{"id":11845,"date":"2012-02-01T00:00:00","date_gmt":"2012-02-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/demop.netbaz.be\/2021\/jp\/2012\/02\/01\/burundi-une-difficile-reconciliation-dans-un-climat-securitaire-tendu\/"},"modified":"2021-04-14T11:45:20","modified_gmt":"2021-04-14T11:45:20","slug":"burundi-a-difficult-reconciliation-in-a-tense-security-climate","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/burundi-une-difficile-reconciliation-dans-un-climat-securitaire-tendu\/","title":{"rendered":"Burundi, a difficult reconciliation in a tense security climate"},"content":{"rendered":"<div class=\"footnotes_validation_error\"><p>WARNING: unbalanced footnote start tag short code found.<\/p><p>If this warning is irrelevant, please disable the syntax validation feature in the dashboard under General settings &gt; Footnote start and end short codes &gt; Check for balanced shortcodes.<\/p><p>Unbalanced start tag short code found before:<\/p><p>\u201cVice pr\u00e9sident de l\u2019Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations \u00e9conomiques (OLUCOME] il y a presque trois ans. Dans ces conditions, il est effectivement difficile de songer \u00e0 la mise en place d\u2019une CVR transparente et int\u00e8gre. C\u2019est pourquoi la Commission Justice et P\u2026\u201d<\/p><\/div>\n\n\n\n<p class=\"post_excerpt\">Entre les deux derni\u00e8res \u00e9ch\u00e9ances \u00e9lectorales de 2005 et 2010, la population burundaise a nourri l\u2019espoir d\u2019une paix enfin retrouv\u00e9e. En effet, depuis 2005, les conflits d\u2019ordre ethnique \u00e9taient en train d\u2019\u00eatre d\u00e9pass\u00e9s ; beaucoup de ceux qui avaient fui le pays vers l\u2019\u00e9tranger avaient regagn\u00e9 leur patrie ; les organes dirigeants jouissaient d\u2019une confiance accrue de la part des citoyens ; une d\u00e9mocratie bas\u00e9e sur le multipartisme \u00e9tait en train de s\u2019enraciner ; les partis politiques de tous bords \u00e9taient davantage reconnus ; et la libert\u00e9 d\u2019expression devenait de plus en plus respect\u00e9e. En somme, le pays \u00e9tait sur la bonne voie, la voie de la reconstruction et de la r\u00e9conciliation.<\/p>\n\n\n<!--more-->\n<bloc> Espoir d\u2019une paix enfin retrouv\u00e9e\u2026\n\n\nEntre les deux derni\u00e8res \u00e9ch\u00e9ances \u00e9lectorales de 2005 et 2010, la population burundaise a nourri l\u2019espoir d\u2019une paix enfin retrouv\u00e9e. En effet, depuis 2005, les conflits d\u2019ordre ethnique \u00e9taient en train d\u2019\u00eatre d\u00e9pass\u00e9s ; beaucoup de ceux qui avaient fui le pays vers l\u2019\u00e9tranger avaient regagn\u00e9 leur patrie ; les organes dirigeants jouissaient d\u2019une confiance accrue de la part des citoyens ; une d\u00e9mocratie bas\u00e9e sur le multipartisme \u00e9tait en train de s\u2019enraciner ; les partis politiques de tous bords \u00e9taient davantage reconnus ; et la libert\u00e9 d\u2019expression devenait de plus en plus respect\u00e9e. En somme, le pays \u00e9tait sur la bonne voie, la voie de la reconstruction et de la r\u00e9conciliation.\n<\/bloc>\n\n\n<bloc> \u2026Mais depuis les \u00e9lections de 2010 la situation se d\u00e9grade\n\n\nApr\u00e8s la premi\u00e8re \u00e9tape du processus \u00e9lectoral de 2010 (scrutin communal), la grande majorit\u00e9 des partis politiques de l\u2019opposition s&rsquo;est retir\u00e9e de la course, arguant que les \u00e9lections \u00e9taient caract\u00e9ris\u00e9es par des fraudes massives. D\u00e8s lors, ils ont pouss\u00e9 leurs partisans \u00e0 boycotter les prochains scrutins (pr\u00e9sidentielle, l\u00e9gislative, s\u00e9natoriale, collinaire), ouvrant ainsi la voie du pouvoir au Conseil national pour la d\u00e9fense de la d\u00e9mocratie &#8211; Forces de d\u00e9fense de la d\u00e9mocratie (CNDD-FDD). Depuis, le CNDD-FDD domine tr\u00e8s largement le paysage politique burundais et les tensions avec les exil\u00e9s politiques ont repris. Plusieurs assassinats politiques ont eu lieu, le plus macabre \u00e9tant le massacre en septembre 2011 de 39 personnes dans un bar de Gatumba, \u00e0 environ 15 km \u00e0 l\u2019ouest de la capitale, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re congolaise. Aucun groupe n\u2019a revendiqu\u00e9 ce massacre mais le gouvernement affirme que les FNL (Forces nationales de lib\u00e9ration), principal parti d\u2019opposition, en serait le commanditaire. De leur c\u00f4t\u00e9, les opposants accusent le gouvernement d\u2019avoir orchestr\u00e9 ce massacre pour justifier un durcissement des relations avec l\u2019opposition. \n\n\nIl faut \u00e9galement citer l\u2019arrestation le 11 janvier 2012, sur ordre du gouvernement burundais, de l\u2019opposant Alexis Sinduhije lors de son arriv\u00e9e \u00e0 Dar-es-salaam en Tanzanie. Il a \u00e9t\u00e9 rel\u00e2ch\u00e9 deux semaines plus tard et expuls\u00e9 vers Kampala, soup\u00e7onn\u00e9 par le gouvernement de pr\u00e9parer une r\u00e9bellion arm\u00e9e suite \u00e0 son retrait du processus \u00e9lectoral en 2010. \nEnfin, citons le dernier rapport des experts des Nations-Unies sur la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC) qui affirme que les FNL, men\u00e9es par Agathon Rwasa, organisent \u00e9galement une r\u00e9bellion [[2\/12\/2011, \u2018REPORTS OF THE GROUP OF EXPERTS SUBMITTED THROUGH THE SECURITY COUNCIL COMMITTEE ESTABLISHED PURSUANT TO RESOLUTION 1533 (2004) CONCERNING THE DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO\u2019 Final report of the group of experts on DRC submitted in accordance with paragraph 5 of security Council Resolution 1952, New York]]. Cependant, M. Rwasa, dans sa correspondance avec le Repr\u00e9sentant sp\u00e9cial du Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral des Nations Unies, a promptement d\u00e9menti ces affirmations [[D\u00e9cembre 2011, Agathon Rwasa, D\u00e9menti du rapport des experts onusiens du 2\/12\/2012 http:\/\/www.arib.info\/Rwasa-dement-rapport-expets-ONU-02122011.pdf]]. \nOutre ces faits marquants, notons que plusieurs d\u00e9fenseurs des droits de l&rsquo;Homme et journalistes sont fr\u00e9quemment arr\u00eat\u00e9s pour interrogatoire et parfois m\u00eame mis en prison. Le cas le plus r\u00e9cent est l\u2019arrestation le 7 f\u00e9vrier 2012 du d\u00e9fenseur des droits humains Faustin Ndikumana, pr\u00e9sident de Parole et Action pour le R\u00e9veil des Consciences et l&rsquo;Evolution des Mentalit\u00e9s (PARCEM), emprisonn\u00e9 pour avoir sugg\u00e9r\u00e9 que le minist\u00e8re de la justice \u00e9tait entach\u00e9 de corruption. La situation politico-s\u00e9curitaire s\u2019est donc largement d\u00e9grad\u00e9e au Burundi depuis les \u00e9lections de 2010. \n\n\nD\u00e9sormais, le doute plane sur l\u2019avenir du pays. Tandis que la population refuse de s\u2019exprimer sur un pass\u00e9 douloureux, de peur de se faire arr\u00eater, elle craint de replonger dans une nouvelle guerre. En effet, le langage des politiciens qui, d\u2019une part poussent \u00e0 la violence et, d\u2019autre part chantent la victoire avant la guerre, s\u00e8me la peur au sein de la population. Visiblement, les chances  de voir les dirigeants actuels et les leaders d\u2019opposition, pour la plupart en exil, s&rsquo;asseoir autour d&rsquo;une m\u00eame table se sont amenuis\u00e9es.\n<\/bloc>\n\n\n<bloc> La difficile mise en place de la Commission V\u00e9rit\u00e9 et R\u00e9conciliation\n\n\nFace \u00e0 cette situation, des voix s\u2019\u00e9l\u00e8vent quotidiennement pour inviter les principaux politiciens burundais \u00e0 tirer des le\u00e7ons du pass\u00e9 et \u00e0 penser \u00e0 une sortie de crise pacifique. Depuis la signature des accords d\u2019Arusha en 2000, il est pr\u00e9vu de mettre en place une commission pour la V\u00e9rit\u00e9 et la R\u00e9conciliation (CVR) qui doit permettre une r\u00e9conciliation entre tous les anciens bellig\u00e9rants de la soci\u00e9t\u00e9 burundaise. Depuis les derni\u00e8res \u00e9lections, plusieurs organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile burundaise ainsi que la communaut\u00e9 internationale demandent donc au gouvernement nouvellement \u00e9lu d\u2019en faire une priorit\u00e9. Le gouvernement y est favorable mais le principal d\u00e9saccord ralentissant sa mise en place vient de la composition de la commission. La soci\u00e9t\u00e9 civile burundaise, soutenue par la communaut\u00e9 internationale, souhaiterait une commission mixte, c&rsquo;est-\u00e0-dire avec des \u00e9trangers, ce qui selon elle pourrait participer \u00e0 garantir une certaine neutralit\u00e9. Le gouvernement est toujours rest\u00e9 oppos\u00e9 \u00e0 cette proposition. Le comit\u00e9 technique charg\u00e9 de la mise en place de la commission a sorti son rapport en octobre 2011 et \u00ab pr\u00e9cise que bien que les commissaires soient tous de nationalit\u00e9 burundaise, ils b\u00e9n\u00e9ficieront du soutien d\u2019un Conseil de hautes personnalit\u00e9s internationales \u00bb [[Octobre 2011, Rapport du Comit\u00e9 Technique charg\u00e9 de la pr\u00e9paration de la mise en place des m\u00e9canismes de justice transitionnelle, Bujumbura http:\/\/www.arib.info\/Burundi-CVR-ComissionTechnique-RAPPORT-FINAL.pdf ]]. Plus globalement, ce rapport donne des recommandations au gouvernement et au parlement au sujet de la composition, des crit\u00e8res de s\u00e9lection et du mode de d\u00e9signation des membres de la CVR. La mission de la CVR sera de mener des enqu\u00eates sur les violations des droits de l\u2019Homme commises depuis l\u2019ind\u00e9pendance en 1962 jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd\u2019hui. Il s&rsquo;agit d\u2019abord de qualifier les actes commis, puis de publier une liste des victimes et des auteurs pr\u00e9sum\u00e9s, mais aussi une liste des victimes qui ont accord\u00e9 le pardon. Enfin, apr\u00e8s tout ce processus, un programme national de r\u00e9conciliation et une r\u00e9\u00e9criture de l\u2019Histoire du pays est pr\u00e9vue gr\u00e2ce, entre autres, aux apports de la CVR.\n\n\nMais vu la situation s\u00e9curitaire du pays, c\u2019est une mission aujourd\u2019hui tr\u00e8s d\u00e9licate. En effet, les assassinats politiques se multiplient et quelques anciens combattants ne sont pas encore d\u00e9sarm\u00e9s, toujours pr\u00eats \u00e0 retourner au front \u00e0 la premi\u00e8re escarmouche. Le Burundi se retrouve donc dans une situation paradoxale. D\u2019une part, le gouvernement, pouss\u00e9 par la communaut\u00e9 internationale, souhaite mettre en place une CVR au plus vite pour panser les plaies du pass\u00e9. Mais d\u2019autre part, le d\u00e9saccord autour de la composition du comit\u00e9 technique et surtout la situation politico-s\u00e9curitaire qui s\u2019est beaucoup d\u00e9grad\u00e9e depuis les \u00e9lections de 2010, plongent la population dans la peur et emp\u00eachent toute parole libre, ce qui est une condition sine qua non avant la mise en place d\u2019une CVR.\n<\/bloc>\n\n\n<bloc> Les  \u00e9v\u00eaques catholiques appellent le peuple burundais \u00e0 \u00e9viter la guerre\n\n\nApr\u00e8s avoir analys\u00e9 la situation que traverse le pays, les \u00e9v\u00eaques catholiques du Burundi ont sorti une d\u00e9claration le 8 d\u00e9cembre 2011 conviant les politiciens burundais et l&rsquo;ensemble de la population \u00e0 agir pour la paix. Assumant un r\u00f4le de m\u00e9diateur, les \u00e9v\u00eaques ont invit\u00e9 la population \u00ab \u00e0 refuser avec force la guerre et tout ce qui pourrait nous y entra\u00eener \u00bb. Ils demandent \u00e9galement au gouvernement de reconna\u00eetre la l\u00e9gitimit\u00e9 de l&rsquo;opposition, recommandant l\u2019organisation imm\u00e9diate d\u2019un vrai dialogue, au sein d\u2019une structure de consensus accordant la parole aux politiciens de tous bords. Cette d\u00e9claration, quoique trop tardive pour certains, a mis au clair les sentiments les plus profonds de la population. Ce message a \u00e9t\u00e9 relay\u00e9 dans les \u00e9glises et les m\u00e9dias burundais. Des commentaires  venus de toutes parts, sont le signe que le message \u00e9tait r\u00e9ellement attendu. Le gouvernement a tenu \u00e0 assurer que tout sera fait pour garantir la s\u00e9curit\u00e9 de chaque citoyen, afin de punir les auteurs de crimes perp\u00e9tr\u00e9s hier ou aujourd&rsquo;hui. Quant aux leaders politiques qui se trouvent \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, \u00ab le gouvernement leur demande de r\u00e9pondre positivement au message que viennent de leur lancer les \u00e9v\u00eaques catholiques du Burundi, et de rentrer pour rejoindre leurs compatriotes. Pour sa part, le gouvernement promet de garantir leur s\u00e9curit\u00e9 \u00bb [[12\/12\/2011, Le Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral du Gouvernement et Porte parole du Gouvernement Communiqu\u00e9 du Gouvernement, Bujumbura http:\/\/www.burundi-gov.bi\/COMMUNIQUE-DU-GOUVERNEMENT-DU-12]]. Toutefois, les opposants exil\u00e9s affirment que les conditions optimales pour pouvoir regagner le pays ne sont pas encore r\u00e9unies. La r\u00e9cente arrestation d&rsquo;Alexis Sinduhije d\u00e9montre que le gouvernement n\u2019est pas encore vraiment pr\u00eat au dialogue. \n<\/bloc>\n\n\n<bloc> \u00c9viter la violence tout en restaurant la justice\n\n\nBien que diff\u00e9rents observateurs nationaux et internationaux aient affirm\u00e9 que les \u00e9lections de 2010 se sont plus ou moins bien d\u00e9roul\u00e9es, le retrait de l&rsquo;opposition et la tentation de celle-ci de prendre les armes plongent de nouveau le pays dans une p\u00e9riode incertaine. Cela est d&rsquo;autant plus dramatique que le pays se dirigeait vers un processus de r\u00e9conciliation et jouissait d&rsquo;une cr\u00e9dibilit\u00e9 accrue dans la sous-r\u00e9gion des Grands Lacs, en raison de sa relative maturit\u00e9 d\u00e9mocratique acquise entre 2005 et 2010. Cependant, la sous-r\u00e9gion est en constante perturbation et elle offre ainsi un terrain favorable pour organiser un mouvement arm\u00e9. Il faut donc poursuivre les efforts de paix et s\u2019inspirer de la r\u00e9cente p\u00e9riode d\u2019accalmie pour r\u00e9clamer le droit \u00e0 la justice sans recourir aux armes. Cependant, c\u2019est bien l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la justice qui pose encore probl\u00e8me au Burundi. En effet, comme le rappelait la d\u00e9l\u00e9gation de l\u2019UE \u00e0 Bujumbura, \u00ab une justice ind\u00e9pendante et efficace constitue un \u00e9l\u00e9ment crucial dans la r\u00e9conciliation et le d\u00e9veloppement harmonieux de la soci\u00e9t\u00e9 burundaise \u00bb [[13\/02\/2012, Minist\u00e8re des Relations Ext\u00e9rieures et de la Coop\u00e9ration Internationale de l\u2019UE, D\u00e9claration locale de l&rsquo;UE sur l&rsquo;ind\u00e9pendance de la justice au Burundi, Bujumbura http:\/\/eeas.europa.eu\/statements\/local\/burundi_14feb2012_fr.pdf ]] . Et de nombreux cas de violation des droits de l\u2019Homme n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s, comme l&rsquo;assassinat d&rsquo;Ernest Manirumva [[Vice pr\u00e9sident de l\u2019Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations \u00e9conomiques (OLUCOME] il y a presque trois ans. Dans ces conditions, il est effectivement difficile de songer \u00e0 la mise en place d\u2019une CVR transparente et int\u00e8gre. C\u2019est pourquoi la Commission Justice et Paix Belgique francophone, en partenariat avec la Commission Justice et Paix Burundi, souhaite faire les recommandations suivantes :\n\n\n\n<ol><li> Pour oser parler du pass\u00e9 et attribuer des responsabilit\u00e9s \u00e0 ses pairs, il faut d\u2019abord \u00eatre rassur\u00e9 par rapport \u00e0 sa s\u00e9curit\u00e9 physique et morale. Le climat politico-s\u00e9curitaire qui pr\u00e9vaut actuellement est donc un handicap majeur \u00e0 la lib\u00e9ration de la parole. Dans ce contexte, il n\u2019y aura pas de v\u00e9rit\u00e9 ni de r\u00e9conciliation. Face au risque de recrudescence de la violence, une des premi\u00e8res recommandations est donc l\u2019assainissement de la situation s\u00e9curitaire. Il s\u2019agit \u00e9galement de s\u00e9curiser en particulier les membres de la soci\u00e9t\u00e9 civile qui se battent pour le respect des droits de l\u2019Homme. <\/li><li> L\u2019ensemble de la classe politique burundaise (majorit\u00e9 et opposition) doit consentir \u00e0 s\u2019asseoir autour d\u2019une m\u00eame table pour parler des points qui font pol\u00e9mique. Les armes ne constituent aucunement une alternative. En effet, les civils sont toujours les premi\u00e8res victimes de la guerre, et il est n\u00e9cessaire d\u2019\u00e9pargner le peuple de toute la mis\u00e8re cons\u00e9cutive au conflit. <\/li><li> La r\u00e9conciliation est un processus long, complexe et d\u00e9pendant de plusieurs facteurs politiques, sociaux et psychologiques. Les membres de la soci\u00e9t\u00e9 civile, dont l\u2019\u00c9glise, doivent donc \u00eatre proactifs pour pr\u00e9parer la population \u00e0 dire la v\u00e9rit\u00e9, avant la mise en place de la CVR mais aussi pendant le fonctionnement de la commission. Si la population se sent en s\u00e9curit\u00e9 et qu\u2019elle est sensibilis\u00e9e, les chances de r\u00e9ussite augmenteront. <\/li><li> L\u2019impunit\u00e9 est \u00e0 la base du conflit burundais et la r\u00e9conciliation impose de mettre en marche la machine judiciaire. Le pardon constitue certes une option pour arriver \u00e0 une r\u00e9conciliation effective mais il reste un choix individuel. C\u2019est pourquoi \u00e0 travers des juridictions comp\u00e9tentes, la justice devra jouer sa fonction punitive &#8211; face aux crimes inamnistiables &#8211; mais aussi r\u00e9paratrice et restauratrice. La mise en place d\u2019un tribunal sp\u00e9cial pour les crimes les plus graves peut \u00eatre une option \u00e0 envisager.<\/li><li> La cr\u00e9dibilit\u00e9 de l\u2019autorit\u00e9 qui va instaurer la CVR mais aussi choisir les commissaires est cruciale. L\u2019enjeu pour l\u2019institution charg\u00e9e de d\u00e9signer ces personnes consiste donc \u00e0 tout faire pour gagner la confiance de la population. La moindre controverse au sujet de ces personnes risque de porter une atteinte grave au processus de r\u00e9conciliation. Pour une analyse prudente du conflit burundais, nos partenaires locaux estiment qu\u2019une commission mixte apporterait une plus-value en termes d\u2019objectivit\u00e9 et de transparence.<\/li><li> La communaut\u00e9 internationale aide le Burundi \u00e0 travers l\u2019appui budg\u00e9taire. Plusieurs pays dont la Belgique soutiennent le pays et ont des liens privil\u00e9gi\u00e9s avec celui-ci. La r\u00e9conciliation que le peuple burundais recherche est au prix de certaines conditions que la communaut\u00e9 internationale en g\u00e9n\u00e9ral, et certains \u00c9tats en particulier, peuvent aider \u00e0 garantir. Il s\u2019agit donc d\u2019aider le peuple burundais \u00e0 incarner les acquis des accords d\u2019Arusha et des principes d\u00e9mocratiques. Il est ainsi demand\u00e9 :<ul><li> \u00c0 la communaut\u00e9 internationale, dont la Belgique, de soutenir le processus d\u00e9mocratique au Burundi en maintenant son aide financi\u00e8re et en continuant \u00e0 apporter son soutien afin de dissuader toute tentative de recours \u00e0 la violence. <\/li><li> Au gouvernement burundais de garantir la s\u00e9curit\u00e9 de toute la population et de favoriser le retour des leaders politiques exil\u00e9s pour enfin mettre en place la CVR et ainsi pouvoir penser un futur plus serein.\n<\/bloc><\/li><\/ul><\/li><\/ol>\n\n\n<em> <em> Dieudonn\u00e9 Niyibizi, Stefan Reinhold <\/em> <\/em>\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Documents joints<\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-file\"><a href=\"http:\/\/demop.netbaz.be\/2021\/jp\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/pdf__2012_Analyse_Burundi_une_difficile_reconciliation_dans_un_climat_securitaire_tendu_.pdf\">Burundi, une difficile r\u00e9conciliation dans un climat s\u00e9curitaire tendu<\/a><\/div>\n\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entre les deux derni\u00e8res \u00e9ch\u00e9ances \u00e9lectorales de 2005 et 2010, la population burundaise a nourri l\u2019espoir d\u2019une paix enfin retrouv\u00e9e. En effet, depuis 2005, les conflits d\u2019ordre ethnique \u00e9taient en train d\u2019\u00eatre d\u00e9pass\u00e9s ; beaucoup de ceux qui avaient fui le pays vers l\u2019\u00e9tranger avaient regagn\u00e9 leur patrie ; les organes dirigeants jouissaient d\u2019une confiance [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[2722],"tags":[2794,2795,2802,2698,2824,2796,2826],"class_list":["post-11845","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-nos-publications","tag-afrique-centrale","tag-article","tag-bonne-gouvernance","tag-burundi","tag-droits-humains","tag-lutte-contre-limpunite","tag-reconciliation"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11845","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11845"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11845\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11845"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11845"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justicepaix.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11845"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}