Pérou

Le Pérou est situé dans la partie occidentale de l’Amérique du Sud. Au nord, il borde l’Equateur et la Colombie, à l’est le Brésil, au sud-est la Bolivie et au sud le Chili. L’extension du territoire atteint 1.285.215,60 km2 et il est traversé du sud au nord par la cordillère des Andes, en formant trois espaces différents : la côte, les andes et la forêt.

La longue histoire du Pérou a traversé différentes étapes. Selon l’anthropologue péruvien Luis Lumbreras, créateur de la théorie néo-autochtoniste la civilisation andine a ses propres racines évolutives, mais elle a reçu des contributions externes. La civilisation péruvienne s’est formée il y a plus de trois mille ans avec l’apparition des cultures Chavin, Wari, Mochica qui ont développé l’agriculture, l’architecture et le tissu. Puis, sur la base des premières cultures, l’Empire Inca s’est développé et étendu à toute l’Amérique du Sud jusqu’à l’arrivée des européens en 1532. La colonisation a provoqué la décadence de l’Empire Inca et imposé un changement de paradigme économique et politique.

Au XVIIIe siècle, le Pérou s’émancipe progressivement au niveau politique mais reste dépendant économiquement de l’exportation de matières premières essentielles à la Révolution Industrielle européenne. Le Pérou obtient son indépendance en 1821. A ce moment, l’ère Républicaine débute, voyant s’alterner des gouvernements civils et militaires avec des orientations politiques différentes. Les derniers gouvernements militaires de Juan Velasco (1968-1975) y Francisco Morales (1975-1980), malgré leur tendance autoritaire, entament des réformes en matière d’éducation et d’agriculture avec la participation des Mouvements sociaux, des peuples indigènes, des paysans, des ouvriers, des femmes et des jeunes. En 1990 arrive au pouvoir Alberto Fujimori, menant le Pérou à la libéralisation de son économie. Au prix de milliers de victimes, son gouvernement met un terme au conflit le plus meurtrier du Pérou contre le Sentier Lumineux. Fujimori développe un régime autoritaire fondé sur la corruption et le clientélisme.

À partir de la libéralisation économique, le Pérou entame la signature de nombreux accords commerciaux, de trois types différents : les accords régionaux avec la Communauté Andine et les Etats du Mercosur ; les accords multilatéraux avec l’Organisation mondiale du Commerce et le Forum de Coopération économique Asie-Pacifique ; les accords commerciaux bilatéraux avec de nombreux pays tels que Cuba, la Suisse, les Etats Unis, le Canada, la Chine, l’Union européenne, etc.

Le Pérou, en raison de sa géographie, des conditions environnementales, de la demande croissante en matières premières des pays industrialisés et des pays émergents et des plans d’ajustements structurels imposés par le FMI et la Banque Mondiale dans les années 90, a développé principalement une économie d’exportation des matières premières et une économie faiblement industrialisée. Par exemple, en 2015 les produits miniers et les hydrocarbures représentaient 71,7% de ses exportations, les produits manufacturés 14,5%, les produits agricoles 6,8%, la pêche 6,2% et les autres produits non classées 0,8%. Cette économie peu diversifiée rend le pays dépendant des fluctuations du prix des matières premières sur les marchés internationaux.

En raison de la croissance économique des deux dernières décennies, le PBI par habitant a augmenté avec une croissance soutenue depuis près de 20 ans. Les investissements dans le secteur minier ont également augmenté, selon le Ministère de l’énergie et des mines (MEM) avec la Chine comme principal investisseur. Cependant, les impacts générés par les politiques économiques et commerciales sur les territoires des communautés indigènes et paysannes n’ont pas été positifs. Ils ont provoqué la migration de la population à cause de l’exploitation et la contamination des ressources naturelles telles que l’eau et la terre. Depuis les années 90, un boom des conflits sociaux est apparu principalement dans le secteur minier. Par exemple, en juillet 2018, on enregistrait 198 conflits sociaux dans le pays.

À l’heure actuelle, la population péruvienne est majoritairement jeune. Sur les 30 millions d’habitants, un tiers vit à Lima la capitale. Sur les 17 millions de population économiquement active le 70% de la PEA vit de l’économie informelle.

Enfin, au cours des vingt-cinq dernières années, le Pérou s’est efforcé de renforcer sa croissance économique, de consolider ses institutions et d’avoir une gouvernance solide en tant que pays, bien que les scandales de corruption entachent régulièrement les institutions politiques ou judiciaires. De nombreux défis persistent, comme la réduction du travail informel, la lutte contre la pauvreté et l’extrême pauvreté, le renforcement des politiques de réparation et le respect des droits humains, la protection de l’environnement et la promotion de la participation active des peuples amazoniens/andins aux projets du pays.