{"id":15632,"date":"2018-09-17T16:00:17","date_gmt":"2018-09-17T16:00:17","guid":{"rendered":"https:\/\/demop.netbaz.be\/2021\/jp\/2018\/09\/17\/une-demande-recurrente-un-logement\/"},"modified":"2021-04-14T11:54:10","modified_gmt":"2021-04-14T11:54:10","slug":"une-demande-recurrente-un-logement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/une-demande-recurrente-un-logement\/","title":{"rendered":"A recurring request: accommodation!"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Un constat s\u2019impose : le manque d\u2019acc\u00e8s \u00e0 un logement pour des personnes \u00e0 faibles revenus, voire sans revenu, est manifeste. Apr\u00e8s une r\u00e9flexion sur la situation du parc locatif public et sur celle du priv\u00e9, d\u00e9couvrons quelques pistes d\u2019actions r\u00e9alistes.<\/p>\n\n\n<!--more-->\n<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-15631\" src=\"http:\/\/demop.netbaz.be\/2021\/jp\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/jpg_image_logement_alternatif.jpg\" alt=\"image_accommodation_alternatif.jpg\" align=\"center\" width=\"1280\" height=\"625\" srcset=\"https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/jpg_image_logement_alternatif.jpg 1280w, https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/jpg_image_logement_alternatif-300x146.jpg 300w, https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/jpg_image_logement_alternatif-1024x500.jpg 1024w, https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/jpg_image_logement_alternatif-768x375.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1280px) 100vw, 1280px\" \/>\n\n<strong>Cr\u00e9dit photo<\/strong>: Keystone\/Salvatore di Nolfi\n\nChaque ann\u00e9e, et quelle que soit la saison, la m\u00eame question est sur les l\u00e8vres des responsables d\u2019associations ou d\u2019organismes publics qui accompagnent des personnes qui vivent \u00e0 la rue (SDF, Migrants, Sortants de Prison\u2026) : \u00ab <strong>Avez-vous un logement \u00e0 mettre \u00e0 disposition ?<\/strong> \u00bb.\n\nPlus sensibles \u00e0 cette carence durant les mois les plus froids de l\u2019ann\u00e9e, cette situation persiste n\u00e9anmoins quand reviennent les beaux jours. Ce manque r\u00e9current de logements abordables pour des personnes \u00e0 faibles revenus, voire sans revenu, pose question.\n\nA quel niveau d\u2019offre le parc locatif public, des Soci\u00e9t\u00e9s de logements sociaux, des Agences Immobili\u00e8res Sociales (AIS) ou des Associations de Promotion du Logement (APL) se situe-il ?\n\nDe m\u00eame, nous nous interrogeons sur les offres de logements accessibles dans le parc priv\u00e9. Avec ici, en surcroit, les restrictions mises quant \u00e0 l\u2019accueil de personnes vivant avec le Revenu d\u2019Insertion Social (RIS) du CPAS ou de celles sans emploi quand ce n\u2019est pas du fait de leur pass\u00e9 p\u00e9nitentiaire.\n\nCes questions, le Vicariat Evangile &#038; Vie, la Plateforme Sortants de Prison et la Commission Justice &#038; Paix Li\u00e8ge les ont prises en consid\u00e9ration. Il n\u2019est pas question de produire de l\u2019indignation mais de faire \u00e9merger des solutions. Car des solutions existent. Dans notre pays ou chez nos voisins.  Apr\u00e8s une r\u00e9flexion sur la situation du parc locatif public et sur celle du priv\u00e9, nous aborderons \u00e0 titre d\u2019exemple deux groupes concern\u00e9s par le logement : les personnes SDF et les personnes sortant de prison. Ensuite, nous proposerons quelques pistes d\u2019actions possibles, r\u00e9alistes et r\u00e9alisables.\n\n\n<bloc>Population en pr\u00e9carit\u00e9\n\nLe portail Belgium.be donne une d\u00e9finition du logement social : \n\n\u00ab Les logements sociaux sont destin\u00e9s aux personnes isol\u00e9es ou aux m\u00e9nages ayant des revenus modestes. La location ou l&rsquo;achat d&rsquo;une habitation de bonne qualit\u00e9 n&rsquo;est vraiment pas bon march\u00e9 et est loin d&rsquo;\u00eatre accessible pour de nombreuses personnes. Il s&rsquo;agit g\u00e9n\u00e9ralement de la location d&rsquo;appartements \u00e0 un prix raisonnable, mais l&rsquo;offre comporte aussi des maisons. \nLes logements sociaux rel\u00e8vent de la comp\u00e9tence des r\u00e9gions. C&rsquo;est pourquoi, les conditions diff\u00e8rent de r\u00e9gion \u00e0 r\u00e9gion. Si vous \u00eates \u00e0 la recherche d&rsquo;une habitation de qualit\u00e9 \u00e0 un prix abordable, les soci\u00e9t\u00e9s de logement social pourront vous aider dans vos d\u00e9marches. \u00bb \n\nD\u2019autre part, une enqu\u00eate publi\u00e9e en f\u00e9vrier 2017 par le CEHD (Centre d\u2019\u00c9tude en Habitat Durable) en collaboration avec Wallonie Logement \u2013 SWL sur \u00ab Les chiffres-cl\u00e9s du logement public en Wallonie \u00bb nous apprend que \u00ab  selon le Code Wallon du Logement et de l\u2019Habitat durable, le me\u0301nage en e\u0301tat de pre\u0301carite\u0301 est le me\u0301nage dont les revenus annuels imposables globalement sont infe\u0301rieurs a\u0300 10.000 euros pour une personne seule et infe\u0301rieurs a\u0300 13.650 euros pour \u00ab plusieurs personnes unies ou non par des liens de parente\u0301 \u00bb. \nToujours selon ce Code wallon du logement et de l\u2019Habitat durable, est e\u0301galement conside\u0301re\u0301 comme en e\u0301tat de pre\u0301carite\u0301 \u00ab le me\u0301nage faisant l\u2019objet d\u2019une guidance aupre\u0300s d\u2019un service de me\u0301diation de dettes agre\u0301e\u0301 par le Gouvernement et dont les ressources mensuelles ne de\u0301passent pas un plafond fixe\u0301 par le Gouvernement \u00bb. \n\nSelon la m\u00eame \u00e9tude encore, il existe des logements d\u2019insertion c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab le logement cre\u0301e\u0301 gra\u0302ce a\u0300 une subvention de la Re\u0301gion et destine\u0301 a\u0300 l\u2019he\u0301bergement de me\u0301nages en e\u0301tat de pre\u0301carite\u0301 \u00bb ou des logements de transit : \u00ab le logement cre\u0301e\u0301 gra\u0302ce a\u0300 une subvention de la Re\u0301gion, destine\u0301 a\u0300 l\u2019he\u0301bergement temporaire de me\u0301nages en e\u0301tat de pre\u0301carite\u0301 ou de me\u0301nages prive\u0301s de logement pour des motifs de force majeure \u00bb.\n\nLes publics vis\u00e9s par notre questionnement entrent donc bien dans la cat\u00e9gorie des personnes susceptibles de b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019octroi d\u2019un logement social. D\u00e8s lors, pourquoi cette recherche effr\u00e9n\u00e9e d\u2019un logement par tant d\u2019associations ou organismes publics ?\n<\/bloc>\n\n<bloc>Trouver un logement, un d\u00e9fi !\n\nEn d\u00e9cembre 2013 d\u00e9j\u00e0 lors de la Rencontre annuelle des Soci\u00e9t\u00e9s de Logement de Service Public (SLSP) organis\u00e9e par l\u2019Union des Villes et Communes de Wallonie, Christie Morealle, D\u00e9put\u00e9e r\u00e9gionale et \u00e9chevine \u00e0 Esneux annon\u00e7ait \u00ab les d\u00e9fis a\u0300 venir en mati\u00e8re de logement sont nombreux\u2026 on \u00e9voque ici plus de 150.000 logements qui, d\u2019ici a\u0300 2026, doivent \u00eatre  construits, et ce pour assurer le simple droit a\u0300 un logement d\u00e9cent de nos concitoyens et futurs concitoyens\u2026\u00bb. \n\nPlus r\u00e9cemment, un article du journal Le Soir, d\u2019Eric Deffet et mis en ligne le 25 octobre 2017, nous apprend que \u00ab en 2016, le parc de logements sociaux a baiss\u00e9 de 193 unit\u00e9s. Une situation paradoxale, puisque le nombre de candidats locataires augmente de mani\u00e8re spectaculaire. Et plus de 40.000 m\u00e9nages sont en rade. \u00bb\nPourquoi, alors que la demande explose, reste-t-on en solde n\u00e9gatif quant aux logements sociaux ?\n\nSelon le journaliste, \u00ab trois ph\u00e9nom\u00e8nes expliquent cette absurdit\u00e9 sociale. La premi\u00e8re est une \u00e9vidence : on ne construit pas assez de logements sociaux, \u00e0 peine 7000. Une mis\u00e8re. Deuxi\u00e8me explication : le Code wallon du logement permet aujourd\u2019hui aux locataires qui le souhaitent de se porter acqu\u00e9reurs du toit qui les abrite. C\u2019est un progr\u00e8s social important, mais qui a restreint le parc locatif. Depuis quinze ans, pr\u00e8s de 3.000 logements publics ont ainsi \u00e9t\u00e9 vendus en Wallonie. Au grand soulagement des soci\u00e9t\u00e9s de logement, faut-il le pr\u00e9ciser. Enfin, la troisi\u00e8me raison de cette situation ubuesque r\u00e9side dans la volont\u00e9 de moderniser le parc immobilier, qui en a bien besoin. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des logements sociaux ont fait l\u2019objet de travaux ou d\u2019investissements li\u00e9s aux \u00e9conomies d\u2019\u00e9nergie. Dans certains cas toutefois, la d\u00e9construction s\u2019impose : en 2016, les soci\u00e9t\u00e9s de logement ont ainsi ras\u00e9 384 maisons ou appartements. Faites les comptes ! Dans la colonne de gauche, 299 biens vendus et 384 autres d\u00e9truits. Dans celle de droite, \u00e0 peine 490 logements cr\u00e9\u00e9s en 2016. Le bilan net de l\u2019ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e est n\u00e9gatif : 193 logements perdus. La courbe est en baisse r\u00e9guli\u00e8re depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es : la Wallonie est pass\u00e9e depuis 2007 de 103.000 \u00e0 101.000 logements sociaux. \u00bb\n\nCes quelques exemples et r\u00e9flexions apportent d\u00e9j\u00e0 des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse \u00e0 la difficult\u00e9 de trouver un logement d\u00e9cent et abordable pour les publics qui sont les n\u00f4tres.\n\u00c0 c\u00f4t\u00e9 des Soci\u00e9t\u00e9 de Logement Social, nous trouvons des Agences Immobili\u00e8res Sociales et des Associations de Promotions du Logement, r\u00e9els \u2018\u2019op\u00e9rateurs d\u2019insertion par le logement\u2019\u2019.\n\nV\u00e9ritables outils performants pour les personnes que nous accompagnons, le nombre de logements qu\u2019elles peuvent mettre \u00e0 disposition, malgr\u00e9 tous les avantages que peuvent en retirer les propri\u00e9taires, restent n\u00e9anmoins tr\u00e8s insuffisant. Insuffisant pour faire face tant \u00e0 la demande d\u2019un public ayant \u2018\u2019simplement\u2019\u2019 des moyens insuffisants pour le parc locatif priv\u00e9 que pour le public qui nous concerne porteur de \u2018\u2019handicaps\u2019\u2019 sociaux\u2026\n<\/bloc>\n\n\n<bloc>Quid du parc locatif priv\u00e9 ?\n\nUne analyse de luttepauvrete.be parue en 2010, nous apprenait que \u00ab le nombre de logements abordables est tout aussi insuffisant sur le marche\u0301 locatif prive\u0301. Les loyers sont e\u0301leve\u0301s et ne cessent d\u2019augmenter. Selon l\u2019enque\u0302te sur le budget des me\u0301nages et l\u2019enque\u0302te EU-SILC sur les revenus et les conditions de vie, le loyer moyen en Belgique s\u2019e\u0301levait en 2010 a\u0300 environ 450 euros. L\u2019Institut pour un De\u0301veloppement Durable estime que la hausse annuelle du prix des loyers est supe\u0301rieure d\u2019au moins 1 pour cent a\u0300 celle de l\u2019index sante\u0301. Et que \u00able cou\u0302t du logement pe\u0300se souvent lourdement sur le budget des me\u0301nages, d\u2019autant plus s\u2019ils ne disposent que de faibles revenus. Les familles les plus pauvres consacrent 31,1 % de leur revenu au loyer alors que, pour les me\u0301nages les plus riches, ce chiffre est ramene\u0301 a\u0300 17,4 % \u00bb. \nAinsi, la part du logement peut aller jusqu\u2019\u00e0 50% du RIS\u2026 C\u2019est ce que nous a appris l\u2019accompagnement d\u2019un sortant de prison. Un studio de 4Om2 dans le centre de Li\u00e8ge lui co\u00fbtait 450\u20ac hors charges. Ses revenus : un RIS de 894\u20ac\u2026\n<\/bloc>\n\n\n<bloc>R\u00e9pondre \u00e0 la demande, un autre d\u00e9fi ! \n\nDe ces observations, nous ne pouvons que nous demander quelle r\u00e9ponse efficace nous pouvons apporter \u00e0 cette probl\u00e9matique. Une r\u00e9ponse est-elle m\u00eame possible quand les Pouvoirs publics peinent \u00e0 solutionner le manque crucial d\u2019habitat social ? Existe-t-il r\u00e9ellement des r\u00e9alisations qui permettent d\u2019apporter ne f\u00fbt-ce m\u00eame qu\u2019un d\u00e9but de r\u00e9ponse ?\nAvant d\u2019aborder cet aspect, tournons-nous vers le public vis\u00e9 \u00e0 titre d\u2019exemple par notre initiative. Les personnes vivant sans domicile fixe et les personnes sortant de prison.\n\n<strong>a.\tLes personnes sans domicile fixe<\/strong>\n\nNous organisons notre r\u00e9flexion sur les remarques et observations obtenues aupr\u00e8s de personnes actives aupr\u00e8s des personnes de la rue principalement en France. N\u00e9anmoins leur r\u00e9flexion est tout-\u00e0-fait transposable \u00e0 la Belgique et particuli\u00e8rement \u00e0 Li\u00e8ge. Pedro Meca, r\u00e9cemment d\u00e9c\u00e9d\u00e9, dominicain, a v\u00e9cu la majeure partie de sa vie aux c\u00f4t\u00e9s des exclus. Il est l\u2019initiateur \u00e0 Paris de \u2018\u2019La Moquette\u2019\u2019, un lieu de rencontres pour personnes de la rue. Michel et Colette Collar-Gambiez ont partag\u00e9, durant de nombreuses ann\u00e9es, la vie des personnes vivant sans domicile fixe, tant en France qu\u2019en Belgique. Jean-Guilhem Xerri, ancien pr\u00e9sident de l\u2019association \u2018\u2019Aux Captifs, la lib\u00e9ration\u2019\u2019 a \u00e9t\u00e9, quant \u00e0 lui, \u00e0 la t\u00eate d\u2019une association qui privil\u00e9gie la rencontre des personnes via \u2018\u2019les tourn\u00e9es-rue\u2019\u2019 organis\u00e9es chaque nuit \u00e0 Paris.\n\nSi quelques jours suffisent pour transformer toute personne en personne SDF, il en va autrement pour \u2018\u2019sortir\u2019\u2019 de la rue. Tr\u00e8s nombreux sont les \u2018\u2019probl\u00e8mes\u2019\u2019 \u00e0 r\u00e9soudre pour un ou une sortant de la rue. Nous nous limiterons \u00e0 3 domaines.\n\n<em>1.\tLa notion d\u2019espace<\/em>\n\nIl est ais\u00e9 de comprendre pourquoi cette notion s\u2019amenuise au fur et \u00e0 mesure des ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 la rue. Souvent, dans les premiers temps, la personne qui dort dans une entr\u00e9e d\u2019immeuble tente de limiter, baliser son \u2018\u2019chez soi\u2019\u2019. D\u2019errance en errance, ce balisage dispara\u00eet. D\u2019abord pour des raisons \u00e9videntes de nuisance. Les \u2018\u2019voisins\u2019\u2019 d\u2019immeuble vivent tr\u00e8s mal cette intrusion dans leur domaine. Ensuite, partager un dortoir ou une chambre \u00e0 4 personnes n\u2019aide pas \u00e0 structurer son espace et lentement mais surement, la personne perd cette notion d\u2019espace.\n\n<em>2.\tLa notion de temps<\/em>\n\nTout comme pour l\u2019espace, cette notion est un luxe pour qui passe sa journ\u00e9e et ses nuits dans la rue. Temps de veille, la nuit comme le jour, conduisent \u00e0 perdre toute r\u00e9f\u00e9rence horaire. Quand vient le matin, par exemple, la personne tente de grappiller quelques heures de sommeil la mettant ainsi en difficult\u00e9 avec l\u2019organisation des lieux d\u2019accueil.\n\n<em>3.\tLa notion de corps<\/em>\n\nQuelle plaie que ce corps \u00e0 nourrir, panser, caser pour la nuit, prot\u00e9ger contre la pluie ou le froid voire la chaleur ! L\u00e0 o\u00f9 nous \u00e9prouvons du plaisir, la personne \u00e0 la rue vit ce corps comme un boulet \u00e0 trimballer d\u2019un lieu d\u2019accueil \u00e0 l\u2019autre, d\u2019un abri \u00e0 l\u2019autre. Encore une composante de la vie qui s\u2019amenuise et dispara\u00eet ne laissant place qu\u2019\u00e0 un boulet \u00e0 tra\u00eener.\n\nEspace, temps et corps doivent \u00eatre pris en consid\u00e9ration dans notre recherche d\u2019un logement pour les personnes originaires de la rue. Il serait vain d\u2019imaginer les d\u00e9panner si dans notre r\u00e9flexion ces trois composantes ne sont pas prises en compte.\n\n<strong>b.\tLes personnes sortants de prison<\/strong>\n\nLe public qui s\u2019approche de la Plateforme Sortants de Prison est compos\u00e9 de personnes purgeant l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 de leur peine, ce qu\u2019elles nomment entre elles : les \u2018\u2019fond de peine\u2019\u2019.\nDonc, pas des personnes qui ont demand\u00e9 une lib\u00e9ration conditionnelle, ce qui leur permet, th\u00e9oriquement, d\u2019avoir un accompagnement ou du moins un \u2018\u2019plan\u2019\u2019 de sortie.\n\nApr\u00e8s une longue incarc\u00e9ration, le d\u00e9sarroi est manifeste au moment de la lib\u00e9ration. De nombreux probl\u00e8mes sont \u00e0 r\u00e9soudre : rechercher un logement, payer la caution locative et le premier loyer, trouver un moyen de subsistance, construire\/reconstruire des relations sociales, &#8230; La r\u00e9insertion, reprendre place dans la soci\u00e9t\u00e9, est une garantie pour \u00e9viter la rechute ou la r\u00e9cidive. Elle est un enjeu crucial pour le sortant de prison mais aussi pour la soci\u00e9t\u00e9 toute enti\u00e8re.\n\nL&rsquo;objectif premier de la Plate-Forme Sortants de Prison est de rendre le sortant de prison acteur dans sa lib\u00e9ration et de sa r\u00e9insertion : pouvoir r\u00e9soudre les probl\u00e8mes rencontr\u00e9s, pouvoir faire ses choix, retrouver du respect et de la dignit\u00e9 humaine&#8230;\nLa Plate-Forme Sortants de Prison propose d&rsquo;accompagner le sortant de prison pour mettre en \u0153uvre un projet de vie construit ensemble. Le premier contact se prend bien avant la lib\u00e9ration et l&rsquo;accompagnement se prolonge au-del\u00e0. Elle propose en outre une convention sur les r\u00f4les et les attentes de chacun, ainsi qu&rsquo;une \u00e9pargne en vue d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 son propre logement.\n\nA la sortie, les accompagnateurs seront pr\u00e9sents pour orienter la personne vers son lieu d\u2019accueil ou son logement qui permettra de reprendre pied dans le monde \u2018\u2019libre\u2019\u2019. \nLes conditions de vie du monde carc\u00e9ral auront aussi \u00e9t\u00e9 prises en consid\u00e9ration tout comme les raisons de l\u2019incarc\u00e9ration pour le choix du logement.\n\nEt pourtant, des personnes accompagn\u00e9es ne trouvent pas le logement esp\u00e9r\u00e9 (but de notre accompagnement) et se retrouvent pour un temps dans un abri, voire une auberge de jeunesse\u2026 Lentement, le d\u00e9couragement vient prendre la place des bonnes intentions et des espoirs et c\u2019est la rue qui leur ouvre tout grands les bras.\n<\/bloc>\n\n\n<bloc>Pistes de solutions\n\n<strong>L\u2019Eglise n\u2019est pas en reste<\/strong>\n\nS\u2019il est vrai que la vocation de l\u2019Eglise n\u2019est pas, en priorit\u00e9, de pourvoir \u00e0 du logement quand celui-ci vient \u00e0 manquer, il n\u2019en reste pas moins vrai qu\u2019elle y est sensible et prend sa part dans la recherche de solutions pour les personnes en panne de logement.\n\nLe <strong>Projet Bethl\u00e9em<\/strong>. Initi\u00e9 en 2006 par le cardinal Danneels, ce projet vise \u00e0 mettre \u00e0 la disposition d\u2019A.I.S. (Agence Immobili\u00e8re Sociale) ou d\u2019A.P.L. (Association de Promotion du Logement) des biens d\u2019Eglise ou de Fabrique d\u2019\u00e9glises. Essentiellement en R\u00e9gion bruxelloise.\nA Li\u00e8ge, le <strong>Vicariat Evangile &#038; Vie<\/strong>, en collaboration avec Caritas Secours D\u00e9l\u00e9gation de Li\u00e8ge, soutient des initiatives qui permettent \u00e0 des personnes de sortir de la rue.\n<strong>R\u00e9silien\u2019Tiel<\/strong> dans le Quartier de F\u00e9tinne et <strong>Casa B\u00e9thanie<\/strong> dans le Quartier de Saint-Denis dans l\u2019hyper-centre. \nDe m\u00eame qu\u2019il appuie les invitations de la <strong>Commission Justice &#038; Paix<\/strong> \u00e0 l\u2019affectation de biens d\u2019Eglise, de Fabriques d\u2019\u00e9glises ou de chr\u00e9tiens \u00e0 du logement social ou encore les d\u00e9marches de l\u2019asbl <strong>Plateforme Sortants de Prison<\/strong> en vue de permettre aux sortants de trouver rapidement une habitation.\n\nInitiative du Doyen de <strong>Herve<\/strong> et de la Communaut\u00e9 chr\u00e9tienne, l\u2019asbl <strong>Le Toit <\/strong> offre du logement tant aux personnes sans domicile qu\u2019aux personnes migrantes r\u00e9cemment r\u00e9gularis\u00e9es.\nDans le Doyenn\u00e9 de <strong>Verviers<\/strong>, ce sont plusieurs maisons ou appartements qui sont affect\u00e9s \u00e0 de l\u2019habitat social, via l\u2019A.I.S., \u00e0 l\u2019initiative de la Fabrique d\u2019\u00e9glises de la <strong>paroisse Saint-Remacle<\/strong>. \n\n<strong>a. Un toit pour toi<\/strong>\n\nDepuis 2015, le sculpteur Guy Deltour, appartenant au Centre d\u2019\u00e9ducation permanent La Spirale \u00e0 Natoye en Province de Namur, travaille sur du petit habitat pour personnes SDF, en attente de logement ou vivant \u00e0 la rue.\n\nConcr\u00e8tement, ce qui est propos\u00e9, est une \u2018\u2019cabane\u2019\u2019 d\u2019accueil d\u2019urgence aux dimensions de 120 x 330 cm et d\u2019une hauteur int\u00e9rieure de 230cm. \u00c9quip\u00e9e d\u2019une ventilation passive et de murs, sol et plafond isol\u00e9s, il est ais\u00e9 de la chauffer. Le mobilier int\u00e9rieur se compose d\u2019une petite table rabattable, d\u2019une chaise, d\u2019un lit, d\u2019une \u00e9tag\u00e8re et d\u2019un volume de rangement.\nPens\u00e9e pour l\u2019urgence, elle pourra utilement d\u00e9panner toute personne sans logement. \n\n<strong>Des conteneurs pour loger les personnes sans domicile<\/strong>\n\nLes conteneurs effectuent en quelque sorte leur dernier voyage. Apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de bons et loyaux services, des conteneurs \u00e9chouent dans les entrep\u00f4ts, sur les chantiers, les ports, ou dans les d\u00e9charges. Une fin de vie pas vraiment \u00e9cologique, sauf s&rsquo;ils se transforment. En habitation par exemple&#8230;\n\n<strong>b. \u00c0 Namur<\/strong>\n\nEn 2015 d\u00e9j\u00e0, le projet Passerelle G\u00e9rard Jacob d\u00e9velopp\u00e9 par l\u2019asbl Une main tendue ambitionne de transformer des containers en logements durables et modulables pour les sans-abri. Les containers maritimes seront am\u00e9nag\u00e9s au-dessus d\u2019une all\u00e9e de garages.\n\n<strong>c. Au Canada<\/strong>\n\nPour amener des sans-abri \u00e0 sortir de la rue, deux architectes montr\u00e9alais veulent transformer des conteneurs en unit\u00e9s d&rsquo;habitation. Ils imaginent ces logements au centre-ville, le fief des itin\u00e9rants. Ils ne sont pas les seuls \u00e0 vouloir donner une vocation r\u00e9sidentielle aux conteneurs. Ce concept suscite beaucoup d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e0 travers le monde. M\u00eame au Qu\u00e9bec, des projets int\u00e9grant ces fameuses bo\u00eetes de m\u00e9tal se concr\u00e9tisent. \n\nLe projet, appel\u00e9 \u00ab<a href=\"HTTP:\/\/WWW.LAPRESSE.CA\/MAISON\/IMMOBILIER\/201010\/07\/01-4330517-DES-CONTENEURS-POUR-AIDER-LES-SANS-ABRI.PHP\">Le toit<\/a>\u00bb, est encore tr\u00e8s pr\u00e9liminaire. De 16 \u00e0 20 personnes pourraient habiter dans les conteneurs, assembl\u00e9s verticalement et perpendiculairement. Il y aurait environ 7 unit\u00e9s d&rsquo;habitation, trois salles communautaires et un bureau pour les intervenants, r\u00e9partis sur trois \u00e9tages. Des jardins et un toit terrasse compl\u00e9teraient le tout.\n\n<strong>d. En Suisse<\/strong>\n\nLes autorit\u00e9s de la Ville de Gen\u00e8ve d\u00e9sirent installer 20 studios mobiles derri\u00e8re la gare pour accueillir \u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e des SDF. Ces logements, puisqu&rsquo;ils sont mobiles et provisoires, ont l&rsquo;avantage de pouvoir \u00eatre \u00e9rig\u00e9s partout, m\u00eame sur des lieux non constructibles. La maire Esther Alder explique : \u00ab Ces structures font 15 m\u00e8tres carr\u00e9s avec cuisine et salle de bains incluses\u2026 \u00bb. L&rsquo;\u00e9lue Verte table sur un vote positif du Conseil municipal en avril, et l&rsquo;installation des premiers r\u00e9sidents \u00e0 la mi-2017.\n\n<strong>e. Aux Pays-Bas, des maisons solaires accueillent les sans-abris<\/strong>\n\n\u00c9colo, humaniste et design, ce lotissement n\u00e9erlandais va aider des personnes sans domicile \u00e0 se remettre en selle dans des maisons permanentes et \u00e9nergiquement autonomes.\nUne solution permanente aux soucis temporaires. Savoir que des personnes dorment dans la rue est insupportable ; pourtant, trouver des solutions durables reste un d\u00e9fi. Pour aider des personnes en situation difficile, le cabinet hollandais d\u2019architecture Elmo Vermijs et la Trudo Housing Corporation (une ONG sp\u00e9cialistes du logement \u00e0 l\u2019attention des d\u00e9munis) ont inaugur\u00e9 un magnifique petit village dans les environs de Eindhoven qui va devenir un refuge pour des populations dans le besoin. Contrairement aux initiatives habituelles, la philosophie du projet a \u00e9t\u00e9 de concevoir des abris permanents.\n<\/bloc>\n\n<strong>Dominique Servais<\/strong><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-15632 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/jpg_image_logement_alternatif.jpg'><img decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/jpg_image_logement_alternatif-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"image_accommodation_alternatif.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/jpg_image_logement_alternatif-2.jpg'><img decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/jpg_image_logement_alternatif-2-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"image_logement_alternatif-2.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Attachments<\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-file\"><a href=\"http:\/\/demop.netbaz.be\/2021\/jp\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/pdf_2018_analyse_une_demande_recurente_-_un_logement.pdf\">Une demande r\u00e9curente un logement<\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un constat s\u2019impose : le manque d\u2019acc\u00e8s \u00e0 un logement pour des personnes \u00e0 faibles revenus, voire sans revenu, est manifeste. Apr\u00e8s une r\u00e9flexion sur la situation du parc locatif public et sur celle du priv\u00e9, d\u00e9couvrons quelques pistes d\u2019actions r\u00e9alistes.<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":15631,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[2722],"tags":[2795,2824,2839,2838,2815,2836,2819],"class_list":["post-15632","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles-nos-publications","tag-article","tag-droits-humains","tag-justice-sociale","tag-pauvrete","tag-plaidoyer","tag-prisons","tag-questions-sociales"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15632","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15632"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15632\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15631"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15632"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15632"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15632"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}