{"id":16028,"date":"2019-02-05T17:07:54","date_gmt":"2019-02-05T17:07:54","guid":{"rendered":"https:\/\/demop.netbaz.be\/2021\/jp\/2019\/02\/05\/vivre-sur-les-ruines-d-un-monde-perdu-immersion-dans-la-foret-de-jean-hegland\/"},"modified":"2021-04-14T11:59:09","modified_gmt":"2021-04-14T11:59:09","slug":"vivre-sur-les-ruines-d-un-monde-perdu-immersion-dans-la-foret-de-jean-hegland","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/vivre-sur-les-ruines-d-un-monde-perdu-immersion-dans-la-foret-de-jean-hegland\/","title":{"rendered":"Living on the ruins of a lost world. Immersion in \u201cThe Forest\u201d by Jean Hegland"},"content":{"rendered":"\n\n<p class=\"post_excerpt\">\u00ab Dans la for\u00eat \u00bb, roman de Jean Hegland, laisse entrevoir la possibilit\u00e9 d\u2019un effondrement \u00e9cologique de la civilisation occidentale. Comment \u00ab habiter \u00bb le monde apr\u00e8s une telle catastrophe ? Quelle forme de solidarit\u00e9 esp\u00e9rer et entrevoir sur les ruines d\u2019un monde perdu ?\n<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" alignleft size-full wp-image-16027\" src=\"http:\/\/demop.netbaz.be\/2021\/jp\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/jpg_jean_hegland_-_dans_la_foret.jpg\" alt=\"jean_hegland_-_dans_la_foret.jpg\" align=\"left\" width=\"660\" height=\"369\" srcset=\"https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/jpg_jean_hegland_-_dans_la_foret.jpg 660w, https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/jpg_jean_hegland_-_dans_la_foret-300x168.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><\/p>\n\n\n<!--more-->\nIl en est de certains livres comme de certaines musiques, de certains po\u00e8mes, ou de certaines peintures\u2026 Ils nous habitent litt\u00e9ralement. Ils viennent \u00e0 notre rencontre et nous changent. Ils nous font sortir de nous en nous faisant appr\u00e9hender le monde d&rsquo;une fa\u00e7on que nous n&rsquo;avions peut-\u00eatre jamais per\u00e7ue. <em>Dans la for\u00eat<\/em>, de l&rsquo;auteure am\u00e9ricaine Jean Hegland, est sorti aux Etats-Unis en 1996, et n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9 en fran\u00e7ais qu&rsquo;en 2017. C&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 un myst\u00e8re en soi que tant de temps se soit pass\u00e9 entre les deux \u00e9ditions de ce livre. Mais Paul Eluard a dit : <em>Il n&rsquo;y a pas de hasard, il n&rsquo;y a que des rendez-vous<\/em>. Les lecteurs des caf\u00e9s litt\u00e9raires de La Commission Justice et Paix avaient rendez-vous avec ce livre, en 2017, et non en 1996. Ce roman laisse entrevoir la possibilit\u00e9 d\u2019un effondrement \u00e9cologique de la civilisation occidentale. Si cette projection a \u00e9t\u00e9 th\u00e9oris\u00e9e d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 70, celle-ci n&rsquo;appara\u00eet plausible et r\u00e9aliste \u00e0 \u00ab l&rsquo;homme de la rue \u00bb que depuis quelques ann\u00e9es seulement. Mais comment \u00ab habiter \u00bb le monde apr\u00e8s une telle catastrophe ? Quelle forme de solidarit\u00e9 esp\u00e9rer et entrevoir sur les ruines d\u2019un monde perdu ? Sur base de quel(s) r\u00e9cit(s) fonder des soci\u00e9t\u00e9s humaines qui d\u00e9veloppent un nouveau rapport \u00e0 la nature ?\n\n<bloc> Un monde r\u00e9volu\n\nCe roman commence par une mise en abyme : une jeune fille d\u00e9cide de commencer un journal de bord, et c&rsquo;est ce journal que nous d\u00e9couvrons. Dans ce journal, les dates importent peu. Car on a perdu la notion du temps ; ou plut\u00f4t, celui-ci n&rsquo;est plus rythm\u00e9 que par les saisons, les cycles naturels, celui des deux jeunes filles, celui de la lune. Les f\u00eates telles que No\u00ebl et les anniversaires ne sont que des rappels cruels d&rsquo;un temps qui fut, un temps heureux o\u00f9 une famille unie avait \u00e0 c\u0153ur de se retrouver autour d&rsquo;un bon repas pour c\u00e9l\u00e9brer ce qui compte.\n\nPourquoi ce temps est-il r\u00e9volu ? Parce qu&rsquo;une catastrophe (on ne sait pas laquelle) a eu raison de l&rsquo;usage que fait l&rsquo;homme des \u00e9nergies du XX\u00e8me si\u00e8cle : plus de p\u00e9trole, plus d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9. Pour cette famille qui vit au bord de la for\u00eat, \u00e0 50 km de la ville la plus proche, cette disparition progressive de moyens de se chauffer, de s&rsquo;\u00e9clairer mais aussi de se d\u00e9placer et de communiquer a provoqu\u00e9 un isolement bien plus grand que pour les gens des villes. Apr\u00e8s la mort de leurs parents, les jeunes filles de 17 et 18 ans survivent dans un \u00e9tat de quasi h\u00e9b\u00e9tude. Elles comptent ce qui leur reste de provisions, vivent dans une seule pi\u00e8ce de la maison, l\u00e0 o\u00f9 il y a moyen de faire du feu, s&rsquo;\u00e9loignent peu de la maison et se consacrent l&rsquo;une \u00e0 la danse, en vue d&rsquo;int\u00e9grer un prestigieux corps de ballet, l&rsquo;autre \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;encyclop\u00e9die car elle veut \u00e0 tout prix \u00eatre admise \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9\u2026 Lorsque tout cela sera fini\u2026\n<\/bloc>\n\n<bloc> D\u00e9ploiement d\u2019une forme de r\u00e9silience active\n\nDurant une bonne partie du livre, le lecteur se demande, en m\u00eame temps que Nell et Eva, ce qu&rsquo;il s&rsquo;est pass\u00e9, quand et comment va s&rsquo;op\u00e9rer le retour \u00e0 la normale. Au fur et \u00e0 mesure cependant, il n&rsquo;appara\u00eet plus si important de savoir d&rsquo;o\u00f9 viennent les probl\u00e8mes. Il appara\u00eet par contre vital de penser \u00e0 ce qui risque de se produire si les circonstances ne changent pas : que va-t-il arriver \u00e0 ces deux jeunes filles livr\u00e9es \u00e0 elles-m\u00eames, sans connaissances particuli\u00e8res de la nature, sans comp\u00e9tences en mati\u00e8re de jardinage, d&rsquo;\u00e9levage ou de bricolage, isol\u00e9es du reste du monde ? Elles-m\u00eames, au d\u00e9but du roman, anticipent peu, vivant au jour le jour, dans une sorte d&rsquo;attente passive que les choses s&rsquo;am\u00e9liorent d&rsquo;elles-m\u00eames, mais le temps qui passe, les provisions qui diminuent, la maison qui se d\u00e9grade les obligent peu \u00e0 peu \u00e0 entrer dans une logique de survie, qui deviendra de plus en plus, au fur et \u00e0 mesure de l&rsquo;avancement du roman, un choix assum\u00e9 et radical d&rsquo;existence, brutal, sauvage et dangereux, sans doute, mais somme toute pas davantage que leur mode de vie pr\u00e9c\u00e9dent&#8230;\n\nLa lecture du livre dans le caf\u00e9 litt\u00e9raire de Justice et Paix a divis\u00e9 les participants : beaucoup ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9contenanc\u00e9s par la fin du livre, qui montre une rupture totale avec le monde que nous connaissons. \n<\/bloc>\n\n<bloc> O\u00f9 habitons-nous et par quoi sommes-nous habit\u00e9s ?\n\nNous nous sommes pos\u00e9 la question de ce qui constitue un habitat. C&rsquo;est tout d&rsquo;abord un endroit qui nous prot\u00e8ge : des intemp\u00e9ries, des agressions ext\u00e9rieures (climatiques, animales, humaines). C&rsquo;est aussi un lieu d&rsquo;isolement : ici, l&rsquo;isolement est \u00e0 plusieurs niveaux : isolement de la maison par rapport \u00e0 toute autre habitation, isolement de la famille, dont la m\u00e8re ne travaille pas, et dont les filles sont scolaris\u00e9es en grande partie \u00e0 la maison. Cet isolement devient encore plus fort une fois qu&rsquo;il est devenu impossible de se d\u00e9placer, de t\u00e9l\u00e9phoner et de communiquer via Internet. A cause de cet isolement, le p\u00e8re mourra d&rsquo;un accident tragique\u2026\n\nLa maison, c&rsquo;est aussi le foyer, litt\u00e9ralement, l\u00e0 o\u00f9 il y a l&rsquo;\u00e2tre, ce qui r\u00e9chauffe, la source de chaleur qui rassemble. Il est curieux de parler de l&rsquo;\u00e2tre \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 presque plus aucune habitation ne dispose d&rsquo;un \u00e2tre au sens propre du terme. \n\nOr \u00e0 un moment du roman, tr\u00e8s vite en fait, la maison n&rsquo;assure plus ce r\u00f4le de protection, ou en tout cas, elle ne l&rsquo;assure plus que partiellement, et m\u00eame cette protection incompl\u00e8te va se d\u00e9liter. Parall\u00e8lement \u00e0 cela, la for\u00eat, hostile au d\u00e9part, car m\u00e9connue, va devenir plus famili\u00e8re, et jouer de plus en plus le r\u00f4le de cet endroit o\u00f9 l&rsquo;on peut se r\u00e9fugier, \u00eatre en s\u00e9curit\u00e9. Dans la for\u00eat il y a moyen de se prot\u00e9ger, de s&rsquo;isoler et m\u00eame de r\u00e9inventer une autre fa\u00e7on de vivre : on ne tue que selon ses besoins, on y ramasse de quoi vivre, on y trouve de quoi se chauffer, se laver, ainsi qu&rsquo;un abri naturel qui peut facilement \u00eatre am\u00e9nag\u00e9. On y r\u00e9invente des rites, des c\u00e9l\u00e9brations qui ne tiennent plus compte des jours du calendrier, mais des cycles de la vie\u2026 Cette vie qui reste incertaine et dangereuse, surtout apr\u00e8s ce qui s&rsquo;est pass\u00e9, mais qui doit \u00eatre d&rsquo;autant mieux c\u00e9l\u00e9br\u00e9e qu&rsquo;elle est devenue des plus fragiles\u2026 La for\u00eat est le lieu de la vie, quand la maison \u00e9tait devenue, depuis longtemps d\u00e9j\u00e0, le lieu de la mort.\n<\/bloc>\n\n<bloc> \u00ab Ta vie t&rsquo;appartient \u00bb\n\nQuelles solidarit\u00e9s sont possibles dans un monde o\u00f9 tout s&rsquo;est \u00e9croul\u00e9 ? Le groupe a trouv\u00e9 que peu de solidarit\u00e9s se manifestaient dans le roman. Il ne reste que la solitude de deux personnes li\u00e9es uniquement par le lien du sang et, en quelque sorte, oblig\u00e9es d&rsquo;unir leur destin. Nous nous sommes demand\u00e9 si lorsqu&rsquo;une catastrophe surgit, c&rsquo;est \u00e7a qui se passe : les hommes, au lieu de s&rsquo;unir dans l&rsquo;adversit\u00e9, deviennent encore plus combatifs les uns envers les autres. Ils pillent le peu qui reste dans les magasins, ils s&rsquo;enferment chez eux par crainte de la contagion (la ville est frapp\u00e9e par des \u00e9tranges maladies qui tuent un grand nombre d&rsquo;habitants). Les hommes sont pr\u00eats \u00e0 tuer pour un peu d&rsquo;essence. \n\nLe roman dresse un bilan noir de cet homme post-apocalyptique. L&rsquo;on peut y voir de la part de l\u2019auteure un manifeste \u00e9co-f\u00e9ministe : le salut vient de la femme, capable de r\u00e9inventer un foyer, capable de continuer \u00e0 mettre au monde un enfant, f\u00fbt-ce celui d&rsquo;un viol, capable de solidarit\u00e9 inconditionnelle avec sa soeur, capable de survivre dans des conditions extr\u00eames. L&rsquo;homme sera dans ce cas le pr\u00e9dateur : celui qui viole, qui pille, qui cherche \u00e0 tout prix \u00e0 rejoindre un endroit o\u00f9 la civilisation n&rsquo;a pas disparu, celui qui donne des ordres et planifie sa vie selon ses d\u00e9sirs.\n\nLa solidarit\u00e9 dans ce roman est une affaire de choix, mais de choix d\u00e9finitif. La solidarit\u00e9 n&rsquo;est en r\u00e9alit\u00e9 pas autre chose que ce qui nous lie \u00e0 l&rsquo;autre une fois que nous avons d\u00e9cid\u00e9 de lui apporter notre aide ou notre soutien. Mais nous avons oubli\u00e9 cela dans nos soci\u00e9t\u00e9s o\u00f9 \u00eatre solidaire revient trop souvent \u00e0 ouvrir son portefeuille. La solidarit\u00e9 ici est un attachement. Une personne de qui on devient vraiment solidaire est unique. \n<\/bloc>\n\n<bloc> Un monde en transition ?\n\nS&rsquo;il s&rsquo;agit bien d&rsquo;un roman sur l&rsquo;effondrement, celui-ci nous est pr\u00e9sent\u00e9 graduellement. Il y a d&rsquo;abord des coupures de courant, de plus en plus fr\u00e9quentes. Jusqu&rsquo;\u00e0 ce que l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 ne soit finalement plus qu&rsquo;un souvenir\u2026 Il est encore possible de se rendre en ville, au d\u00e9but du roman. De flirter avec d&rsquo;autres jeunes, d&rsquo;aller manger au snack, de faire des provisions au supermarch\u00e9, de s&rsquo;approvisionner en essence, d&rsquo;aller se faire soigner \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital\u2026\nPeu \u00e0 peu, tout cela s&rsquo;efface. Ne restent que les regrets de ce qui n&rsquo;est plus.\nBeaucoup de deuils sont \u00e0 faire, tout au long du roman : celui des parents, celui d&rsquo;une vie bien planifi\u00e9e, celui d&rsquo;une famille unie dans une maison confortable. Celui d&rsquo;amours passionn\u00e9es, pour un gar\u00e7on, pour la danse, pour l&rsquo;\u00e9tude, la musique, les f\u00eates\u2026 En m\u00eame temps, de nouvelles opportunit\u00e9s surgissent : d&rsquo;autres apprentissages, d&rsquo;autres liens avec la nature, une vie au ras de la terre, des corps, des c\u0153urs et des cerveaux qui se mettent \u00e0 fonctionner diff\u00e9remment&#8230;\n<\/bloc>\n\n<bloc> Changer de paradigme, construire ensemble une autre histoire\n\nLa question qui se pose finalement est : qu&rsquo;est-ce qui fait qu&rsquo;une vie vaut la peine d&rsquo;\u00eatre v\u00e9cue ? Est-ce tout le confort que nous connaissons, est-ce les connaissances que nous accumulons comme les objets dans nos maisons, est-ce le progr\u00e8s qui jalonne nos vies ? Serions-nous vraiment si malheureux si nous devions renoncer \u00e0 tout cela ? Notre humanit\u00e9 d\u00e9pend-elle du progr\u00e8s ? Notre bonheur d\u00e9pend-il de ce que nous poss\u00e9dons ? \n\nMalgr\u00e9 les difficult\u00e9s qu&rsquo;\u00e9prouvent les deux h\u00e9ro\u00efnes de ce roman, la r\u00e9ponse \u00e0 ces questions est \u00e9vidente, et nous le savons, mais il est r\u00e9ellement difficile de s&rsquo;imaginer changer de paradigme pour mettre ces r\u00e9ponses en pratique. Donnons-en pour preuve le manque de collaboration des lecteurs du groupe par rapport \u00e0 la fin du roman. L&rsquo;homme moderne n&rsquo;est qu&rsquo;une \u00ab fugue dissociative \u00bb dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9, dit Eva \u00e0 Nell. Pourtant, ces hommes modernes que nous sommes n&rsquo;avons absolument pas conscience de cela, du fait qu&rsquo;un jour sans doute, tout s&rsquo;effondrera r\u00e9ellement <span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_16028_1('footnote_plugin_reference_16028_1_1');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_16028_1('footnote_plugin_reference_16028_1_1');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_16028_1_1\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[1]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_16028_1_1\" class=\"footnote_tooltip\">Cf entre autres : Meadows D.H, Meadows D.L &#038; RandersJ. (1991). Beyond the limits : confronting global collapse envisioning a sustainable future ; Post Mills, Vermont, Chelsea Green Publishing&nbsp;&#x2026; <span class=\"footnote_tooltip_continue\"  onclick=\"footnote_moveToReference_16028_1('footnote_plugin_reference_16028_1_1');\">Continuer la lecture<\/span><\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_16028_1_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_16028_1_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>.\n\nLe roman de Jean Hegland peut \u00eatre lu comme une fable ou un conte : il nous fait r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 notre capacit\u00e9 \u00e0 appr\u00e9hender autre chose que ce que nous connaissons. A la fin du 20\u00e8me si\u00e8cle, l&rsquo;auteure avait bien compris que nous arrivions \u00e0 une p\u00e9riode de transition, que nous allions devoir choisir entre ralentir notre train de vie ou mourir. Poussant la logique jusqu&rsquo;au bout, son roman, tr\u00e8s bien construit, nous montre une troisi\u00e8me voie, non choisie, mais finalement assum\u00e9e, et radicale. 20 ans plus tard, nous n&rsquo;avons toujours pas compris que si nous voulons conserver une marge de man\u0153uvre, il nous faut de toute urgence donner une autre direction \u00e0 nos histoires, choisir la voie de la sobri\u00e9t\u00e9.\n<\/bloc>\n\n<strong>Marie-Pierre Jadin, membre du groupe de travail \u00ab\u00a0Caf\u00e9 litt\u00e9raire\u00a0\u00bb de Justice et Paix.<\/strong><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-16028 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/jpg_jean_hegland_-_dans_la_foret.jpg'><img decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/jpg_jean_hegland_-_dans_la_foret-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"jean_hegland_-_dans_la_foret.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Documents joints<\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-file\"><a href=\"http:\/\/demop.netbaz.be\/2021\/jp\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/pdf_2019_analyse_vivre_sur_les_ruines_d_un_monde_perdu.pdf\">Vivre sur les ruines d&rsquo;un monde perdu. Immersion dans \u00ab\u00a0La for\u00eat\u00a0\u00bb de Jean Hegland<\/a><\/div>\n\n\n<div class=\"speaker-mute footnotes_reference_container\"> <div class=\"footnote_container_prepare\"><p><span role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_reference_container_label pointer\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_16028_1();\">Notes<\/span><span role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_reference_container_collapse_button\" style=\"display: none;\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_16028_1();\">[<a id=\"footnote_reference_container_collapse_button_16028_1\">+<\/a>]<\/span><\/p><\/div> <div id=\"footnote_references_container_16028_1\" style=\"\"><table class=\"footnotes_table footnote-reference-container\"><caption class=\"accessibility\">Notes<\/caption> <tbody> \r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" id=\"footnote_plugin_reference_16028_1_1\" class=\"footnote_plugin_index pointer\" onclick=\"footnote_moveToAnchor_16028_1('footnote_plugin_tooltip_16028_1_1');\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_plugin_link\" ><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>1<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Cf entre autres : Meadows D.H, Meadows D.L &#038; RandersJ. (1991). Beyond the limits : confronting global collapse envisioning a sustainable future ; Post Mills, Vermont, Chelsea Green Publishing Company, 1992. XIX, 300 p ;\nComment tout peut s&rsquo;effondrer, Petit manuel de collapsologie \u00e0 l&rsquo;usage des g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9sentes, par Pablo Servigne, Rapha\u00ebl Stevens, Seuil, 2015.<\/td><\/tr>\r\n\r\n <\/tbody> <\/table> <\/div><\/div><script type=\"text\/javascript\"> function footnote_expand_reference_container_16028_1() { jQuery('#footnote_references_container_16028_1').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_16028_1').text('\u2212'); } function footnote_collapse_reference_container_16028_1() { jQuery('#footnote_references_container_16028_1').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_16028_1').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_16028_1() { if (jQuery('#footnote_references_container_16028_1').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_16028_1(); } else { footnote_collapse_reference_container_16028_1(); } } function footnote_moveToReference_16028_1(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_16028_1(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_16028_1(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_16028_1(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }<\/script>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Dans la for\u00eat \u00bb, roman de Jean Hegland, laisse entrevoir la possibilit\u00e9 d\u2019un effondrement \u00e9cologique de la civilisation occidentale. 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