Au Pérou, c’est l’eau ou la mine !

Reportage

Le gouvernement du Pérou considère le secteur minier comme crucial pour maintenir sa croissance et se développer. Mais ce choix de développement n’est pas sans impacts pour les populations et l’environnement. Afin de rendre compte de cette réalité dans un film documentaire, Justice et Paix a effectué une mission eu Pérou du 16 au 28 février 2016.

Nous sommes allés à Tambobamba et Challhuahuacho (région Apurimac), districts situés à proximité du plus grand projet de cuivre du Pérou, Las Bambas, qui vient de lancer ses opérations. Les populations exigent que les promesses de développement de l’entreprise soient tenues et craignent pour la protection de leur environnement. Un violent conflit a éclaté entre police et population fin septembre 2015.

À Espinar (région de Cusco), l’entreprise Glencore est présente depuis 30 ans et a encore étendu sa zone d’exploitation il y un an et demi. Nous y avons rencontré des paysans vivant dans la zone d’influence directe de la mine. En 30 ans, leur vie s’est métamorphosée. Leur eau et leur sol sont pollués par les métaux toxiques rejetés par la mine. Leurs animaux meurent, leurs familles désertent le village, leur santé est considérablement affectée et aucune aide ne leur est apportée.

De retour à Lima, nous avons également participé à la Conférence internationale de l’ITIE, l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives. Le but de l’ITIE est de rendre les payements entre entreprises et états transparents afin qu’il puissent in fine bénéficier au développement des populations. Mais le sort des populations était en réalité fort absent des discours et conférences du sommet.

Alors finalement, le développement implique-t-il nécessairement le sacrifice de certains ? Des entreprises minières qui opèrent dans le respect de populations protégées par l’Etat semble-t-il à ce point un projet irréaliste ? Ces questions nous viennent à l’esprit à la suite de cette mission.

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