Parc des Virunga : entre préservation de la nature et développement des populations

Le parc des Virunga recèle de richesses considérables, mais souffre aujourd’hui encore de nombreuses menaces tant à l’égard de la sauvegarde de l’environnement que du développement de la région et des populations locales. L’exploitation des ressources, le développement économique et la préservation de l’environnement ne sont pourtant pas des réalités contradictoires et peuvent converger pour bénéficier au plus grand nombre. La République Démocratique du Congo (RD Congo) ainsi que tous ses partenaires doivent, par le biais de politiques actives, concentrer leurs efforts autour de la préservation de ce patrimoine mondial unique.

Le parc des Virunga : une richesse inouïe en danger

Situé à la lisière des frontières du Rwanda, de l’Ouganda et de la RD Congo, le parc des Virunga est aujourd’hui considéré comme l’un des joyaux de l’Afrique. Le parc fut créé en 1925 par le Roi Albert Ier dans une optique de protection de cette zone d’exception. La richesse des paysages et de la faune abritée par le parc lui ont valu la reconnaissance en tant que patrimoine mondialpar l’UNESCO dès 1979. Composé de marécages, de volcans, de plaines de lave, de savanes et de sommets à plus de 5.000 mètres d’altitude, le parc jouit également d’une biodiversité animale considérable. De nombreuses espèces endémiques [1] y sont en effet recensées ainsi que la présence d’espèces protégées, à l’instar des hippopotames et des gorilles de montagne . La présence de cette faune et flore exceptionnelles présente des intérêts élevés en matière de biodiversité, de recherches scientifique, écologique et de développement économique. Le parc regorge également d’une grande variété de ressources telles que le bois, le pétrole ou encore le gaz. Enfin, l’activité volcanique de la région rend les sols très fertiles et propices à l’agriculture.

Le parc est aujourd’hui cogéré par les trois États cités ci-dessus. Du côté congolais, l’État a créé un organe spécifique dédié à la gestion du parc : l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN). L’Institut a pour mandat « d’assurer la protection de la faune et de la flore, de valoriser la biodiversité en favorisant la recherche scientifique et en facilitant les activités d’écotourisme, et de réaliser ou faire réaliser les études et d’en assurer la vulgarisation à des fins scientifiques et didactiques dans le domaine de la conservation. Il s’est également donné comme objectif d’assurer la conservation et la gestion durable de la biodiversité en coopération avec les communautés locales et ses autres partenaires ».

Alors que cette zone d’exception devrait bénéficier d’une protection et permettre un développement économique de la région, les ressources qui y sont présentes et les convoitises qu’elles suscitent sont une source intarissable de conflits. En raison de la présence de multiples acteurs, et de leurs intérêts souvent divergents, de nombreuses menaces pèsent sur le parc aujourd’hui. Depuis 1994, le parc des Virunga est inscrit par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) sur la liste du patrimoine mondial en péril. Sa présence sur cette liste a été réitérée une fois de plus en 2017.

De multiples conflits à travers le parc

La présence d’intérêts contradictoires, rend la gestion du parc très complexe et suscite de nombreuses tensions entre les acteurs. Ainsi on relève des tensions entre, d’une part, la nécessité de la préservation du patrimoine et de la gestion durable des ressources du parc et, d’autre part, les appétits économiques que celles-ci suscitent auprès des acteurs nationaux et internationaux, privés et publics. Les pressions qui pèsent sur les ressources du parc sont nombreuses : braconnage, déforestation, exploration pour l’exploitation des ressources souterraines. Et peuvent être attribuées aux divers acteurs en présence : État, entreprises internationales, groupes rebelles et même population locale…

La région du parc des Virunga est l’une des plus peuplées de la RD Congo. On y recense une « densité de populationvariant de 6 à 600 habitants/km² ; elle est en moyenne de 300 habitants/km² ». En comparaison, la densité de population dans le reste du pays est de 37 habitants/km² [2]. Cette concentration résulte principalement du déplacement de populations lors de précédents conflits ayant eu lieu dans la région ainsi que de l’explosion démographique générale du continent. Alors qu’on recense environ 8 millions d’habitantsaux alentours du parc, une frange de la population vit quant à elle au sein même des frontières de celui-ci. On estimait en 2006 que 90.000 personnesvivaient dans l’enceinte du parc. En 2014, l’UNESCO soulignait cependant une hausse significative du nombre de personnes présentes dans le parc et ce malgré les évacuations de population conduites par l’ICCN.

Cette concentration de population n’est pas sans conséquence sur le parc des Virunga dans la mesure où elle ajoute une pression supplémentaire sur ses ressources. En effet, la population, comme dans le reste du pays, souffre de la mauvaise gouvernance et vit dans des conditions très précaires tant au niveau sécuritaire qu’économique. Les populations vivent principalement de la pêche et de l’exploitation des sols [3] et leurs pratiques entrainent une dégradation du parc. Les activités de pêche par exemple ne sont pas encadrées et ne permettent pas un renouvellement suffisant des espèces, conduisant dès lors à un amenuisement des ressources en poisson. Par ailleurs, l’exploitation des terres a également de lourdes répercussions écologiques puisqu’elle contribue à l’épuisement du sol, la perte de sa fertilité et son érosion. Les activités de la population ont également des conséquences en termes de déforestation et ce notamment par l’expansion des champs agricoles et la production de charbon -ou makala- issu du bois du parc pour se chauffer, s’éclairer et cuisiner.

Le projet eco-makala - Face à la demande croissante de la population en charbon, et en raison de la déforestation que cela fait peser sur le parc, l’organisation WWF et ses partenaires ont proposé un projet de production d’Eco-makala en 2007. Ce projet repose sur la plantation d’arbres autour du parc pour contre balancer les arbres détruits pour fabriquer du charbon. 10 000 hectaresauraient déjà été plantés depuis 2007 et 47 000 devraient l’être d’ici à 2022.
Le projet facilite également la distribution de foyers culinaires à faible consommation – ce qui divise par deux la quantité de charbon nécessaire à l’utilisation et diminue également la quantité de CO2 produite. La disponibilité du charbon et l’organisation de son commerce contribuent également à réduire la production illégale de makala.
Le projet, bien qu’il permette des solutions à petite échelle, ne pourra pas à lui seul endiguer le problème de la déforestation du parc des Virunga qui persiste encore. Entre 2001 et 2014 le parc a perdu près de 23.200 hectares d’arbres. Le charbon n’étant en effet pas la seule cause de déforestation, les actions de prévention devraient être plus globales et se développer à grande échelle à travers les différentes zones du parc.

Tous ces éléments sont, on le comprend aisément, sources de tensions entre l’ICCN, d’une part, qui a pour mission de protéger les ressources du parc et la population, d’autre part, qui estime qu’elle a le droit d’exploiter ces terres. Les conflits avec leurs vagues de migration respectives ont pour conséquence la persistance d’importants conflits fonciers dans la région. De plus, la création du parc des Virunga et les différentes évolutions dans la délimitation de ses frontières avaient en effet conduit à des mouvements de populations qui se sont vues contraintes de quitter leur habitat – pour se reloger en dehors des limites du parc. Les promesses de compensations n’ont pas toujours été respectées attisant davantage encore le sentiment d’injustice.

Les groupes armés - Les conflits de la région ont également conduit des groupes armés à trouver refuge dans le parc (FDLR, Maï-Maï, ADF-Nalu…). Ces derniers exploitent et tirent illégalement profit de ses ressources. Ils exercent aujourd’hui des pressions sur les populations et les employés du parcet ont su profiter des tensions entre la population et l’ICCN pour assoir leur pouvoir dans la zone en en facilitant par exemple l’accès à certains paysans en échange d’une partie de leur récolte. Malgré les efforts déployés, les autorités congolaises peinent à endiguer ce problème et à sécuriser la zone.

Par ailleurs, la population voit d’un mauvais œil la gestion de certains projets économiques d’exploitation des ressources développés par l’État congolais dans le parc, dans la mesure où ces derniers ne lui profitent pas. La population locale se sent lésée et privée des potentielles ressources économiques tirées de son environnement immédiat alors qu’elle vit, en majorité, dans une situation de très grande précarité.

Le gouvernement congolais n’a, en effet, pas toujours opté pour une gestion durable et inclusive du parc, en attestent les projets d’exploration et d’exploitation des ressources pétrolières et gazières dans les sous-sols du parc par des compagnies étrangères ces dernières années. Comme nous le soulignions déjà dans une précédente analyse, et bien que la législation congolaise interdise l’exploitation extractive dans les parcs nationaux, des concessions d’explorations ont été attribuées à des compagnies internationales en 2007 : Total, Eni et Soco et ce, pour une superficie couvrant près de 85% du parc.

L’exploitation pétrolière aurait de lourdes conséquences en termes de dégradation de l’environnement, puisqu’elle serait une menace directe pour les animaux du parc et pourrait également priver la population locale de ses activités génératrices de revenus (notamment la pêche). L’exploitation du pétrole et des gaz présents dans les sous-sols des Virunga, on ne le dira jamais assez, n’est pas une solution durable. Elle pourrait faire peser une menace sur l’environnement, les populations, et reflète une vision utilitariste et court-termiste de la part des autorités nationales. L’exploitation de pétrole pourrait en effet apporter des devises à l’État congolais. Cependant, nous savons que le pétrole est une ressource qui tend à disparaitre, qui pollue énormément et qui de plus ne permet pas un développement stable pour les zones et populations environnantes. De plus, le prix du pétrole est volatile et s’est récemment effondré. Est-il réellement nécessaire de faire peser les menaces que représente l’exploitation pétrolière sur les populations et le parc alors que d’autres solutions profitables à une large frange de la population et à la préservation de l’environnement pourraient être trouvées ?

Suite à une importante mobilisation internationale, Total et Eni ont assuré en 2013 qu’ils ne poursuivraient pas leurs travaux d’exploration. Le départ de la compagnie britannique SOCO qui prévoyait d’extraire du pétrole issu des sous-sols du parc en 2015 avait marqué le soulagement de la population locale ainsi que de nombreuses organisations de défense de l’environnement. Mais la menace n’est pas écartée puisqu’il semblerait que le gouvernement congolais vienne de réattribuer, via un accord de principe, le permis de SOCO à une société offshore « Oil Quest International  ». Cette nouvelle risque de réalimenter les braises d’un conflit que l’on pensait éteint.

Enfin, l’exploitation pétrolière fait courir un risque important au parc dans la mesure où le statut de patrimoine mondial de ce dernier n’est pas compatible avec la possibilité d’explorer et exploiter les réserves souterraines selon les normes de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l’UNESCO. Aussi, la réallocation d’un permis d’exploitation par la RD Congo pourrait conduire à la radiation du parc du patrimoine mondial, ce qui aurait comme lourde conséquence de faire sauter l’un des derniers verrous qui protège encore aujourd’hui le parc des intérêts économiques internationaux.

Préservation du parc et développement économique de la région : vers une gestion durable et inclusive des ressources du parc

Le parc des Virunga et les tensions qu’il génère ont déjà fait couler beaucoup d’encre. Faut-il exploiter les ressources du parc pour en tirer un profit économique ou préserver l’environnement à tout prix ? La préservation des richesses du parc et le développement économique de la région ne nous semblent pourtant pas contradictoires. En effet, une gestion inclusive et durable pourrait permettre un essor économique, bénéficier à la population, ainsi que participer à une pacification de la région.

La population environnante du parc, si elle est intégrée dans le processus de gestion de celui-ci, et qu’elle bénéficie de ses retombées économiques, sera plus encline à respecter les règles de protection des ressources naturelles.

Dans l’intérêt de la préservation de ce patrimoine incroyable, la Commission Justice et Paix pense qu’il est du devoir des autorités congolaises de trouver et proposer une conciliation entre les exigences et les besoins des populations locales et la survie et la préservation du parc. À cet égard, on peut souligner le rôle important qu’a joué Emmanuel de Mérode, directeur de l’ICCN, ces dernières années. Plusieurs projets ont en effet été entrepris pour apporter des solutions à ce vaste défi, et méritent d’être salués bien que ces derniers n’apportent pas toujours les résultats escomptés.

Le gouvernement congolais, par le biais de l’ICCN, a lancé en 2008 l’Alliance Virunga. Le projet se propose de réunir autour de la table tous les acteurs clefs du parc : les institutions nationales, le secteur privé ainsi que la population locale, pour un dialogue inclusif, permettant la mise en œuvre d’un projet commun pour le développement durable de l’Est du Congo.

Le projet s’articule autour du développement de quatre thématiques : l’énergie renouvelable, la pêche durable, l’agro-industrie et le tourisme. Les bénéfices de ce projet doivent être partagés entre d’une part la population, qui bénéficiera de ses retombées économiques (accès à l’électricité, amélioration des rendements de l’agriculture, création d’emplois et hausse des revenus), et d’autre part le parc lui-même qui sera dorénavant plus protégé contre les menaces d’exploitation illégales de ses ressources.

Les efforts se sont tout d’abord concentrés sur le développement de l’énergie renouvelable, clef de voûte du projet puisqu’elle permet des retombées directes dans les différents domaines précités. En 2010, la première centrale hydroélectrique a été inaugurée à Mutwanga. Elle a une capacité de production de 0,4 mégawatt (MW) d’électricité ce qui peut profiter à plus de 3.600 foyers (soit environ 30.000 personnes). En 2015, une seconde centrale a été inaugurée par le Président Kabila en personne à Matebe ; elle a une capacité de 13,6 MW. Fin 2018, le chantier de la troisième centrale à Lubero devrait être terminé et produire 12,8 MW.

Rutshuru - La population a accueilli la construction de la centrale avec entrain. Dans certaines chefferies, la population, après avoir été sensibilisée au bien-fondé de la protection du parc, a adhéré au projet et a même gracieusement offert 6 hectares de ses terres pour son développement.

Comme présenté dans le documentaire « Virunga de l’espoir pour tout un peuple » [4] , la production d’électricité permet de réduire la pression exercée sur les ressources du parc et notamment la déforestation. En effet, elle permet de réduire la dépendance des habitants au makala issu du parc. Par ailleurs, l’électricité permet d’améliorer les rendements agricoles, le développement du commerce et l’émergence d’une industrie locale. Dès la mise en route de la première centrale, de nombreux investisseurs sont arrivés dans la région. Cela a par exemple conduit à la création d’une usine de savon, qui emploie 250 personnes et produit 40 tonnes de savon par jour. La construction de centrales hydroélectriques permet donc des retombées positives pour la population. Cette solution ne peut toutefois pas être considérée comme une solution miracle dans la mesure où ce type de construction peut également entrainer des impacts négatifs pour l’environnement et notamment en raison de la modification de l’environnement naturel par l’être humain et des changements que cela implique pour la faune et la flore locales. De plus, les objectifs ne sont pas toujours atteints. La production électrique de la centrale de Matebe par exemple culmine aujourd’huià 3MW pour une capacité de production de 13,8 MW. Le coût élevé (223$ US) pour rejoindre le réseau de distribution ne permet qu’à une petite frange de la population d’y avoir accès. Les résultats sont donc à nuancer.

Le projet Alliance Virunga prévoit également de solutionner le problème de la surexploitation des poissons du lac Edouard en enseignant à la population de meilleures techniques de pêche, en améliorant les processus de conditionnement (chaine de froid) et de commercialisation. Le dernier rapport étatique nuance toutefois l’atteinte des résultats escomptés : « [la gouvernance de la pêche] reste caractérisée par des conflits juridiques, des situations de fait et l’exploitation illégale du poisson des ressources par les groupes armés. Le parc a poursuivi ses efforts pour maintenir la durabilité des ressources halieutiques [5] en contrôlant le nombre de pirogues et le matériel de pêche, en assurant la protection des frayères [6] et en luttant contre les groupes armés. La pêche excessive demeure cependant un danger majeur à moyen et à long terme » .
Enfin, le développement du tourisme [7] constitue le quatrième pilier du projet. Il mise essentiellement sur la qualité du parc, la présence des gorilles, ou les possibilités de randonnées sur les volcans. Des investissements sont prévus dans le développement d’infrastructures et de formation du personnel d’accueil.
Le projet Alliance Virunga prévoit que 30% des revenus tirés du parc soient investis dans des projets pour la population. Grâce à cet accord, dix écoles et dispensaires de santé ont déjà été construits ainsi que plus de 53 km de route qui permettent aux agriculteurs d’aller vendre leurs récoltes sur les marchés.

La construction des centrales électriques : une avancée contre la violence faite aux femmes ?
De manière indirecte, la création de ces centrales protège les femmes qui, grâce à l’électricité ne doivent plus se rendre dans la forêt pour amasser du bois de chauffe. Or c’est souvent dans ces endroits isolés que les femmes subissent des violences sexuelles.

Toutes ces activités permettent de créer des revenus pour la population. Par ailleurs, selon les chercheurs, d’autres revenus pourraient aussi être tirés du parc et ce notamment par le biais de la vente des plantes à usage pharmaceutique (1,5 million de dollars US/an) et de la recherche sur la faune et la flore du parc (4 à 5 millions par an). En 2013, la valeur totale du parc, en « situation stable, propice à la croissance économique et au tourisme, [était estimée à] plus de 1,1 milliard de dollars US par an et [pourrait générer] plus de 45 000 emplois » .

Le projet permet donc des bénéfices directs de l’exploitation du parc pour les populations locales même si certains résultats sont à nuancer. Il prévoit également la consultation active des habitants. Dans son dernier rapportauprès de l’UNESCO, le gouvernement congolais indiquait que l’ICCN poursuivait son objectif de dialogue avec les populations riveraines et de pacification de leur relation. Dans ce cadre, plusieurs activités ont été conduites en 2016 telles que la poursuite du dialogue avec les chefs coutumiers, la consultation d’associations locales et la mise en place de comités communautaires locaux. Il reste difficile d’avoir accès aux informations relatives à ces initiatives, ce qui pose question quant à la transparence du processus. Cette question mérite également d’être soulevée à l’égard du secteur privé qui participe également au projet de l’Alliance Virunga. Il est difficile de savoir qui sont aujourd’hui les représentants de ce secteur. Or il semble nécessaire pour le bon fonctionnement du projet de pouvoir identifier ces acteurs et la provenance des fonds, de manière à prévenir et le cas échéant identifier, d’éventuelles tentatives de corruption par exemple.

Par ailleurs, et ceci est une condition sine qua none de la réussite du projet, le gouvernement doit accentuer ses efforts dans la sécurisation du parc qui reste un frein majeur au développement du projet. La présence de groupes armés dans le parc continue d’alimenter le trafic illégal de ressources et met en danger la population et les gardes du parc – dont plusieurs ont connu la mort durant l’été 2017. Enfin, cette insécurité nuit à la préservation du parc, ainsi qu’au développement du tourisme. La situation sécuritaire de l’Est de la RD Congo est un challenge qui dépasse les strictes frontières du parc et que les autorités doivent tenter de résoudre au plus vite au vu des nombreuses nuisances que cela cause au pays dans son ensemble ainsi qu’aux États voisins.

Bien que la responsabilité principale de la protection des ressources incombe aux autorités congolaises, les projets tels que celui des Eco-makala ont le mérite de montrer que des alternatives existent et sont réalisables. Justice et Paix encourage ce type d’initiatives et rappelle à la Belgique qu’il est important de les soutenir. La Belgique, tout comme les autres États membres de l’Union Européenne, ont le devoir moral de contribuer à la préservation du patrimoine mondial dont le parc des Virunga fait partie. Les Etats européens ont également des raisons pragmatiques de le faire. Dans le cadre des initiatives pour la lutte contre le réchauffement climatique, il est bon de souligner que le parc représente, au même titre que l’Amazonie, un véritable poumon de la terre et que sa déforestation aurait des conséquences dramatiques.

Arjuna Decaro et Clara Debeve,
Sur base de la réflexion initiée par les membres du groupe Afrique centrale de Justice et Paix.


Notes

[1Une espèce est dite endémique d’une région si elle existe uniquement dans celle-ci.

[2NGONGO R., Mars 2015, La vulnérabilité des aires protégées de la RDC : le cas du parc national des Virunga, p22. Aujourd’hui le parc des Virunga « compte 218 espèces de mammifères dont 21 endémiques du Rift, 706 espèces d’oiseaux dont 23 endémiques, 109 reptiles dont 11 endémiques, 78 espèces d’amphibiens dont 21 endémiques, 21 espèces de papillons endémiques, 2.077 plantes dont 230 espèces endémiques ».

[3NGONGO R., Mars 2015, La vulnérabilité des aires protégées de la RDC : le cas du parc national des Virunga page 7. On estime que 50.000 personnes dépendent directement du lac Edouard et de ses poissons pour se nourrir et leurs emplois.

[4Film documentaire : « Virunga, de l’espoir pour tout un peuple », réalisé en 2014 par Nicolas Delvaulx.

[5Ou les ressources vivantes aquatiques.

[6Lieu où se reproduisent les poissons.

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