{"id":13279,"date":"2015-06-11T11:07:02","date_gmt":"2015-06-11T11:07:02","guid":{"rendered":"https:\/\/demop.netbaz.be\/2021\/jp\/2015\/06\/11\/des-chemins-de-traverse-avec-la-rue\/"},"modified":"2021-04-14T11:46:47","modified_gmt":"2021-04-14T11:46:47","slug":"des-chemins-de-traverse-avec-la-rue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/des-chemins-de-traverse-avec-la-rue\/","title":{"rendered":"Crossroads with the street"},"content":{"rendered":"\n\n<p class=\"post_excerpt\">\u00c0 Bruxelles, en 2014, plus ou moins 2600 personnes vivaient dans la rue, de fa\u00e7on quotidienne, selon  La Strada<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_13279_1('footnote_plugin_reference_13279_1_1');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_13279_1('footnote_plugin_reference_13279_1_1');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_13279_1_1\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[1]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_13279_1_1\" class=\"footnote_tooltip\">La Strada est le centre d\u2019appui au secteur bruxellois d\u2019aide aux sans-abri.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_13279_1_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_13279_1_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>. Sur le trottoir, sous les ponts, dans le m\u00e9tro, les parcs, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de commerces, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des halls de gare, les habitants de la rue sont omnipr\u00e9sents dans notre environnement imm\u00e9diat. Nous les c\u00f4toyons tous les jours \u00e0 travers nos d\u00e9placements et pourtant, un foss\u00e9 immense semble les s\u00e9parer de nous.   <\/p>\n\n\n<!--more-->\n<bloc>Introduction\n\nClochards, mendiants, SDF, sans-abri apparaissent comme autant de vocables utilis\u00e9s pour d\u00e9signer maladroitement un groupe de personnes indistinct que nous avons du mal \u00e0 appr\u00e9hender. Quel(s) rapport(s) notre soci\u00e9t\u00e9 entretient-elle avec ces \u00ab autres \u00bb ? Alors que nos institutions et la plupart des citoyens semblent acquis, du moins formellement, \u00e0 l\u2019id\u00e9e de droit \u00e0 la reconnaissance, \u00e0 la dignit\u00e9 de chacun, comprenant notamment le droit \u00e0 un logement d\u00e9cent, comment se fait-il que notre soci\u00e9t\u00e9 puisse tol\u00e9rer la souffrance quotidienne et l\u2019exclusion de ces personnes ? \n\nQue sommes-nous en droit de revendiquer \u00e0 un niveau politique ? C\u2019est \u00e0 ces questions, entre autres, que les diff\u00e9rentes lectures et les \u00e9changes men\u00e9s dans le cadre du \u00ab Caf\u00e9 Litt\u00e9raire \u00bb de Justice et Paix m\u2019ont naturellement conduit. Tentons \u00e0 pr\u00e9sent d\u2019esquisser quelques pistes de r\u00e9flexion nourries \u00e0 travers les lectures de <em>Un an<\/em> de Jean Echenoz, <em>Les saisons de la nuit<\/em> de Colum Mccann, <em>Chroniques m\u00e9lancoliques d\u2019un vendeur de roses<\/em> de Bruce Begout et <em>Ind\u00e9tectable<\/em> de Jean-No\u00ebl Pancrazi. \n<\/bloc>\n\n<bloc>Quatre ouvrages pour lutter contre la d\u00e9personnalisation\n\nDe ces quatre \u0153uvres se d\u00e9gage \u00e0 de niveaux multiples une sensation de d\u00e9personnalisation de la personne marginalis\u00e9e. Ainsi, dans sa nouvelle, Bruce Begout d\u00e9peint un vendeur de roses qui inspire en permanence le d\u00e9dain, le m\u00e9pris, la froideur ou l\u2019indiff\u00e9rence chez les passants ou les gens auxquels il tente de vendre des fleurs :\n\n<poesie>\n\u00ab Il est tr\u00e8s difficile d\u2019\u00eatre invisible. Pourtant j\u2019y suis parvenu. J\u2019ai totalement disparu, sans laisser de traces. Ni vu, ni connu. Comment ai-je fait ? C\u2019est simple, je suis le genre de type qu\u2019on ne remarque pas dans la rue. Lorsque c\u2019est le cas, cela provoque chez celui qui me pr\u00eate un peu d\u2019attention une moue imm\u00e9diate de consternation. Il faut dire que j\u2019occupe une position sociale qui, contrairement \u00e0 ce que l\u2019on aurait pu penser, est particuli\u00e8rement ingrate: je vends des roses \u00e0 la sauvette le soir dans les restaurants \u00bb.<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_13279_1('footnote_plugin_reference_13279_1_2');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_13279_1('footnote_plugin_reference_13279_1_2');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_13279_1_2\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[2]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_13279_1_2\" class=\"footnote_tooltip\">BEGOUT, Bruce, <em>Chroniques m\u00e9lancoliques d\u2019un vendeur de roses<\/em>, nouvelle issue du recueil <em>L\u2019accumulation primitive de la noirceur<\/em>, \u00c9ditions Allia, p.200.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_13279_1_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_13279_1_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>\n<\/poesie>\n\n\nCe ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019exclusion, de mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la communaut\u00e9 est \u00e9galement perceptible, dans Un an, nouvelle racontant l\u2019histoire d\u2019une jeune femme, Victoire, qui progressivement tourne le dos au monde. Sans attaches, sans argent et sans logement fixe, elle part \u00e0 la d\u00e9rive et devient transparente aux yeux du monde, \u00e0 l\u2019instar du vendeur de roses. Cette impression de neutralit\u00e9 dans les relations appara\u00eet, parfois, de fa\u00e7on d\u00e9tourn\u00e9e \u00e0 travers la s\u00e9cheresse du langage ou la description des d\u00e9cors. Ainsi, les paysages et les lieux visit\u00e9s renvoient \u00e0 la situation d\u2019anonymat \u00e0 laquelle le personnage principal est r\u00e9duit :\n\n<poesie>\n\u00ab Seule avec son quart Vittel, elle regardait ce panorama sans domicile fixe qui ne d\u00e9clinait rien de plus que son identit\u00e9 fixe, pas plus qu\u2019un paysage qu\u2019un passeport n\u2019est quelqu\u2019un, signe particulier du n\u00e9ant. L\u2019environnement semblait dispos\u00e9 l\u00e0 faute de mieux, histoire de combler le vide en attendant une meilleure id\u00e9e. Le ciel consistait en un nuage uniforme o\u00f9, figurants sous-pay\u00e9s, croisaient sans conviction d\u2019anonymes oiseaux \u00bb.<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_13279_1('footnote_plugin_reference_13279_1_3');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_13279_1('footnote_plugin_reference_13279_1_3');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_13279_1_3\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[3]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_13279_1_3\" class=\"footnote_tooltip\">ECHENOZ, Jean, <em>Un an<\/em>, \u00c9ditions de Minuit, p. 11.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_13279_1_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_13279_1_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>\n<\/poesie>\n\n\nDans Les saisons de la nuit, New-York est \u00e9galement le th\u00e9\u00e2tre de deux mondes bien herm\u00e9tiques. \u00e0 la surface, synonyme d\u2019ordre, de prosp\u00e9rit\u00e9 et de lumi\u00e8re, s\u2019oppose l\u2019indistinction des tunnels o\u00f9 errent, dans l\u2019ombre, la crasse et le froid, d\u2019anciens terrassiers de tunnels ou b\u00e2tisseurs de gratte-ciel, hommes d\u2019origines multiples, descendants d\u2019immigr\u00e9s accroch\u00e9s au r\u00eave d\u2019une vie meilleure. Face \u00e0 une Am\u00e9rique encore profond\u00e9ment marqu\u00e9e par les discriminations raciales, cette communaut\u00e9 de d\u00e9racin\u00e9s r\u00e9alise un certain id\u00e9al d\u2019\u00e9galit\u00e9. Colum Mccann semble nous dire que dans le d\u00e9nuement, la souffrance et la nuit, les hommes sont semblables, le blanc et le noir se confondent : \n\n<poesie>\n\u00ab Dans l\u2019obscurit\u00e9, tout le monde a la m\u00eame couleur \u2013 rital, n\u00e8gre, polaque ou rouquin irlandais, c\u2019est du pareil au m\u00eame.\u2009<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_13279_1('footnote_plugin_reference_13279_1_4');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_13279_1('footnote_plugin_reference_13279_1_4');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_13279_1_4\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[4]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_13279_1_4\" class=\"footnote_tooltip\">MACCANN, Colum, Les saisons de la nuit,  \u00c9ditions 10\/18, p. 14.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_13279_1_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_13279_1_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script> (\u2026) L\u2019\u00e9galit\u00e9 de l\u2019ombre n\u2019existe que dans les tunnels. Le premier syndicat int\u00e9gr\u00e9 d\u2019Am\u00e9rique a \u00e9t\u00e9 celui des travailleurs sous air comprim\u00e9. C\u2019est seulement sous terre, il le sait bien, que la couleur est abolie, que les hommes deviennent des hommes \u00bb.\u2009<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_13279_1('footnote_plugin_reference_13279_1_5');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_13279_1('footnote_plugin_reference_13279_1_5');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_13279_1_5\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[5]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_13279_1_5\" class=\"footnote_tooltip\">Id., p.56.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_13279_1_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_13279_1_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>\n<\/poesie>\n\n\nAu-dessus du sol, ces \u00eatres grandioses, magnifi\u00e9s par l\u2019auteur, sont ind\u00e9tectables, comme pourrait l\u2019\u00e9crire Jean-No\u00ebl Pancrazi, ou ind\u00e9sirables, condamn\u00e9s \u00e0 l\u2019ombre. Le tunnel devient une sorte de tombeau sans les honneurs, des oubliettes soustraites \u00e0 la vue des passants. La sc\u00e8ne d\u2019enterrement de Faraday, un des sans-abri vivant dans le tunnel, r\u00e9v\u00e8le avec profondeur cette faille qui scinde m\u00eame les familles en deux. Ainsi, le p\u00e8re de ce personnage accorde de l\u2019\u00e9gard \u00e0 son fils, une fois celui-ci d\u00e9finitivement enterr\u00e9 dans les profondeurs. Les poign\u00e9es en or de son cercueil contrastent avec le d\u00e9nuement dans lequel il a v\u00e9cu une partie de sa vie. Comme si une fois enrubann\u00e9 dans son linceul, un clochard recouvrait l\u2019enveloppe de respectabilit\u00e9 dont on l\u2019avait priv\u00e9 de son vivant. <em>Les morts sont toujours des braves types<\/em>, \u00e9crivait Brassens.\u2009<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_13279_1('footnote_plugin_reference_13279_1_6');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_13279_1('footnote_plugin_reference_13279_1_6');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_13279_1_6\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[6]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_13279_1_6\" class=\"footnote_tooltip\">Paroles de Georges Brassens issues de la chanson  <em>Le temps pass\u00e9<\/em>.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_13279_1_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_13279_1_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script> \n<\/bloc>\n\n<bloc>Monde parall\u00e8le\n\nSi ces fictions mettent en lumi\u00e8re des parcours divers et des situations singuli\u00e8res qui ne se laissent pas r\u00e9duire \u00e0 un sch\u00e9ma de pens\u00e9e fig\u00e9, tous ces personnages semblent \u00e9voluer dans un monde parall\u00e8le d\u2019o\u00f9 partent peu de chemins de traverse. Qu\u2019en est-il dans notre soci\u00e9t\u00e9 ? Quelle place r\u00e9servons-nous \u00e0 ceux qui, chaque jour, c\u00f4toient le pav\u00e9 ou tendent la manche ? Outre la violence quotidienne du passant press\u00e9 qui d\u00e9veloppe des strat\u00e9gies d\u2019\u00e9vitement, on remarque que, depuis quelques ann\u00e9es, le rejet de ces personnes s\u2019institutionnalise au niveau politique. Jean Echenoz y fait d\u2019ailleurs \u00e9cho dans son roman : \n\n<poesie>\n\u00ab Les citoyens, moins que les \u00e9lus, se lass\u00e8rent de voir des vagabonds, souvent accompagn\u00e9s d\u2019animaux familiers, investir leurs cit\u00e9s bien peign\u00e9es, vaguer dans leurs parcs, leurs centres commerciaux, leurs quartiers pi\u00e9tonniers, vendre leurs magazines mis\u00e9rables aux terrasse de leurs si jolies brasseries. Bon nombre de maires con\u00e7urent d\u2019ing\u00e9nieux arr\u00eat\u00e9s prohibant la mendicit\u00e9, la station allong\u00e9e dans les espaces publics, le regroupement des chiens sans museli\u00e8re ou la vente de journaux \u00e0 la cri\u00e9e, sous peine d\u2019amende et de mise en fourri\u00e8re suivie de frais de fourri\u00e8re. Bref on entreprit d\u2019inciter les gueux \u00e0 courir se faire pendre ou simplement se pendre ailleurs \u00bb.\u2009<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_13279_1('footnote_plugin_reference_13279_1_7');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_13279_1('footnote_plugin_reference_13279_1_7');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_13279_1_7\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[7]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_13279_1_7\" class=\"footnote_tooltip\">ECHENOZ, Jean, Ibid, p.62.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_13279_1_7').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_13279_1_7', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>\n<\/poesie>\n \n\nEn Belgique, la loi interdisant le vagabondage a \u00e9t\u00e9 abrog\u00e9e en 1993. Mais, depuis 2012, alors que le nombre d\u2019habitants de la rue explose<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_13279_1('footnote_plugin_reference_13279_1_8');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_13279_1('footnote_plugin_reference_13279_1_8');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_13279_1_8\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[8]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_13279_1_8\" class=\"footnote_tooltip\">La Strada parle d\u2019une augmentation de plus de 30 %  depuis l\u2019ann\u00e9e 2010.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_13279_1_8').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_13279_1_8', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>, de nombreuses communes se sont employ\u00e9es \u00e0 tenter de dissimuler cette manifestation de la pr\u00e9carit\u00e9 \u00e0 coups de r\u00e8glements et autres mesures de r\u00e9pression. Ainsi, l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, apr\u00e8s Charleroi, Li\u00e8ge, Andenne ou Etterbeek, ce fut au tour de la ville de Namur d\u2019agir en ce sens en interdisant purement et simplement la mendicit\u00e9 dans son centre-ville.\n<\/bloc>\n\n<bloc>Exiger des droits\n\nEn attendant des mesures politiques r\u00e9ellement ambitieuses pour \u00e9radiquer la pauvret\u00e9, n\u2019oublions pas que la manche constitue un moyen de survie. Elle permet de pallier l\u2019absence totale ou partielle de revenus pour des personnes extr\u00eamement d\u00e9munies. On pourrait pourtant imaginer que la n\u00e9cessit\u00e9 de manger tous les jours, de se soigner, de se v\u00eatir ou de se loger se con\u00e7oive ais\u00e9ment. L\u2019argent r\u00e9colt\u00e9 \u00e0 travers ce geste est une n\u00e9cessit\u00e9 et non une volont\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e de perturber l\u2019ordre public. \n\nSi la possibilit\u00e9 d\u2019obtenir honn\u00eatement cette maigre obole est interdite, c\u2019est alors seulement que les vols ou les troubles sur la voie publique augmenteront\u2026 L\u2019argent, pour celui qui vit dans la pr\u00e9carit\u00e9, est au moins ce qui permet d\u2019envisager un lendemain. Un futur proche certes, mais un futur tout de m\u00eame. Comme le dit Patrick Declercq, philosophe et anthropologue qui a c\u00f4toy\u00e9 longuement les habitants de la rue : \n<poesie>\n\u00ab L\u2019argent progressivement devient tout, car il constitue l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 de la survie, la mesure exacte de la vie. Il est la vie m\u00eame et le ma\u00eetre du temps. L\u2019argent dans sa poche est le seul avenir dont on soit s\u00fbr. \u00bb<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_13279_1('footnote_plugin_reference_13279_1_9');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_13279_1('footnote_plugin_reference_13279_1_9');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_13279_1_9\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[9]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_13279_1_9\" class=\"footnote_tooltip\">DECLERCK, Patrick, <em>Les naufrag\u00e9s<\/em>, Terre Humaine, p.139.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_13279_1_9').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_13279_1_9', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>\n<\/poesie>\n\n\nMais nous ne pourrions nous contenter de ce seul combat. Plus que la charit\u00e9, ce sont des droits qu\u2019il faut exiger. Nul doute que les nombreuses exclusions du ch\u00f4mage et l\u2019augmentation d\u00e9mentielle des prix des loyers viendront encore gonfler les rangs des habitants de la rue, si l\u2019on n\u2019exige pas des mesures sociales ambitieuses. Alors que l\u2019accumulation du capital ne semble pas avoir de limites pour certaines personnes, il est scandaleux que la survie d\u2019une part croissante de la population d\u00e9pende encore de l\u2019humeur variable ou de la bonne disposition des simples passants. Bien entendu, il n\u2019y a pas une seule solution.\n\nComme nous le montre la litt\u00e9rature, chaque personne vivant dans la rue exprime des besoins et des envies propres qui supposent des approches singuli\u00e8res. Sans pr\u00e9tendre \u00e9puiser la r\u00e9flexion sur un sujet aussi complexe et d\u00e9consid\u00e9rer le travail formidable d\u2019un grand nombre d\u2019associations et d\u2019acteurs de terrain, il importe, l\u00e0 aussi, d\u2019exiger Tout Autre Chose\u2009<span class=\"footnote_referrer\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" onclick=\"footnote_moveToReference_13279_1('footnote_plugin_reference_13279_1_10');\" onkeypress=\"footnote_moveToReference_13279_1('footnote_plugin_reference_13279_1_10');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_13279_1_10\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">[10]<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_13279_1_10\" class=\"footnote_tooltip\">www.toutautrechose.be mouvement citoyen de solidarit\u00e9 belge.<\/span><\/span><script type=\"text\/javascript\"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_13279_1_10').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_13279_1_10', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top center', relative: true, offset: [-7, 0], });<\/script>, davantage de ponts entre la soci\u00e9t\u00e9 et la rue. \n\nNombreuses sont les pistes d\u2019action qui s\u2019offrent \u00e0 nous pour un changement radical. Entre autres : une allocation inconditionnelle \u00e0 un revenu de base pour tous, des logements sociaux en suffisance et un plus grand nombre de personnes et institutions adapt\u00e9s aux membres les plus fragilis\u00e9s de notre soci\u00e9t\u00e9. D\u00e8s lors, osons r\u00e9fl\u00e9chir et agir, de fa\u00e7on collective, avec les habitants de la rue, sur les conditions de possibilit\u00e9 d\u2019une vie digne et heureuse pour tous. \n<\/bloc>\n\nVal\u00e9ry Witsel \nVolontaire au Caf\u00e9 litt\u00e9raire de Justice et Paix\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-13279 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon portrait'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/jpg_2015_Analyse_Des_chemins_de_traverses_avec_la_rue_couv.jpg'><img decoding=\"async\" width=\"141\" height=\"150\" src=\"https:\/\/www.justicepaix.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/jpg_2015_Analyse_Des_chemins_de_traverses_avec_la_rue_couv-141x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"2015_Analyse_Des_chemins_de_traverses_avec_la_rue_couv.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Documents joints<\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-file\"><a href=\"http:\/\/demop.netbaz.be\/2021\/jp\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/pdf_2015_Analyse_Des_chemins_de_traverses_avec_la_rue.pdf\">Des chemins de traverse avec la rue<\/a><\/div>\n\n\n<div class=\"speaker-mute footnotes_reference_container\"> <div class=\"footnote_container_prepare\"><p><span role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_reference_container_label pointer\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_13279_1();\">Notes<\/span><span role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_reference_container_collapse_button\" style=\"display: none;\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_13279_1();\">[<a id=\"footnote_reference_container_collapse_button_13279_1\">+<\/a>]<\/span><\/p><\/div> <div id=\"footnote_references_container_13279_1\" style=\"\"><table class=\"footnotes_table footnote-reference-container\"><caption class=\"accessibility\">Notes<\/caption> <tbody> \r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" id=\"footnote_plugin_reference_13279_1_1\" class=\"footnote_plugin_index pointer\" onclick=\"footnote_moveToAnchor_13279_1('footnote_plugin_tooltip_13279_1_1');\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_plugin_link\" ><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>1<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">La Strada est le centre d\u2019appui au secteur bruxellois d\u2019aide aux sans-abri.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" id=\"footnote_plugin_reference_13279_1_2\" class=\"footnote_plugin_index pointer\" onclick=\"footnote_moveToAnchor_13279_1('footnote_plugin_tooltip_13279_1_2');\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_plugin_link\" ><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>2<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">BEGOUT, Bruce, <em>Chroniques m\u00e9lancoliques d\u2019un vendeur de roses<\/em>, nouvelle issue du recueil <em>L\u2019accumulation primitive de la noirceur<\/em>, \u00c9ditions Allia, p.200.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" id=\"footnote_plugin_reference_13279_1_3\" class=\"footnote_plugin_index pointer\" onclick=\"footnote_moveToAnchor_13279_1('footnote_plugin_tooltip_13279_1_3');\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_plugin_link\" ><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>3<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">ECHENOZ, Jean, <em>Un an<\/em>, \u00c9ditions de Minuit, p. 11.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" id=\"footnote_plugin_reference_13279_1_4\" class=\"footnote_plugin_index pointer\" onclick=\"footnote_moveToAnchor_13279_1('footnote_plugin_tooltip_13279_1_4');\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_plugin_link\" ><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>4<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">MACCANN, Colum, Les saisons de la nuit,  \u00c9ditions 10\/18, p. 14.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" id=\"footnote_plugin_reference_13279_1_5\" class=\"footnote_plugin_index pointer\" onclick=\"footnote_moveToAnchor_13279_1('footnote_plugin_tooltip_13279_1_5');\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_plugin_link\" ><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>5<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Id., p.56.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" id=\"footnote_plugin_reference_13279_1_6\" class=\"footnote_plugin_index pointer\" onclick=\"footnote_moveToAnchor_13279_1('footnote_plugin_tooltip_13279_1_6');\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_plugin_link\" ><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>6<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">Paroles de Georges Brassens issues de la chanson  <em>Le temps pass\u00e9<\/em>.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" id=\"footnote_plugin_reference_13279_1_7\" class=\"footnote_plugin_index pointer\" onclick=\"footnote_moveToAnchor_13279_1('footnote_plugin_tooltip_13279_1_7');\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_plugin_link\" ><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>7<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">ECHENOZ, Jean, Ibid, p.62.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" id=\"footnote_plugin_reference_13279_1_8\" class=\"footnote_plugin_index pointer\" onclick=\"footnote_moveToAnchor_13279_1('footnote_plugin_tooltip_13279_1_8');\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_plugin_link\" ><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>8<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">La Strada parle d\u2019une augmentation de plus de 30 %  depuis l\u2019ann\u00e9e 2010.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" id=\"footnote_plugin_reference_13279_1_9\" class=\"footnote_plugin_index pointer\" onclick=\"footnote_moveToAnchor_13279_1('footnote_plugin_tooltip_13279_1_9');\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_plugin_link\" ><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>9<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">DECLERCK, Patrick, <em>Les naufrag\u00e9s<\/em>, Terre Humaine, p.139.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <th scope=\"row\" id=\"footnote_plugin_reference_13279_1_10\" class=\"footnote_plugin_index pointer\" onclick=\"footnote_moveToAnchor_13279_1('footnote_plugin_tooltip_13279_1_10');\"><a role=\"button\" tabindex=\"0\" class=\"footnote_plugin_link\" ><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8593;<\/span>10<\/a><\/th> <td class=\"footnote_plugin_text\">www.toutautrechose.be mouvement citoyen de solidarit\u00e9 belge.<\/td><\/tr>\r\n\r\n <\/tbody> <\/table> <\/div><\/div><script type=\"text\/javascript\"> function footnote_expand_reference_container_13279_1() { jQuery('#footnote_references_container_13279_1').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_13279_1').text('\u2212'); } function footnote_collapse_reference_container_13279_1() { jQuery('#footnote_references_container_13279_1').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_13279_1').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_13279_1() { if (jQuery('#footnote_references_container_13279_1').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_13279_1(); } else { footnote_collapse_reference_container_13279_1(); } } function footnote_moveToReference_13279_1(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_13279_1(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function 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