voudraient retirer et placer dans des mus\u00e9es de multiples monuments coloniaux pour en finir avec la glorification de ces figures de la colonisation, telles que le Roi L\u00e9opold&nbsp;II ou encore le G\u00e9n\u00e9ral Storms, dont la plupart des statues sont plac\u00e9es dans des lieux significatifs de la capitale belge<a href=\"#_ftn14\" id=\"_ftnref14\">[14]<\/a>, par exemple. Certains militants de la soci\u00e9t\u00e9 civile, de mani\u00e8re plus radicale, parlent \u00e9galement de <strong><em>d\u00e9truire ces statues et de les remplacer<\/em><\/strong> par des sculptures \u00e0 l\u2019image des figures africaines de la colonisation. Mais est-ce que le retrait et le remplacement de ces \u00e9difices permettra une reconstruction juste et proportionn\u00e9e de l\u2019espace public\u2009? De nombreux historiens, comme une large partie de la population belge, contestent cette id\u00e9e et s\u2019opposent cat\u00e9goriquement \u00e0 la destruction de ce patrimoine<a href=\"#_ftn15\" id=\"_ftnref15\">[15]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un autre ordre d\u2019id\u00e9es, plusieurs organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile proposent d\u2019apposer un texte de <strong><em>contextualisation<\/em><\/strong> sur les monuments coloniaux pour expliquer pourquoi cette statue a \u00e9t\u00e9 \u00e9difi\u00e9e et \u00e0 quoi celle-ci fait r\u00e9f\u00e9rence, comme cela s\u2019est d\u00e9j\u00e0 fait dans certaines localit\u00e9s. Cependant, la mani\u00e8re de \u00ab\u2009contextualiser\u2009\u00bb devra \u00eatre d\u00e9cid\u00e9e de mani\u00e8re participative et coordonn\u00e9e entre les diff\u00e9rents acteur.rice.s li\u00e9.e.s \u00e0 cette question. Pour d\u2019autres, cette contextualisation devrait s\u2019accompagner d\u2019une <strong><em>\u00e9volution artistique<\/em><\/strong> des \u0153uvres coloniales. Par exemple, les autorit\u00e9s en charge de reconstruire l\u2019espace public pourraient demander \u00e0 des artistes congolais.es, rwandais.es ou burundais.es d\u2019ajouter une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des h\u00e9ro.\u00efne.s, victimes ou r\u00e9sistant.e.s de la colonisation sur des \u00e9difices d\u00e9j\u00e0 existants. Sans oublier que cette contextualisation devrait toucher toutes les r\u00e9f\u00e9rences coloniales de l\u2019espace public, c\u2019est-\u00e0-dire, les statues, les m\u00e9moriaux, les noms de rues, de places, de tunnels, d\u2019arr\u00eats de bus, de tram, de m\u00e9tro et de train<a href=\"#_ftn16\" id=\"_ftnref16\">[16]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, <strong><em>l\u2019\u00e9rection de statues en l\u2019honneur des figures de l\u2019ind\u00e9pendance, de personnages de la r\u00e9sistance et de victimes de la p\u00e9riode coloniale<\/em><\/strong> serait \u00e9galement une strat\u00e9gie pour diversifier et d\u00e9coloniser le patrimoine belge. Le premier pas dans cette direction s\u2019est vu en juin 2018, avec l\u2019inauguration du square Patrice Lumumba situ\u00e9 \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du quartier Matonge, dans la commune d\u2019Ixelles (\u00e0 Porte de Namur). D\u2019ailleurs, cette id\u00e9e s\u2019accompagne, pour certain.e.s, d\u2019une volont\u00e9 d\u2019\u00e9riger un <strong><em>m\u00e9morial en hommage aux victimes de l\u2019imp\u00e9rialisme colonial<\/em><\/strong>. Bien que ce genre de projet permettrait une certaine d\u00e9colonisation de l\u2019espace public, le d\u00e9put\u00e9 Ecolo, Kalvin Soiresse, attirait l\u2019attention sur le fait de ne pas dessiner les congolais.es, rwandais.es ou burundais.es seulement comme de \u00ab\u2009simples victimes passives\u2009\u00bb de la colonisation. Effectivement, les populations colonis\u00e9es se sont \u00e9galement constitu\u00e9es en r\u00e9sistance contre l\u2019entreprise coloniale et leurs rendre hommage seulement en tant que victimes effacerait leur juste souvenir. De ce fait et dans le but de p\u00e9renniser la recherche autour de ce th\u00e8me, le CMCLD mettait en avant le souhait d\u2019am\u00e9nager un \u00ab\u2009<strong><em>institut pour la m\u00e9moire de la colonisation<\/em><\/strong>\u2009\u00bb. Cet institut sensibiliserait, informerait et formerait tout public \u00e0 l\u2019histoire de la colonisation et entretiendrait le dialogue et la recherche sur la d\u00e9colonisation<a href=\"#_ftn17\" id=\"_ftnref17\">[17]<\/a>. En outre, les membres de l\u2019association <a href=\"https:\/\/www.bamko.org\/_files\/ugd\/3d95e3_34509e7c4c7b4e8991466da90720ad5a.pdf\">BAMKO<\/a>, propose de diversifier les personnes que l\u2019on met en avant dans l\u2019espace public, fatalement en int\u00e9grant des figures africaines, mais \u00e9galement en incluant des femmes.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>En d\u00e9pit de ces nombreuses propositions, il est difficile de d\u00e9finir quelles seraient pr\u00e9cis\u00e9ment les meilleures solutions pour d\u00e9coloniser l\u2019espace public belge. N\u00e9anmoins, avec toutes ces pistes d\u2019action et la continuation du d\u00e9bat sur le sujet, il sera possible de trouver des solutions satisfaisant une large majorit\u00e9 de l\u2019opinion publique, sans pour autant retirer de mani\u00e8re radicale toutes les traces de l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Loin d\u2019\u00eatre exhaustif, cet \u00e9tat des lieux montre n\u00e9anmoins que la d\u00e9colonisation de l\u2019espace public est un sujet qui int\u00e9resse davantage les citoyen.ne.s. Cette d\u00e9colonisation devient&nbsp;un r\u00e9el enjeu soci\u00e9tal auquel il est indispensable d\u2019assortir des politiques pr\u00e9voyant un am\u00e9nagement du patrimoine pour le rendre plus repr\u00e9sentatif, inclusif et \u00e9galitaire. D\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent, le travail entam\u00e9 par le monde associatif ainsi que par le groupe de travail bruxellois doit servir \u00e0 entamer r\u00e9ellement une reconstruction d\u00e9coloniale de l\u2019espace public belge. Le rapport du groupe de travail bruxellois peut donc \u00eatre per\u00e7u comme un acte potentiellement cr\u00e9ateur de changement, mais n\u2019offre aucune avanc\u00e9e concr\u00e8te. Mais, il a une force symbolique importante \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il repr\u00e9sente le premier rapport demand\u00e9 par un gouvernement et reconnait la d\u00e9colonisation de l\u2019espace public comme l\u2019objectif d\u2019une politique publique. Pour autant, comme l\u2019explique le rapport bruxellois, le secteur associatif est tenu de continuer son travail d\u2019information et de sensibilisation aupr\u00e8s des citoyen.ne.s pour, une fois de plus, mettre en lumi\u00e8re l\u2019importance du devoir de m\u00e9moire. Toutefois, le travail de m\u00e9moire ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 la d\u00e9colonisation de l\u2019espace public, mais doit prendre la forme d\u2019une d\u00e9colonisation des consciences pour avoir un impact dans toutes les sph\u00e8res de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Clara Gatugu<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Sources&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>\u00ab\u2009Hommages, commission parlementaire, regrets du Roi, statues&nbsp;: les cons\u00e9quences en Belgique apr\u00e8s la mort de George Floyd\u2009\u00bb, RTBF, mai 2021&nbsp;: <a href=\"https:\/\/www.rtbf.be\/article\/hommages-commission-parlementaire-regrets-du-roi-statues-les-consequences-en-belgique-apres-la-mort-de-george-floyd-10769007\">https:\/\/www.rtbf.be\/article\/hommages-commission-parlementaire-regrets-du-roi-statues-les-consequences-en-belgique-apres-la-mort-de-george-floyd-10769007<\/a><\/li>\n\n\n\n<li>\u00ab\u2009Vers la D\u00e9colonisation de l\u2019espace public en R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale&nbsp;: cadre de r\u00e9flexion et recommandations\u2009\u00bb, urban.brussels, F\u00e9vrier 2022&nbsp;: <a href=\"https:\/\/cloud.urban.brussels\/s\/b624cNZqZy6XXNr\">https:\/\/cloud.urban.brussels\/s\/b624cNZqZy6XXNr<\/a><\/li>\n\n\n\n<li>Arnaud Lismond-Mertes, \u00ab\u2009La d\u00e9colonisation de l\u2019espace public\u2009\u00bb, <em>Ensemble<\/em>, n\u00b0&nbsp;103, Octobre 2020&nbsp;: <a href=\"http:\/\/asbl-csce.be\/journal\/Ensemble103decoloniedossier\">http:\/\/asbl-csce.be\/journal\/Ensemble103decoloniedossier<\/a><\/li>\n\n\n\n<li>C\u00e9line Teret, \u00ab\u2009D\u00e9coloniser l\u2019espace public\u2009\u00bb, <em>Journal L\u2019essentiel<\/em>, Septembre 2020.<\/li>\n\n\n\n<li>Lettre du Collectif M\u00e9moire Coloniale et Lutte contre les Discriminations (CMCLCD) adress\u00e9e aux parlementaires bruxellois le 14&nbsp;juin 2021&nbsp;: <a href=\"http:\/\/www.parlement.brussels\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/De-la-n%C3%A9cessit%C3%A9-et-de-l%E2%80%99urgence-de-la-d%C3%A9colonisation-de-l%E2%80%99espace-public.pdf\">http:\/\/www.parlement.brussels\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/De-la-n%C3%A9cessit%C3%A9-et-de-l%E2%80%99urgence-de-la-d%C3%A9colonisation-de-l%E2%80%99espace-public.pdf<\/a><\/li>\n\n\n\n<li>Mireille-Tsheusi Robert, \u00ab\u2009Le buste de L\u00e9opold&nbsp;II a \u00e9t\u00e9 d\u00e9boulonn\u00e9, \u00e9rigeons Lumumba !\u2009\u00bb, In Gia Abrassart et Sarah Demart, <em>Dossier D\u00e9coloniser l\u2019espace public : de L\u00e9opold&nbsp;II \u00e0 Lumumba<\/em>, Analyse n\u00b0&nbsp;1, Edt. Kwandika de Bamko-Cran asbl, Janvier 2018.<\/li>\n\n\n\n<li>Parlement bruxellois, R\u00e9solution relative \u00e0 la d\u00e9colonisation structurelle et inclusive de l\u2019espace public bruxellois dans le cadre d\u2019un travail de dialogue et de m\u00e9moire, 17&nbsp;juillet 2020.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Dans ce cadre, un.e \u201cmilitant.e\u201d est vu.e comme une personne s\u2019engageant, en g\u00e9n\u00e9ral collectivement, pour une cause, de nature politique, sociale, associative, religieuse, etc.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> \u00ab\u2009Hommages, commission parlementaire, regrets du Roi, statues&nbsp;: les cons\u00e9quences en Belgique apr\u00e8s la mort de George Floyd\u2009\u00bb, RTBF, Mai 2021<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> \u00ab&nbsp;Vers la D\u00e9colonisation de l\u2019espace public en R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale&nbsp;: cadre de r\u00e9flexion et recommandations&nbsp;\u00bb, urban.brussels, F\u00e9vrier 2022.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> <em>Ibid<\/em>., p.&nbsp;49.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> Lettre du Collectif M\u00e9moire Coloniale et Lutte contre les Discriminations du 14 juin 2021&nbsp;: \u00ab&nbsp;De la n\u00e9cessit\u00e9 et de l\u2019urgence de la d\u00e9colonisation de l\u2019espace public&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a> <em>Op cit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a> Premi\u00e8re association congolaise belge, d\u00e9peinte comme une \u00ab\u2009association d\u2019entraide et de d\u00e9veloppement moral de la race congolaise\u2009\u00bb. Cette association nationaliste et panafricaniste a pour objectif d\u2019int\u00e9grer plus de Congolais dans l\u2019administration, d\u2019am\u00e9liorer l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9ducation et de limiter le travail forc\u00e9 au Congo-belge.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\">[8]<\/a> <em>Op cit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\">[9]<\/a> <em>Op cit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\">[10]<\/a> Arnaud Lismond-Mertes, \u00ab\u2009La d\u00e9colonisation de l\u2019espace public\u2009\u00bb, <em>Ensemble<\/em>, n\u00b0&nbsp;103, Octobre 2020<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\" id=\"_ftn11\">[11]<\/a> Parlement bruxellois, R\u00e9solution relative \u00e0 la d\u00e9colonisation structurelle et inclusive de l\u2019espace public bruxellois dans le cadre d\u2019un travail de dialogue et de m\u00e9moire, 17&nbsp;juillet 2020.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref12\" id=\"_ftn12\">[12]<\/a> <em>Op cit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\" id=\"_ftn13\">[13]<\/a> <em>Op cit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref14\" id=\"_ftn14\">[14]<\/a> Comme la place du Tr\u00f4ne ou le parc du Cinquantenaire qui sont des lieux importants de la capitale.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref15\" id=\"_ftn15\">[15]<\/a> C\u00e9line Teret, \u00ab\u2009D\u00e9coloniser l\u2019espace public\u2009\u00bb, <em>Journal L\u2019essentiel<\/em>, Septembre 2020.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref16\" id=\"_ftn16\">[16]<\/a> <em>Op cit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref17\" id=\"_ftn17\">[17]<\/a> <em>Ibid.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>This analysis provides the basis for a better understanding of the decolonization of public space in Belgium.<\/p>","protected":false},"author":57,"featured_media":23880,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_seopress_robots_primary_cat":"2696","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[2696,2722,2719],"tags":[2698,2877,2792,2837,2793,2829],"class_list":["post-23879","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-articles-nos-publications","category-nos-publications","tag-burundi","tag-decolonisation","tag-rd-congo","tag-rwanda","tag-societe-civile","tag-travail-de-memoire"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23879","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/57"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23879"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23879\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23880"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23879"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23879"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23879"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}